ACTE PREMIER
LANDRY
J’ai grandi, je suis un homme, je n’ai plus de maître.
RICHARD
Et c’est toi qui joues, qui bois, c’est toi qui dévalises la vieille maison paternelle!
LANDRY
Pourquoi m’as-tu laissé seul avec ces deux femmes, celle-ci qui m’a rendu fou, et l’autre, la Marianne, qui toujours me guette pour me dévorer?... Tu étais parti, je n’avais plus de frère.
RICHARD
Mais, si je suis parti, c’est pour ta joie, c’est pour te laisser Jeanine, et je me suis arraché le cœur, car je l’aimais !
LANDRY
Tu l’aimais, je le savais bien, et je la corrigerai!
(Il veut se jeter sur elle.)
JEANINE, terrifiée.
O Richard, sauvez-moi !
RICHARD, retenant Landry.
Je te défends de la toucher.
LANDRY, voulant encore se jeter sur elle.
Elle est à moi, je la battrai, si tel est mon plaisir.
IG
I/0URAGA1N
JEANINE, terrifiée.
O Richard, sauvez-moi !
KICIIARL), la faisant fuir par le fond.
Va, va, pauvre femme, je te refais libre, puisque tu souffres tant. Va-t’en sous la pluie et la rafale, l’ouragan
est ton llôte. (Il barre la porte du fond à Landry.)
LANDRY, voulant passer.
Richard, laisse-moi la poursuivre.
RICHARD
Non, tu ne passeras pas.
LANDRY
Tu l’aimes encore, et c’est pour toi que tu la prends.
RICHARD
Tu ne passeras pas.
LANDRY
Ah ! malheur à VOUS deux ! (L’ouragan éclate dans toute sa violence.)
(Rideau.)