SCÈNE II
MARIANNE, seule.
Mes barques ! Ah ! qu’elles coulent, qu’elles périssent, et les hommes, et le monde! Que l’ouragan redouble et qu’il emporte-cette maison comme une feuille sèche! Vent de tempête, vent de mort, souffle, souffle! 11 est dans mon cœur un ouragan plus sauvage encore.
L’OURAfiAN
Je n’ai pu dormir, mon amour lutte contre ma rage, et c’est un affreux combat où ma raison chancelle. Landry va venir, dois-je lui livrer Richard, qui dort confiant sous mon toit ? Richard, que j’adore! Richard, grand Dieu ! sous le couteau de son frère !
Ah ! le perdre, le voir là, sanglant à mes pieds, abattu, mort ! Toute ma force se brise, je l’aime trop. Mais non, qu’il meure, puisqu’il refuse d’être à moi pour se donner à une autre ! Ah ! oui, le savoir mort, plutôt qu’une autre ne me le vole ! (Ou frappe à la porte, elle
va ouvrir.)