ACTE TROISIEME
si je ne retrouve le bonheur, en te tuant toi-même. Ou l’un ou l’autre, faisons-nous ce cadeau, par tendresse et par pitié.
Non, non !
RICHARD
LANDRY
Alors, Richard, mon frère, je vais te tuer comme un chien.
RICHARD
Frappe donc! tue-moi, si tu l’oses!
LANDRY, s’affolant.
Frère exécrable, frère qui a volé la femme de son frère, tu vas mourir.
RICHARD
Je ne te l’ai pas volée. C’est elle qui librement m’accompagne, pour fuir un maître exécré.
LANDRY
Je te jure que lu vas mourir, si tu ne te défends pas.
RICHARD, se tournant vers Marianne.
Toi qui as dressé le guet-apens, misérable femme, que tout le sang et que toutes les larmes retombent sur ta tête !... Et lu disais m’aimer!
MARIANNE, bouleversée.
Oui, je t’aime, à ne plus savoir ce que je veux !
LANDRY, se jetant sur Richard.
Meurs donc, frère parjure, incestueux!
MARIANNE, le retenant.
Attends, je veux lui parler encore.
LANDRY
Non, qu’il meure!
MARIANNE, dans un grand cri.
Je ne veux pas que tu le tues, je l’aime!
LANDRY
Ah! cœur de femme! Pourquoi me l’as-tu livré?... Non, qu il meure ! (U se jette de nouveau sur Richard, qui attend, impassible. Et elle lutte furieusement avec lui, pour le retenir.)
MARIANNE, folle.
An! misère, ah! misère... Je ne veux pas! Je vais crier, appeler au secours, et je te dénoncerai!... Ah!
non, non, pas lui ! je ne Veux pas ! (Dans la lutte, elle se trouve près de la table et y prend le couteau.) MeUl'S, toi, OUI ! toi, plutôt
que lui!... Tiens ! frère enragé qui veut tuer son frère!
(Et, comme Landry s’élance sur Richard, le couteau levé, elle lui plante le sien dans le dos. 11 tombe ainsi qu’une masse.)
RICHARD et JEANINE, debout, se serrant l’un contre l’autre, terrifiés.
Oh ! Dieu d’horreur et d’épouvante!
MARIANNE, le couteau encore à la main, devant le corps.
Mort !... Il l’a voulu. Comment a-t-il pu croire que je lui laisserais tuer l’homme que j’aime? (La porte du fond
s ouvre et la tempête entre. La porte reste grande ouverte.)
\f,TE TROISIEME