SCÈNE Y
RICHARD, MARIANNE, JEANINE, LANDRY (caché).
JEANINE, enveloppée dans un manteau, prête au départ.
Richard, par tons vite!... Quelle nuit d’affreux sommeil, hanté de cauchemars, dans le hurlement de la tempête !
MARIANNE, torturée.
Vous ne pouvez partir par un temps pareil. Attendez le jour, le vent tombera.
JEANINE, à Richard.
Non, non! dans le vent, dans la pluie, emmène-moi,
emmèlie-moi!... (Elle se jette dans ses bras. Landry sort de sa cachette, son cotiteju à la main. Marianne le retient encore.)
RICHARD, la serrant sur son coeur.
Oui, chère femme, je t’emmène, pour ton bonheur et
pour le mien, à jamais aux bras l’un de l’autre!
(Marianne, désespérée, laisse passer Landry, qui vient se placer entre la porte et les amants.)
LANDRY, avec éclat, le couteau à la main.
Richard, défends-toi !
RICHARD, so retournant.
Laildry, mon trère ! (Jeanine se laisse tomber sur une chaise, terrifiée, sans un cri. Marianne, farouche, regarde. Les deux hommes restent face à face.)
LANDRY
Richard, mon frère, prends le couteau qui est là, sur celte table, et défends-toi !
RICHARD
Un tluel entre frères, non, non !
LANDRY
Pourquoi? Nous nous sommes aimés, tu as veillé sur mon berceau, je me suis cru longtemps ton enfant. Eh bien ! si l'un de nous est de trop aujourd’hui, pourquoi donc ne pas nous faire cette grâce dernière, d’assurer le bonheur au plus fort?
RICHARD
Non, non! pas entre frères! Je ne me défendrai pas.
LANDRY
Rien de plus simple, de plus brave, ni de plus fraternel, et je veux bien que tu me tues, car je souffre trop,