ACTE QUATRIEME
JEANINE.
Rester, moi! ne plus t’aimer!
RICHARD
Ne dis pas cette chose... Depuis ce matin, tu n’es plus à moi, nous ne sommes même plus ensemble.
Je te le jure, tu emportes mon cœur.
RICHARD
Je te laisse le mien, déchiré et saignant... Et vous, Marianne, essuyez vos yeux, régnez en reine, tout Goël est à vous, je vous le donne.
MARIANNE
Ah! la tristesse d’y régner seule!
RICHARD
Régnez avec votre sœur. Consolez-la et qu’elle vous console. A toutes deux, je souhaite la paix, l’éternel beau temps que ne trouble aucun orage... Moi, je pars à jamais. Et, si mon amer souvenir peut vous être de quelque douceur, gardez-le comme le parfum de l’amour le plus fort, celui qui ne s’est point contenté! (Les deux
sœurs sont debout, appuyées à l’épaule l’une de l’autre.)
JEANINE.
Garde aussi le nôtre, et qu’il parfume ta continuelle fuite, dans la solitude.
l/OUI'.AGVN
MARIANNE
Nous resterons ainsi, l’une sur l’autre appuyée, et nous resterons à toi, voyageur éternel.
LULU
Maître, l’heure presse, écoute le chant d’appel.
LES MATELOTS, au loin.
Le ciel est bleu, la mer est bleue. Toutes les voiles au bon vent, et que l’ancre soit retirée! Au large, au large!
LULU
Viens, maître, viens dans le beau temps, viens dans la tempête.
RICHARD
Le calme, pour un jour, s’est refait sur la mer et chez les hommes... Adieu, Jeanine!
JEANINE.
Adieu, Richard!
RICHARD
Adieu, Marianne!
MARIANNE
Adieu, Richard!
RICHARD
Adieu, adieu, à jamais, pour l’éternel voyage, par
1 illfîni des mers! (Il s’éloigne, appuyé sur l’épaule (le Lulu, tandis que les deux sœurs, les liras noués, le regardent.)
3li7. — L. -Imprimeries réunies, rue Saint-Benoît, 7, Paris*
L'O U HAGAN
Drame lyrique en quatre actes Poème de