SCÈNE IV RICHARD, JEANINE
JEANINE.
Déjà partir, Richard, déjà m’abandonner!
RICHARD
Non, Jeanine, pas avant d’avoir assuré votre paix.
JEANINE.
Trois longues années d’absence, et jamais la moindre nouvelle!
RICHARD
Je rn’en étais fait le serment, je n’existais plus pour vous.
Mais pourquoi, Richard, cette dureté qui nous met tous en larmes?
RICHARD
Ne parlons pas de ces choses, Jeanine... Vous êtes la femme de mon frère. C’est moi-même qui, croyant bien faire, ai mis vos mains l’une dans l’autre.
JEANINE.
Ah! si je vous contais ces trois années maudites! Plutôt que de retourner chez Landry, je me briserais le front contre les roches.
RICHARD
Grand Dieu! ai- je donc fait votre malheur?
JEANINE, câline.
Vous souvenez-vous, Richard, du temps où j’étais jeune fille? C’était avec vous que, les soirs d’été, j’aimais à respirer, sur un banc, le vent du large. Vous me traitiez un peu en gamine, mais vous étiez si gai, si tendre, si vaillant!