‹ L'Outaouais supérieur (volume 2)Chapitre 24 sur 51 · LES PHOSPHATES DE L'OUTAOUAIS · texte numérisé non relu

LES PHOSPHATES DE L'OUTAOUAIS

Les rivières Gatineau et du Lièvre traversent un pays où abondent les minéraux, tels que le phoshate, le fer, la plombagine, le mica, voir même l'or et l'argent. Le fer est de qualité supérieure, et vaut

à peu près celui de Suède; quant au phosphate, il offie à l'agriculture une ressource incomparable,

La colonisation, qui semblait devoir être une œuvre lente, et l'industrie, encore bornée à la syhère des petites entreprises locales, ont reçu une impulsion inattendue de l'exploitation des gisements de ce dernier minéral, dont on convaissait À peine l'existence il y a une quinzaine d'années. Il ne faut pas, en effet, remouter plus haut que 1873 pour assister aux pre miers mouvements de la spéculation, sur les mines de phosphate. La présence de cette substance dans la vallée de l'Outaouais avait cependaut été signalée

dès longtemps déj par la “ Commission géologique,” mais on n'en connaiseait pas la valeur; on ne savait ni Ja préparer ni l'utiliser, ni sourtout. comment, en tirer un profit quelconque. Cela, du reste, 1'à rien d'étonnant, quand on songe qu'en Frnce même on n'a commencé que vers 1855 à reconnaître la valeur äx phosphate comme engruis et à en faire usage dans Yagriculture. La nécessité est la mère de toutes les découvertes ; c'est elle qui nous a poussés, À la vue de nos champs épuisés, de nos terres devenues en

aints endroits stériles, à chercher les moyens de Jeur rendre leur fécondité première. Or, de tous ces moyens, il n'en est pas de comparable à l'emploi dn phosphate de chaux, ou apatite, élément iudispensable à la nourriture des plantes.

Le phosphate est répandu partout dans la nature ; tous les animanx en contiennent une certaine quantité, et par suite, les engrais maturels en renferment aussi; mais les engrais naturels sont insuffisants ; la terre, pour être productive, a besoin d'acide phospho=

rique, seul élément constitutif de l'organisme végétal et animal qui ne puisse être remplacé par un autre.

Quoique sir William Logan eût signalé dès 1867, dans son rapport géologique, la présence du phosphate dans les bassins de la Gatineau et de la Lièvre, et qu'il eût établi, par des observations et des expéxiences, que le phosphate canadien coutenait parfois

jusquà 90 pour cent de matière fertilisante, on avait continué néanmoins d'en méconnaitre l'existence, On ignorait assez généralement la valeur de ce produit minéral ; et puis, on lit si peu les livres officiels! La routine, dont nous nous débarrassons assez rapidement, depuis quelques années que nous nous sommes mis à ouvrir les yeux, conservait encore tout son empire. Enfin, la politique, cette politique absorbante qui laisse à peine quelques rares loisirs pour l'étude des ressources du pays ét de ses véritables intérêts, avait empêché qu'on ne prêtât quelque attention aux indications de sir William Logan. Il n'est donc pas étonnant qu’à l'étranger, la découverte de nos phosphates fût aussi une chose absolument inconnue, 11 semblerait, dit M. Octave Cuiset, que lee Anglais qui allent fouiller tous les éoins du. monde, partont où is pouvaient &rouver un aliment de phosphate pour leurs terres, eusent Qû les premiers 'émouroir d'une pareille découverte faite dans ne de leurs coleies, et Von peut s'étonner à juste tire si Je contraire arrive. S'il se fussent occupés de ln chee, l'exploitation des immenses gisements que possède le Cumida serait en pleine act. vité depuis plus de dix ans, ct m'eñt-on produit que l'epprori. sionnement de l'Angleterre seule, c'est-à-dire le quantité qu'elle importe chaque année, que l'industrie minière du phosphate en ce pays eût déjà acquis un mouvement des qlus avantageux. Mais Ja découverte demeurs presque insperçue peudant plusieurs années. Cependant, vers 1875 où 1876, la question des phosphates en Canada fat considérée avec plus d'attention ; des. échantillons furent envoyés à l'Expmition internationale de Paris, en 1878, et es spécimens attirent vivement l'atteution des hommes com. pétents. Dans leu années qu suivirent, quelques tentatives

d'extraction farent faites, mais sansamener encore une exploitation bien écnsidérable. Le rapport du commerce et de la navigation pour l'année 1878-77 ne fait mention d'ancune exportation de Dhosyhate, tandis que celui de 1878-79 mentionne une exporte ion de 11,927 tonnes, ayant une valeur de 826,205, soit un peu plus de $1S la tone. Sur cette quantité, 2,986 tonnes ont été éxpédiées en Angleterre, 2,018 aux Etats-Unis, 188 en Francs

et 336 en Allemagne.”

Remarquons toutefois, contrairement à ce que dit M. Cuisset, que la première exportation de phosphate canadien remonte à l'année 1873. Elle ne comprenait, il est vrai, que 185 tonnes de ce minerai; mais

a 1876, il en était expédié 2,714 tonnes, et dé on signalait, dès l'année suivante, une expédition de 4,800 tonnes pour la Grande-Bretagne, par la voie du Saint-Laurent

La première vente publique de terrains phos phatés eut lieu en août 1877. Dix-neuf mille einq cents acres furent livrés à l'enchère, sur une mise à prix d’un dollar lacre. L'année suivante, une loi de l'Assemblée législative porta la mise à prix à deux dollars ; mais l'importance des terrains devemant de jour en jour plus considérable, le gouvernement rendit, le 25 mars 1881, un ordre en conseil qui éleva la mise à prix à trois dollars. L'année suivante, il y eut une nouvelle vente publique ; huit mille acres de terrains phosphatés étaient livrés à la concurrence des enchérisseurs, et le gouvernement retirait de cette opération plus de trente mille

dollars. Des lots étaient vendus quatre, cinq, dix et même quiuze dollars l'acre, et l'on remarquait que c'étaient les représentants des compagnies françaises qui avaient le plus fait monter les enchères dans cette circonstance

Jusqu'à 1882 ou 1883, on n'avait fait qu'eflleurer le sol dans ces travaux d'extraction du phosphate ;on s'était borné aux fouilles de surface ; mais les données géologiques, confirmées par les sondages d'essai, ne tardèrent pas à démontrer que les gisements les plus riches se trouvaient en veines pures et étendues, au-dessous des forages. M. Boyd-Dawkins, géologue anglais éminent, après une visite dans les districts à phosphate du Canada, avait exprimé l'opimion que les principaux dépôts se trouvaient à une certaine profondeur. Des sondages ultérieurs avaient

promptement confirmé cette opinion sur plusieurs

points, entre autres à la mine “ North Star,” où le puits principal, d'où l'on avait extrait plus de cinq mille tonnes de roche phosphateuse, atteignait une profondeur de trois cents pieds. À cette dernière profondeur même, on avait rencontré un dépôt beaucoup plus considérable que tout ce que lon avait trouvé précédemment, et la preuve acquise de là continuité des dépôts avait provoqué l'organisation dstravaux d'exploitation sur uue très grande échelle.

L'OUTAOTAIS SUPÉRIEUR 213

Les phosphates canadiens devenaient rapidement une des plus importantes ressources du Canada, Pendant longtemps ils avaient eu à lutter contre la défaveur et les dificultés qu'éprouve l'introduction &e tout nouveau produit, mais ils avaient vite cor quis leur place sur les marchés européens ; et, anjour-

ont en grande demande, tant en Angleterre que sur le continent, Leurs qualités supérieures permettent de les employer, pour enrichir les phosphates pauvres de la Belgique et de la Caroline du Sud. Pour la fabrication des superphosphates de première qualité, ils n'ont pas de rivaux.

Le rétablissement de relations suivies avec la France était destiné À donner une grande impulsion à cette branche de l'industrie minière. Aussi se forma-t-il bieutôt une compagnie dirigée par MM. Dior frères, grands fabricants d'engrais, propriétaires des célèbres usines Saint-Nicolas, à Granville, France, ave l'objet d'exploiter nos phosphates et de construire des usines dans la province même de Québec. Ce résultat était dû aux actives démar. ches, aux efforts incessants d'un jeune Français doué de rares apitudes commerciales et industrielles, M, Foursin-Escaude, qui était venu au Canada pour en étudier les ressources, pour ÿ fonder sur une base solide quelque nouvelle industrie dans laquelle la France et notre province seraient également intéressées

Après quelques mois d'observation, M. Foursin- Æscande en vint à la conclusion qu'il ne pouvait mieux faire que d'essayer d'établir entre les deux pays un commerce direct et régulier de bestiaux et de moutons. Lui-même partit pour la France avec une cargaison de moutons dans l'automne de 1879 Mais, pour une raison ou pour une autre, M. Escande revenait au Canada l'année suivante avec peu d'espoir de pouvoir continuer les relations commencées entre son pays et le nôtre,

C'était alors l'époque où la réputation de nos phosphates commençait à se répandre et à éveiller l'attention générale. M. Escande so rendit à la Gatineau, parcourut la région des phosphates, se fit donner tous les renseignements nécessaires, et, eonvainou bientôt qu'il y avait là une riche mine à exploiter, il: conçut un aütre projet qui, s'il eût été réalisé suivant ses vues, aurait sans doute été le point de départ d'entroprises considérables. Il se mit sans délai en communication avec les MM. Dior, qu'il connaissait personnel. lement, et leur proposa d'établir, sur une modeste échelle d'abord, une ligne de steamers qui transporteraient au Canada des marchandises françaises et en rapporteraient en échange des cargaisons composées pour un tiers de bétail vivant, et, pour les deux autres tiers, de phosphates. Puis M. Escande s'employa avec une a infatigable auprès de

notre gouvernement pour faire réussir son projet. Il en démontra l'excellence et tous les. profits que nous en tirerions ; il recueillit des statistiques, adressa des rapports et rédigea même sur la question un mémoire, qui pourra servir de modèle ét sera encore tout d'actualité, si la nouvelle compagnie française formée par M. Bossière veut reprendre ce projet et le mettre À exécution.

M. Escunde obtint du gouvernement fédéral une subvention annuelle de 850,000 pour la nouvelle ligne de stenmers, À la condition que le gouvernement français accorderait de son côté une subvention de cent mille dollars, Les MM. Dior eonsentirent aussitôt à former leur compagnie dans ces conditions,

et ils ne tardèrent pas à être bientôt prêts à ouvrir les opérations. Ils étaient convenus ave le gouvernement provincial d'expédier à Québec un pre iier chargement consistant en cinq cents tonnes de goëmon phosphaté, que le gouvernement payait vingt-six dollars la tonne et qu'il devait revendre pour le même prix aux sociétés d'agriculture de la province. Les MM. Dior s’engageaient à fonder une usine pour la préparation du phosphate et à tenir uné ligne régulière entre le Canada et la France,

Sur ces entrefaites, le bruit se répandit qu'il se formait en France une compagnie rivale, avec de grands capitalistes à sa tête, des banques même pour

26 L'OUTAOTAIS SUTÉRIEUR

actionnaires, et que le commerce, modeste au début, que devaient entreprendre les MM. Dior, devenait, entre les mains de la nouvelle compagnie, une vaste entreprise dans laquelle les millions couleraient à flots. Un politicien de ce pays-ci, qui s'était fuit le promoteur de la nouvelle entreprise et qui était même allé à Paris, où l'on avait fait briller à ses yeux les plus séduisantés promesses {qui n'ont jamais été réalisées, bien entendu), s'était malencontreusement mis en travers des MM. Dior, avait réclamé pour sa compagnie fictive la subvention de 850,000 aceoraée par le gouvernement fédéral, et avait réussi à paralyser, dès le début, des opérations dont le succès paraissait assuré, Il s'en suivit des délais, des malentendus, des récriminations, Le gouvernement fédéral ne savait plus à quelle compagnie donner la subvention promise; notre premier ministre, tiraillé, embarrassé, indécis, dut se résigner à ae signer aux frères Dior un terme pour l'exécution complète de leur entreprise, et à leur adresser coup sur coup des télégranmes pressants. Ceux-ci se eurent abandonnés par le gouvernement provincial ; ils se vent en même temps menacés de perdre leur subvention ; ils crurent dès lors plus sage de ne pas courir de risques dans de pareilles conditionsset ils signi. fèrent au gouvernement provincial qu'ils renon-

aient à leurs projets. Ce fut le signal d’une débâcle complète, Nous perdions le concours certain, et même dévoué, de la maison Dior dans l'établissement d'importantes relations avec la France, et la grande com-

pagnie de capitalistes et de banquiers n'émergeait pas encore à l'horizon. Elle n'a même pas donné signe de vie depuis lors.

Dans le cours de 1881, il s'était formé une autre compagnie française, au capital de sept cent cinquanta mille franes ($150,000), sous le nom de “ Société française des phosphates du Canada” Elle avait son siége général à Bordeanx ; les travaux étaient placés sous Ja direction savante de M. Maurice Jeantet, ingénieur, ancien élève de l'Ecole nationale des mines, à Paris, et M. Labouglie en était nommé inspecteur, De plus, la compagnie confiait à M. Charles Ovide Perreault, vice-consul de France, la haute charge d'agent supérieur, et le mettait à la tête du bureau des affaîres à Montréal.

Elle avait acheté, dans les environs du lac Thomas (canton Portland) une mine que l'on disait presque aussi riche que celle de High-Rock, qui, dès ce temps-là même, employait près de cinq cents

hommes. Elle avait, en outre, fait des acquisitions importantes à une’ enchère publique de terrains phosphatés, qui avait en lieu au département des Terres publiques. (1)

lle achetait en même temps, pour 60,000 dollars (800,000 francs), les droits miniers des eultivateurs du canton Buckingham, et payait en une seulè semaine trois mille dollars de salaires À ses ouvriers ; enfin elle se proposait d'établir avant longtemps ne manufacture d'engrais pour transformer le phosphate de chaux en superphosphate propre à être livré à Y'agricultur

Cinq mille six cents aeres, telle était l'étendue de terrain que Ja “Société française” possédait alors

dans les deux cantons les plus riches en phosphate de tonte la vallée de la Lièvre: ceux de Templeton et de Buckingham.

D'autre part, la “ Société générale” et Ja “ Société commerciale” de Paris, voulant consacrer une dizaine de millionsde franes à l'exploitation des mines du Ca-

3 L'acquérenr de terrains à phosphate est exempt de tonte charge quelconque, sauf à payer à qui de droit la valeur des amé ioratious utiles faites sur ces terrain antérieurement à l'achat. De même, le droit de miuer lui est octroyé en propriété absolue

L'acte de 1888 dit que le mineur duit payer droit régalien de inquante centins par tonne de minerai. Ce droit n'a jamais été réclamé, mais iL peut l'être à la première oceusion.

L'OUTAOUAIS SUPÉRIEUR 2io

nada, envoyaient, dans l'automne de 1881, un chimiste et un minéralogiste pour faire l'examen de nos mines de fer et de phosphate. Après s'être rendus sur les lieux ét avoir accompli leur mission, ces messieurs déclaraïent, d'accord avec M. Strich, également délégué de la Société générale, homme d'une grande expérience, “ que les échantillons de fer et de phosphate exposés au Muséum géologique (à Ottavra) indiquaient, une richesse telle, qu'on ne pouvait mieux placer ses capitaux que dansjl'exploitation des mines de l'Outaouais, et'que, de, plus, la capitale] fédérale, grâce à sa proximité de ces sources de richesse eb à sa situation géographique, ne pouvait manquer de devenir un jour une des grandes villesdn continent américain.”

Vers la même époque, on pouvait lire ;dans les journaux d'Ottawa que M. Labouglis revenait de France après un séjour de einq mois, et apportait avec lui la bonne nouvelle qu'il avait réussi àjformer une compagnie française fau capitaljde 1,200,000 francs, lequel pouvait être porté à,3,000,000, s'il était nécessaire, pour l'exploitation! desimineside! phosphate:sur la rivière du, Lièvre. On ajoutait que cette compagnie se, proposait d'acheter, tousyles /terrains'à phosphate qui seraient vendus dans cette région, et qu'elle ferait construire sans délai un vapeur et des barges pour Ja navigation de la rivière du Lièvre etfpour le transport du minerai.

Notons ici, en passant, que la rivière du Lièvre traverse dans toute son étendue une contrée fertile, et qu'il sufirait d'une dépense de vingt-cinq mille dollars pour le rendre navigable jusqu'à cent milles

dans l'intérieur

Ainsi, l'industrie des phosphates semblait. désor-

mais solidement établie an Canada. On éveluait à

50,000 dollars (1,260,000 francs) la production actuelle de ce minerai. Les capitaux étrangers venaient à nous et s'empressaient de concourir à la prospérité de notre provinee et à l'accroissement de nos revenus. Tel était le résultat d'efforts nombieux et répétés pour vulgariser au dehors la connaissance des res sources du Canada français, pour les faire valoir et faire triompher enfin notre pays de ces dénigrements systématiques, fruits de l'ignorance et du préjugé, auxquels il avait été en butte si longtemps.

En 1880, pendant la durée de la navigation seulement, il avait été exporté, du port de Montréal, 7,200 tonnes de phosphate, de 3,000 tonnes du port de Québec, sans compter 2,000 tonnes expédiées par les canaux et les lacs jusqu'à Chicago; œ qui forme un total de 12,200 tonnes. En 1881, on avait produit 15,000 tonnes, dont 12,000 étaient exportées en Angleterre, et 3,000 aux Etats-Unis, principalement à Cleveland et à Chicago.

En 1882, le rendement était déjà estimé à 20,000 tonnes,

Le coût de l'extraction, par tonne de 2,240 livres, était de cinq dellars. 11 y avait,en outre, les frais de transport à la gare du chemin de fer la plis rap-

prochée, et de Jà au port de mer, enfin le coût du fret océanique et celui des assurances,

Maintenant, poar donner au lecteur une idée de la formation géologique de nos phosphates, nous allons extraire quelques paragraphes d'un article publié par M. Obalski, ingénieur des mines en Canada, dans une revue parisienne qui a pour-titre : Association des élèves de l'École nationale supérieure des mines.”

Les gisements de jilio phate se rencontrent exclusivement dans 1e formation dite Iaurentienne inférieure, qui est considérée, parles géalogues de ce pays, come d'origine sédimentaire et ayant subi un métonorphimne qui Ie reproche des terrains d'éruption proprement dits. Nous diseus done qu'ils se trouvent dns les gneiss Joureutiens, quoiqu'en beaucoup de points lu roehe n'appaaise pas avec 66 aspect.

4 En étudiant attentivement ces dépôts, on voit qu'ils se présentent eu amas irréguliers, indépendants de lrstratiieation et w'atfctant aucunement l'allure de flons. La roche avoisimante ne pra es non plus modifiée par le voisinage du phosphate, q

Arouve parfois grossibrement mélangé avec les éléments de aette roche. On doit done ampposer que as phosplate est contemporain de la formation laurentienne

IL est fort intéressant d'étudier le mode de répartition des éléments de la roche : ils ne sont pas intimement mélangés, mais forment des masses indépendantes les unes des autres ; ainsi on tronvera des parties exclusivement composées de wica, d'autres de Caleaire cristallisé, de quartz, de pyroxène, de feldspath, ete, l'élément dominant étaut le pyroxène.

Quant à l'origine métamorphique de ces terrains, elle me part probable: en efet, on remrque que Le phosphate s'y trouve constamment à l'état aristallisé, mais ue jouit pas de 1e propriété d'être phosnhorescent, Or, ce fait qui parait négligeable, a, au point de vue géologique, une importance qui me parait capitale.

Les gissements de phosphate eansdiens peuvent être cousi. dévés comme des dépôts sédimentaires qui ont subi uu. métamoriphisme assez avancé pour Les faire erisallier, ces dépôts ayant pu eux-mêmes provenir de Ja décomposition des flons plus anciens.

‘4 Les analyses ont prouvé qu'on rencontre les mêmes éléments dans Les produits d'origines différentes,

La propriété yhosphorescente des plhosphates u'a d'ailleurs pas

à étudiés suffisamment jusqu'à présent; et quoi qu'en peusent certains physiciens, je sui plutht porté à y voir une réaction chiamique modifiant l'état dans lequel se trouvent quelques corps pen étudiés qui eutrent dans Ja composition intime de l'apatite."

Pour terminer, ajoutons à ces quelques ligues concernant la formation géologique des phosphates canadien ce que dit encore M. Obalski, dans un sapport présenté au gouvernement, en 1886, à la suite d’une inspection faite par lui dans les districts miniers de la province

L'utilisation du phosphate de chaux pour l'agriculture me date guère que de 1840, et depuis cette époqne, on n'a cessé d'en chercher ét d'en découvrir des dépôts.

Pour donner une idée de l'importance conunercele de 0e pro uit, il sufira de dire que l'Angleterre en importe annuellement 300,000 tounes, que la Caroline dur Sud en a exporté 400,000 tonnes en 1854, etc

L'apatite du Canada estconmue depuis Jeugtemps coumie minéml accident), mais son exploitation industrielle n'a commencé

que vers 1875. Depuis ce temps, on. peut dire qu'elle s'est eousi

dérablement développée et que la produstion augmente chaque année, atteignant anjourd'ui 25,600 tonnes par an. Des capitaux importants sont placés dans cette industrie, qui procure de l'ouvrage à sept ou huit cents ouvriers, Ce qui fait Ia valeur de l'apatite du Canada, c'est et haute feneur constante, qui permet de paster des marchés sur le base de 80 pour cent il n'est pas rore d'ailleurs de voir des chargements tirer de 80 à 85 pour cent

Afin d'établir une comparaison, je donne ci-dessous les teneurs des différents phosphates étrangers

Norge ces... 82 à 68 pour cent, RER RRENEEREETINT DRE Anglaterne Dana slt Finger nee 26 a 46

de . en 68 à 78

Allemgue.… Aniren SL ES

do Fm iBATE

Espagne. us as ass

Indes occidentales cccecceee 69 à 88 Etats-Unis (Caroline du Sud) 56

Océan Pacique.… re T2a 88

Canada ee Sas

On voit doue que le minérai du Cnada a un des plus bauts range comme teneur dans cette liste,

224 L'OUFAOUAIS SUPÉRIEL

Les compagnies emploient des ouvriers du puy» qui ne sant pas mineurs de profession, mis qui s'habiment faileuent à cas sortes de travaux, Quant à le produotion générale, depuis l'origine de cette indus. Aie, on peut J'exprimer en nombres ronds par Les chiffres suivants AVAUE BB 3,000 tounes, FR ns 45000

Total. 115,000 Ex nésaré

L'industrie des phosplates dans le comté. d'Ottawa est foris. sante st prend chaque année un déveleppemeut plus gud: le proluetion augmente, les procédés d'extraction et de trauspart se perfeetionnent, ele champ exploré grandit chaque année en même empa que de nouvelles compagnies s'orgeniseut. De plus on vole des commeneements de manufactures s'établir. On peut done espérer que cette industrie, qui n'en est qu'à son enfance, reudra une importance encore bien plus grue dans ua temps assez rapproché

Page 1