‹ L'OuraganChapitre 7 sur 79 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JEANINE, GERVAIS, puis MARIANNE.

GERVAIS, regardant pleurer Jeanine.

Quelle misère ! quelle pitié ! un patron qui semblait si doux, si honnête, voici trois ans à peine, avant que son grand frère s’en allât aux pays lointains... Et, maintenant, il boit, il joue, pendant que ses hommes vont seuls à la pêche; et la maison croule; et la femme pleure... (Doucement, à Jeanine.) VûUS VOUS ferez du mal,

dame Jeanine, il ne faut pas pleurer si fort.

JEANINE.

jyion bon Gervais, je suis si malheureuse !

GERVAIS

Tenez! voici votre sœur, dame Marianne, qui vient.

JEANINE, s’essuyant les yeux.

Ali! je neveux pas qu’elle voie mes larmes. (Elle se

remet au travail.)

MARIANNE, qui est entrée par le fond, regardant le ciel.

La tempête s’annonce, l'ouragan va souffler.

GERVAIS

Tout à l’heure, un navire était là, en danger d’être perdu. 11 a dû gagner la baie de Grâce.

MARIANNE

Va donc aider nos hommes à remonter les barques... Tu les entends, ils se hâtent. (Gênais s’en va.)

LES PÊCHEURS, au dehors.

Ohé hisse ! ohé hisse ! tirons sur la corde d’un seul coup... Ohé hisse! ohé hisse! remontons les barques que les vagues briseraient... Ohé hisse! ohé hisse !

(Leurs voix s’éteignent. Le ciel et la mer s'obscurcissent à partir de ce moment, mais d’une manière très lente, et l’ouragan n’éclate qu'à la fin de l’acte.)

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