ACTE DEUXIÈME
LULU
La mer démontée broie les écueils de la côte, le vent arrache les pierres. Écoutez, écoutez !
JEANINE, qui a écouté.
Oui, oui, je l’entends. C’est une chose menaçante, effrayante, comme le malheur au loin qui toujours roule son tonnerre... Et que cet arbre est puissant, que l’ombre en est douce, embaumée !
LULU
Par les mers, au sein des îles ignorées, il est des refuges pareils. Et c’est pour ces paradis lointains que je vais repartir, avec le maître.
JEANINE.
Parlez-vous donc de Richard, mon enfant?
LULU
Je parle de mon maître.
JEANINE.
Le connaissez-vous depuis longtemps ?
LULU
Là-bas, dans Pile fortunée, quand il m’a recueillie, après le massacre des miens, j’avais douze ans, et j’en aurai bientôt quinze. Mais je le connais depuis toujours.
Vous ne l’avez plus quitté ?