‹ L'Outaouais supérieur (volume 2)Chapitre 29 sur 51 · ES · texte numérisé non relu

ES

Lorsqu'on s'était procuré le nombre de canots nécessaire, que les marchandises étaient emballées et que la fonte des glaces avait rendu les lacs et les rivières navigables, la flotte partait de Lachine, à huit milles au-dessus de Montréal, Chaque canot avait dix hommes d'équipage. On y embarquait tout le bagage de ces dix hommes, soixante-cinq balles de marchandises, pesant quatre-vingt-dix livres chacune, six cents livres de biscuit, deux cents livres de petit salé et trois boissenux de fèves.

En quittant Lachine, les canots se rendaient à Sainte-Anne, près de l'extrémité occidentale de l'île de Montréal, où les voyageurs se trouvaient à la vue du lac des Deux-Montagnes. O'est de cet endroit

seulement qu'ils comptaient commencer en réalité leur voyage, parce qu'il ÿ avait I une église consacrée à sainte Anne, protectrice des “ voyageurs"(1)

(1) (Passage traduit du Scorrisn MAGAZINE de 1841,pour Le journal VIxsvuror, de Québee, par U. J. Tessier.) Les voyageurs” canndiens ont peut-Bre les hommes les plus

intrépides, es plus infstgables, et eu même temp Le plus joyeux

at es plus courageux que l'on puise rencontrer, Leur tâche et de eoudaire Le grande canot d'écorce de Lx puissante compagnie qui fut le commerce de fourrures au Nord-Ouest ; il partent de

Montréal le printempa et reviennent automne, Q

engagés pour un. certain nombre d'années au service de la compa

guie davs l'intérieur du pays. Dans Le voyage en montant, les

Ce voyage, commencé dans les premiers jours de mai, se terminait à la fin de septembre, lorsque les « voyageurs” étaient arrivés au Grand-Portage, à l'extrémité occidentale du lac Supérieur. Le Grand Portage était le rendez-vous général des hommes de la Compagnie, de eux venant de Montréal avec les marchandises comme deceux venant du fond du Nord- Ouest avec les pelleteries. Là on échangenit les unes contre les autres, et les deux bandes d'employés reprenaient la route qu'elles venaient de suivre, I se trouvait là quelquefois mille à douze cents hommes réunis, se livrant à leur gré à l'absorption

emots sont chargés de ouvertures de laine, d'eaux-de-vie, de poudre à tirer et d'eutres articles qui servent au trafic avec les anurages,

Au retour, ils rapparteut les fourrares qui ont été récoltées ans tous les lieux dont les envoie se font sur Montréal, parce que 8 port se truuve situé, quant à ces postes, plus convenablement que cui de la compagnie dans les pages de la beie d'Hudson. Les effets ainsf transportés sout mis en ballots de quatre-vingt-Qix divres pesant environ, cest-h-dire, d'une forme et d'un poids tels qu'un homme puisse lee porter à travers les nombreux potages que rencontre le eoyageur.

On fait portage, lonqu'il y « une entaraete ou un mpide in pratieable à passer, lomqu'il fant ce rendre d'une rivière à une autre, où pour éviter, eu travereant nne petite langue de terre, un ang détour de la rivière, Alors on décharge le canot, et l'on porte les avirons et Ja charge à lu place où le navigation devient de nouveau praticable. Logr transporter les grands canots, les

des boissons fortes, ayant souvent dispute entre eux, et, cependant, montrant toujours le plus grand respect pour les agents et les associés de la Compagnie, qui étaient relativement en petit nombre et qui n'avaient aucun moyen légal de se faire obéir. Telle est la manière dont la Compagnie du Nord-Ouest a fait le commerce des pelleteries, pendant bon nombre d'années, jusqu'à ce qu'elle se soit fondue dans la Compagnie de la baie d'Hudson, en 1821. Aujourd'hui œtte dernière n'a plus à redouter de concurrence organisée en grand ; mais le commerce des pelleteries étant devenu absolument libre, les Indiens peuvent

voyageurs les chargent sur Jeurs épaules, le plat-bord dessous ; ils se mettent autant d'hommes qui est nécessaire pour le porter. Les autres portent le bagage et les murchandises, eu attachant leur fardeu avee une bande de euir qu'il se passent sur le devant de la tête. Un. petit eanot, capable de contenir cinq personnes avec leurs couvertures, fusils et équipement ardixaire, peut étre transporté par un seul home.

La chasse et la péche foumnissent au voyageur sa nouriture sur I route ; que ce sit du poison, du gibies où d'antre viande, ‘importe, iL le prend telle que la Providence la jette sur sou “chemin ; et si la Providence lui manque, il « eu réserve une provi sion de pemmieun où de anir de daim séchée et préparée d'une manière particulière. Les délices du voyageur sont le thé et de temps en teps un coup de rhum. On prépare le thé, lorsqu'ou campe pour la nuit, lorsqu'on part de bon matin, et quelquefois encore lorsqu'on se repose au uilieu du jour. Tout dur que soit son raveil et quelque grossière que soit sa nourriture, le voyageur ést

aller vendre les produits de leurs chasse où et à qui bon leur semble, et ils y ont gagné de payer leurs provisions moins cher, tout en ayant un meilleur

prix de leur marchandise.

On serait porté à croire qu'après la chasse sans trève et sans relâche qu'on a faite aux animeux à fourrures, depuis plus de deux siècles, la plupart

un être heureux, I n'a ni soncis ni regrets, excepté peut-être pour sa belle qu'il à Jasée Loin derrière ui ; alors il chante sa chanson chemin faisant, et celn, mélé avec l'espoir encourageant de voir 8 gages augmentés, de jouir d'un long repos, et des plaisirs de la société, dont le Canadien sait ai bien user, le fort et ni donne de a vigueur dans ses pénibles voyage

Ce passage alternatif d'un travail extraordinaire à l'inactivité absolue, de La solftnde parfaite des lus et des rivières de l'intérieur au commerce onminaire de Ju soviété et de la vie la plus joyeuse n'est pas besucoap propre à former un citoyen sobre et paisible. IL y a eependant, quelque close dans le caractère social des Cana diens qui parait servir de sauvegarde contre toutes sortes d'in fluences malignes ; et le voyageur, de retour dans sa famille, ne diffère pas beaucoup de ses frères, dont les voyages ne s'étendent pas généralement au delà de l'église de la proie voisine. JLexiste peut-être un peu de folle gaieté dans son ton ét das ses manières, et il est souvent trop porté à jasr, et à moonter de longues histoires, au. Dieu d'être occupé dans Le champ où daus la grange 3

d'entre eux ont disparu, ou, du moins, sont près de s'éteindre, ou ont émigré vers des latitudes à peu près inaccessibles, comme la baleïne, qui, poursuivie de mer en mer, a fini par se réfugier dans l'océan Glacial.

Il en est ainsi, à la vérité, pour quelques-unes des grandes espèces, telles que le bison, qui, naguère, parcourait en troupeaux innombrables les prairies de l'Ouest, ct qui n'existe plus aujourd’hui qu'à l'état d'exception, grâce à la guerre d'extermination aveugle, insensée, stupide, qu'on lui a faite. Il en est ainsi, dans une certaine mesure, du castor,

mais ses longues histoires sont remplies d'incidents touchants, et comme Baptiste est réellement d'un bon matarel et que pour cette raison iL recherche beuneonp les attentions des femmes il trouve toujoums assez da gens de bonne volonté pour partager son travail ordinaire, d'outant. plus qu'il est toujours prêt à rendre le même srvice, lorsqu'il s'agit d'exéonter queique chose qui requiert plus que de l'iutrépidité, de l'énergie et de la résolation ordinaires. Une manière de vivre qui ferait d'un Auglais ou d'un Américain un pafiit vagabond, altère à peine le caractère moral du Canadien, et Le voyageur retiré dans sou village devient presque invariableent un époux très alfecsionné, un tente père, un umi fdèle et dévoué, tun bon citoye

Le canot d'écorce du sauvage est non seulement élégant daus sx

orme, mais il est encore, par sa légèreté et sou faible irant d'eau, particulièrement adapté à La navigation des rapides peu. profonds de l'intérieur, Le canot est construit avec des petites planches

iness, ou bandes de bois de trois pouces de largeur à peu près, Aiées pur d'autres bandes également minces et légères, qui vont de

qui, tout en étant encore relativement abondant, a dû émigrer d'un bon nombre de nos lacs et de nos rivières où il élevait jadis ses ingénieuses -constructions. Ilen sera ainsi peut-être avant longtemps de l'orignal, ou élan d'Amérique, qui est le plus grand cerf du nouveau monde. Autrefois, l'orignal abondait en Canada ; on le trouvait même fréquemment au sud, jusqu'aux bords de l'Ohio. Maintenant, aux Etats-Unis, pour le rencontrer, il faut pénétrer dans les forêts les plus septentrionales, ou dans les bois que renferme le pare national de Yellowstone. Dans!la province de Québec, les chasseurs l'ont petit à petit

Ja proue à le poupe, ou plutôt depuis un ! out jusqu'à l'autre bout, out es deux bonts du canot sont semblables. On. recouvre cette charpente de l'écorce d'un gros arbre de bouleau, en faisant le

moine de couture qu'il est poste pour le mettre dans une forne gouveusble. Ces écorees sont cousues euseible avec des fibres de bois, et sout mises à l'épreuve de l'eau au moyen d'une composition de gomme résineuse préporée à ot elfet, que les sauvages et les

voyageurs empoiteut tonjours avec eux pour servir aux réparations qui peuvent devenir nécessaires, La charpente est aferie et maintenve dans sa forme par un fort plat-bord et des pièces en travers comme les bunes de rameurs d'ane chaloupe. Ou ne peut jas se former une véritable idée du eunot sans en voir uu dessin ou un modble. La cale ou le fond est plat, les côtés sont enflés, les rlats-bords sout inclinés en dedaus. La courbure en longueur des côtés du canot est plus grande vers le centre, ét diminue graduel. lement vers les extrémités, qui se terminent eu une espuce de proue relevée, offant à le surface de l'en In moindre résistance

Telle est la frêle embareation, qui se briseruit a moindre choc,

fuit disparaître du temitoire du Saguenay et des forêts qui s'étendent en arrière de Québec. Il s'est réfugié d'abord dans la vallée du Saint-Maurice, puis dans celle de la Gatinean, et enfin dans la région du Témiseamingue, où l'on en fait un véritable ma L'origal est 1 ro des ruminants fauves de l'An

ait récemment un remarquable écrivain canadien, M AN. Montpett. “IL l'est qar sn taille, +8 masse 8t 8 force mrsculare. (1) Un panache palmé, immense, du poids de soixante à aoirante-quioge livres, Jui tient lien de couronne. Autrefois à régnait sur de vastes domaines s'étendant d'un océan à l'autre, entre le 4% et le 09 degré de latitude, dont il partageait

mafs dans laquelle le voyageur traverse mille rapides en efreté. Voici cowme on la conduit : chaque rameur est muni d'un léger avison d'à peu près quatre pieds et demi de ongueur, dont Is moitié sert de poignée, et l'antre moitié forme le plat de l'aviron La largeur du plat de l'aviron varie parmi les différentes tribus de cinq pouces À trois pouces et demi. Les voÿageurs du Nord- (Ouest préfèrent l'avion étroit, parce qu'il est moins fatisant et par conséquent mieux sapté anx longs voyages et à un travail continu. Le rameur tient l'aviten perpendieultirement, de manière à pouvoir le plonger directement dans l'eau, et un coup d'aviron donné avec vivacité et simultanément par tous les rameurs fait Hitéralement sauter le canot sur le surface de l'eau. La route du enot est dirigée par le timonier, qui se sert d'un aviron ; et homme placé à la téte du canot de, suivant l'occasion, le tionier

1) On eu voit qui mesurent jusqu'à six piels de hauteur à Pépaute, et qui pèsent douse gente livres. Le cou et le gurrot portent ame épuisée arinière. Cest un auimal défiant, dont l'odot ant très développé. Le plus léger bruit ni fait prendre l'alarme.

V'empire eve le wapiti, muintenant disparu où refoulé du moiné vers lex montagnes Rocheuces.

‘4 En dépit de Ia protretion des lois, de le vigilance des clubs de chasse et de la solliirude des sportsmen, le jour n'est pas éloigué où l'orignal disparait de nos foréts, et, conservé dans nos musées, nos neveux le cousléreront come une euricsité des temps passés, Une loi du Nouveau-Bransvick, édictée 31 y a quelques années, défendit Ja chasse à l'orignal perdant quatre ans à La lei était bonne, mois difficile à fuire respecter, IL et fallu toute une armes de garde-chasse disséminés dans Les bois pour tenir les bracouniers à distance ot sauvegarder le précieux gibier de leurs coups. Sika chasseurs du Nouvean-Branswick. farent intimidés ur cet édit, ceux de la province de Québec ne se génrent pas d'aller marander sur les terrains de chasse le leurs voisins. Le Nouveau-Brunswick entretenait à grauds frais un a pare au profit des étrangers Interdites eur ses marchés, les dépouilles des urignaux sbondaleut sur les nôtres. Sie e06 non vobis, toujours la même histoire.

rare en png ma

pur un eoup d'aviron denné en bou tempa. À la vérité, en eus de danger, comme lorsqu'il se présente soudainement une pointe de rocher, où ane pièce de bois flottante, d'est au rameur de l'avant à l'éviter, Au moyen d'un coup seo douné eu côté, la. marche du: canot peut étre soudainement changée, et si le rumeur de l'avant: incline beaucoup la täte d’un côté, — disons à gauche, — tandifé qu'en même temps l'homme de l'aritre pousse la. poupe à droité” 8 canot peut être amené tout à coup à angle droit avec ea marc et être laneé bien Join du péril qui le menait En remontant les courants, ces dangers ne sont pas gran

pasce que Le simple arrêt des rumeurs, sur le signal de l'homme de l'avant, fait prendre an canot sa route ; c'est en descendant ler rapides, c'est-à-dire en chussunt les courants, qu'il y a du danger. Alors rgue uu lugubre silence, les voyageurs cessent de nager, Thomme de l'avant veille à tout ; le timonier « les yeux attarhés”

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IL ya &4jà plusieurs années que la chasse à l'orignal a cessé d'étre nn métier rémunértif: nos suvages eux-mêmes y ont presque entièrement renoncé. 11 faut aller trop loin. pour le rencontrer; le paine emporte le profit. L'ouverture des chemins de fer du lac Saint-Jean et du Ino Témiscamingne a dû les fire dégnerpir de ces régions, où ile vivaient per troupes assez nom brenses, surtont dans les Vardéns, immense terrain situé au nor de Québec, dévasté rar l'incendie, abondant en jennes. pousses d'érable nain, et de dois barré ou bois d'oriemal dont ils font leur nourriture de prédilection. IL en existe eucore on assé grand nombre dans les montagues du Labrador, mais les Moutaguais sens leur font Ie chasse. Vers les frontières du Maine, ils sont presque entièrement disparus” (1)

sur eslui-e, pour obéir avee eélérité an. moindre sigual de donner an coup d'aviren soit d'un côté ou de l'eutre. Le danger passé, a

er perçant à Ja manière des sunvages, capable d'exciter la joie et

(A) Toutefois, dans l'Etat de Maire, le loi protège l'élan. Une amende de 100 dollars, dont la moitié est remise à celui qui dénonce le contrevenant, est indigée à ont». personne aurprtse

nt un élen en temps prohlbé. On ne peut chasser out aninal qu'en octobre, novembre et décembre.

Cette loin fneilité le rrpeuplement des forêts dans le Maine, il y une dizaine d'années, l'elan américain ne se trouvait plus qu'exceptionnellement.

Cependant, pour s'emparer de La pean et des andouillers de l'élan, plus d'un chasseur s'arenture à l'aft peudant le saison où la éhasse est interdite, Lorsqu'il eroit quil sera découvert, il s'entend

an sujet de la déclaration de contravention avec an ami, qui touche la moitié de l'amende, la Int restitue et partage avec Jui le butin, pa, comes, viande, et, dont la valeur peut être égale à celle de La souume que le eoupable a dû payer. Le chnsseur a ainsi éludé 1 lo, s'est procuré le plaisir d'ane cle chasse et de précieuses douilles,

Ce n'est pas tont de faire des lois, malheureuse.

ment, Il faut encore pouvoir en assurer l'exécution.

Îe conrage à un degré inconcstable pour ceux qui ne l'ont james

entendu, s'élève ares es vaix réunie des voyageurs. Avant que Le ani ait omé de ae faire entendre, Ja plus belle voix à dejà anteuné la chanson par excellence des so ageurs canadiens 1. 5.

A La clairs fontaine Chante, rosiguol, chante, Men allant promener, “Toi quan Le éœut gai à J'ai trouvé eau a belle a dde cœur à ni, Que je my suis Digne Mo, je Pas à pleurer.

AE à longtemps que je vaine, À y 8 logtemps, ke Jamais je ne tons.

J'ai trouvé lea ai balle Tu as Le cœur À rire, Que je my anis brigné ; Moi, je l'ai à pleurer ; Sous lex feuilles d'en chêne Jul perdu me maltieés, 1e me suis fait sécher 3 Comment n'en consoler + 1 à longtemps, &c. 1 y à longtemps, 8e. 8. 7 Sous Je folles d'un chêne J'ai perdu ma maitresse, Ja me aus Dit soc & omment men conso et Sur de pue haute branche our ne blanche rose, La ronge) chantait Que je lui retusl.

y à longteus, ke. À y a longtemps, &e Sur Ia plus hante branche Pour une blanche rose Le rosiguel chantait Que je du refna ; Chants, rosignel, chonte, Je vandrais que Le roue “Foi qui as Le éœnt gui, Ft encore au rosier y à engiemps, ko. De longuspe, de.

Le voudrais que la rose

Fâth la mer jeté.

IL ÿ à longtemps, &c.

Or, rien m'est plus difficile, dans un immense pay: comme le nôtre, couvert en majeure partie de forêts où un grand nombre d'Indiens, et même de Canadiens vivant de la vie des bois, n'ont pas d'autre moyen de subsistance que la chasse. Il faudrait toute une armée de gardes-forestiers! comme dit M. Montpetit. Reconnaissons toutefois que l'éveil a été donné, que les clubs de chasse font des efforts très louables et que les mesures prises par l'autorité, dans ces années dernières, ont eu une efficacité réelle dans un certain nombre de cas.

Ce n'est pas la chasse proprement dite qui dépeuple nos forêts, mais c'est l'extermination, fruit de la recherche effrénée du Iucre et du gain :

Lu Depuis Je premier instant que les Européens ae sont établis dans Le Cnadas” it Le eilbbre explorateur Alexandre Mackenzie, Aa première page de sou journal, “le commerce des palleteries est devenu de La plus grande importance pour cette clone. Les nnburels étaient alors en 6i grand nombre, qu'encouragés parles “ons à pourmivre les animaux dont La fourrure était précieuse, Al en eurent bientôt détruit l'espbce autour des nouveaux établis. semente. Us avaient, À a vérité, fut autrefois Ja chame à ces ai maux ; mai ile ne tunient que œux dont Ja chair leur était néoee. aire pour 6 nourrir, et le peuu pour se vêt

4 Les colons ne tardèrent pa engager es natures qui vivaient ans eur volsinage, à pénétrer dans lintérienr du pays. Quelques uns d'entre eux sccompagnérent même souvent des partis de chas-

murs, ét ils trouvèrent moyen d'ascoutuner les tribus saurages les plus éloignées de leurs établissements, à venir ÿ vendre des péllteries."

Il n'y a pas longtemps les castors étaient encore en grande abondance dans le pays situé autour du lac Kippewa. Depuis que les blancs y ont pénétré, et à mesure que les “chantiers” ont angmenté en nombre dans la forêt, les castors ont à peu près dis para de ette région, et l'Indien, de prospère et indé. pendant qu'il était naguère, y est devenu le plus misérable des hommes, Néanmoins, quoiqu'il recule toujours, au far et à mesure que la colonisation et l'industrie forestière avancent, le castor est encore nombreux, et constitue avec la loutre, le vison, la martre, et le renard, le principal appoint du commerce de fourrures.

Au mois de septembre, les Indiens arrivent en foule au fort de Témiscamingue, Ils viennent s'y approvisionner de munitions, de vêtements, d'effets, de victuailles de toutes sortes, puis ils partent pour leurs territoires de chasse, et on ne les revoit plus qu'au mois de mai suivant. Ils vont aussi loin qu’ils le peuvent, à la recherche des animaux, dont quel. ques espèces diminuent, il est vrai, mais moins encore qu'on ne serait tenté de le croire. Ce qui diminue le plus, s'est lo nombre des Indiens eux-mêmes.

Met sue

noore ur du nétré, té en dis indéplus recule on et

ncore à

on, la mere

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Ces pauvres gens ne s'accommodent guère mieux des progrès de la colonisation que les animaux auxquels ils font Ja guerre pour le profit des blancs. Avee eux disparaîtra le type le plus pittoresque, qui tranche sur la fustidieuse niformité des populations nord-américaines. En même temps que les plas im prévoyants des hommes, ils sont les plus probes, les plus sûrs et les plus confiants, Ce caractère est celui de toutes les tribus indiennes, à très peu d'exceptions près. Mackenzie raconte que M. Pond, un des marchands anglais qui faisaient le commerce de pelleteries,en 1780, dans le pays d'Athabaska, ayant acquis, par l'échange de ses marchandises, Leaucoup plus de pelleteries qu'il ne lui en fallait pour charger

ses canots, fut obligé de déposér toutes celles qu'il ne put embargner, dans une des cabanes qu'il avait construites pour passer l'hiver; et lorsqu'il y retourna l'année suivante, il les trouva daus le même état où il les avait laissées.

En Canada, le modèle par excellence de l'honnêteté indienne, c'est le sauvage “tête. de-boule” qui habite le temitoire du Saint-Maurice. Quoique soumis aux lois, les Indiens les iguorent où ne s'en occupent guère ; mais ils ont entre eux certaines conventions qui les Tient bien plus étroitement que ne le feraient toutes les lois du monde, et auxquelles ils obéissent bien plus

fidèlement, Par exemple, sil arrive à l’un d'eux de passer sur le terrain d'un autre, et qu'il y fasse la rencontre d’un eastor, il pent le tuer et le manger, si la faim le presse; muis il doit en porter la peau au poste le plus voisin et déclarer qu'il a tué l'animal sur le terrain d'un tel. Plus tard, le commis du poste remet à celui-ci la peau qui lui a été confiée, Cette convention ue s'applique pas à l'orignal qui est considéré comme on animal errant, la propriété de celui qui l'abat. Si vous êtes bon, généreux envers l'un d'eux, les sauvages le sauront tous en un clin d'œil et vous seront dévoués sans restriction ni arrière-pensée. Mais, en revanche la n'oublieront jamais le moindre mal que vous leur auxez fait. C'est grâce à ses pro cédés humains, à sa droiture, à sa manière d'agir souvent paternelle envers les sauvages, que la Compagnie de la baie d'Hudson a pu tenir si longtemps sous son contrôle un aussi vaste territoire que le sien. Mais la confance du sauvage ne s'exerce qu'au sujet des choses qui sont à la portée de son intelli-

gence; il se refuse absolument à croire ce qu'il ne comprend pas, ce que ne lui atteste pas le témoignage de ses yeux, on de la tradition ou des no tions communes. M. Rankin, facteur de la Compagnie de la baie d'Hudson au Témiscamingue, nous racontait, lors de notre passage, qu'il n'avait jamais pu fair entrer dans la tête de plusieurs Indiens

qui l'écoutaient, qu'il avait parcouru soixante-dix milles en trois heures. L'idée de chemin de fer était beaucoup trop compliquée pour l'intellect de ses auditeurs, qui n'auraient jamais pu imaginer que leur Manitou lui-même 1 le de conduire une loeomotive.

Un spectacle eurienx, ct qui donne là mesure de la nature enfantine des Indiens, e‘est leur arrivée au poste, après leurs longues courses d'hiver À travers les forêts. I] fant les entendre raconter ce qu'ils ont vu, qu'ils ont fuit, et leurs fatigues et leurs privations et leurs longs jeûnes, et les histoires, toutes plus puériles les unes que les autres, qu'ils ont recueillies en chemin ou dans lesquelles ils ont figuré euxinêmes, la plupart du temps d'une manière un peu merveilleuse, bien entendu ! Au fur et à mesure qu'un nouveau canot amive an poste, tous les sauvages qui sont déjà arrivés accourent an-devant de lui, et alors recommencent les mêmes histoires, augmentées de celles qu'apportent les derniers arrivés. Ce sont des joies, des rires, des étonnements, des exelamatious, des pantomimes les plus expressives, à propos des plus petits incidents, des épisodes on des

Hasards les moins dramatiques. Le commis du poste leur donne à chacun une “torquette” de tabac et une pipe; ils allument un grand feu sur le rivage, s’asscoient autour, les jambes croisées, et prolongent

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jusque bien avant dans la nuit les r'cits auxquels ils s'amusent et s'intéressent comme fout les enfants aux contes de leurs bonnes. Le lendemain, ils vont faire leurs emplettes au magasin du poste, Ce magasin est bien, en vérité ee qui peut leur convenir le mieux. On y voit toute espèce de choses, jusqu’à des peaux de lapins noirs, la plus grande des raretés. On y trouve les articles de confection les plus variés, tous d'excellente étoffe, et des couvertures de laine qui se vendent douze dollars la pièce, et sont fabriquées spécialement et uniquement pour la Compagnie de la baie d'Hudson. Les Indiens achètent tout ce qu'ils peuvent avee le produit des. peaux qu'ils ont apportées. Ils font emplette. des étoffes les plus belles et les plus coûteuses, ainsi que des plus riches flanelles pour les doubler. Rien nest trop beau pour eux. {ls brûlent de pouvoir dire à leurs eguaws, en les revoyant au wrigwam, qu'ils leur apportent ce qu'il y avait de plus cher et de plus éblouissant dans le magasin, en même temps que ce qui les rendra magnifiques eux-mêmes, au jour de la grande fête annuelle. C'est là le seul plaisir que ces pauvres gens ont pendant toute V'année ; mais voilà que cela même va disparaître bientôt devant la marche de la civilisation, comme ont disparu du so! de l'Amérique des nations entières &'Indiens, dont on ne trouve plus le souvenir que dans les romans de Fenimore Cooper.

Le fort de Témiscamingue, nous l'avons vu oidessus, a été fondé il y a cent trente ans. Il a toujours été un poste très important, à la tête de douze petits postes intérieurs, jusqu'à ce que M. Rankin ait, en 1883, transporté à Mattawa le quartier général du district de Témiscamingue. Nous disons “district,” parce que c'est là le nom que la Compagnie de la baie d'Hudson donne aux divisions régionales de son immense territoire, Dans chaque division, il ya un quartier général où demeure le facteur de la Compagnie, et auquel se rattachent un certain nombre de postes secondaires établis dans la division, C'est ainsi que se trouvent compris dans le district de Témiscamingue la sous-division d'Abbitibi, celle du Grand-Lac, celle du lac Barrière, celle du lne Témogami, ele. toutes ‘contenant des postes où

“ forts” rattachés à l'établissement principal, sous la surintendance du facteur, qui est un des officiers supérieurs formant le conseil de la Compagnie de la baie d'Hudson. (1)

) La Compagnie de la baie d'Hudson ‘possède près de cent cinquante établissements où portes qui nécessitent un. personnel de 25 facteurs, 27 cemmis principaux (cHie/ trad rs, ce que l'on pourrait traduire pur “directeurs des achats"), 16 commis di

Depuis la construction du chemin de fer du Pacifique, la malle se rend au Témiscamingue une fois par semaine. Avant cette époque et jusqu'à l'année dernière, c'était le commis du fort qui recevait la malle et qui distribuait les lettres dans les différents postes du district. 11 préparait aussi la malle de Moose-Factory, où se trouve le dernier bureau de poste de lu Compagnie, dans le nord, et l'expédiait trois fois par année, le printemps, l'automne et T'hiver, par des hommes qui faisaient cette course de trois cents milles à la raquette. Chemin faisant, le courrier laissait une partie de sa malle au fort Abbitibi, qui est à cent milles environ de celui de Témiscamingue. (1)

Depuis l'année dernière, il a été établi un bureau de poste à la baie des Pères, spécialement pour les résidents de l'endroit et les colons des cantons avoisinants.

nains, 1200 employés ét serviteurs de toute dénaminition, outre un certain poubre d'hommes qu'elle emploie à des expéditions

(Q) La fctoncrie ie Moose est situe à l'extrémité méridionale dela baie de James. Elle est le priveiqal entrepôt de la Co dans trie a région qué étend entre le baie d'Hudson nu nor de La province de Qué

st de là, ainsi que de le Fiebrerie d'Yark, à Enrope, deux fois par année, ses riches cargusous de pellereries.

era

Jadis, le territoire autour du fort, jusqu'à une certaine distance, avait, dans les documents officiels et sur lacarte du Canada, le nom de “canton”

de Témiscamingue, comme on peut le constater sur une carte de 1853, conservée au poste, et portant la rubrique: Township of Temiscaming, Area: 67,520 acres. Crown Lamds Department, Toronto, —ce qui, traduit en français, signifie : Canton de Témiscamingue ; superficie, 67,520 avres. Département des Terres de la Couronne, Toronto. (1)

(A) Toronto était alers, alternativement avee Québec, la capitale des deux provinees du haut et bas Canada, réunies sons uu seul gouvemement. Anjoard'hni, ces deux provinces, faisant partie, À l'exception de le de Terrenenve, d'une confélération qui em ras tonte l'Amérique britennique, portent respectivement les noms de province, de Québec et de prorinee d'Ontario

UN NOUVEAU PROJET

Nous sommes en pleine ère de chemins de far.

Les projets succèdent aux projets, les lignes nou: velles anx anciennes, ct, sur divers points de leur parcours, les embranchements viennent s’artieuler, comme les membres au corps, pour compléter ce ré seau lestiné avant tout à ouvrir à Ja colonisation et à l'ind «rie des régions qui n'ont eu jusqu'à présent

que des moyens de communication rudimentaires.

Des entreprises considérées comme irréalisables ont été exécutées. Longtemps on avait cru que le cli-5 mat du Canada opposerait des obstacles tonjours in surmontables à l'extension des voies ferrées dan toutes les parties du pays indistinctement, et, à plu forte raison, dans le nord, où il n'y avait pas à douter; disait-on, que la rigueur des hivers ne rendit toute = exploitation de chemin de fer imywssible.

Mais, en même temps que les voies nouvelles, voici que se dessinent des horizons nouveaux, Un

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champ étroit, où l'on marchait à tâtons, incertain de sa voie et du but à atteindre, est devenu, en peu d'années, an champ illimité où les conceptions les plus hardies s'exercent librement, sans étonner personne. Qni n'a présent à ln mémoire le douloureux enfantement du chemin de fer du Nord, et les combats acharnés qui se livrèrent autour de son berceau ? Qui ne se rappelle l'incrédulité, la malveillance, les attaques grossières et violentes qui accueillirent la Compagnie du chemin de fer du lac Saint-Jean, lorsqu'elle déclara au publie qu’elle avait bien réellement l'intention de construire sa ligne ? Quoi! ouvrir un chemin de feren milieu des Laurentides! Quoi! le faire passer À travers cinquante lienes de forêts! Et dans quel but ? Pour rattacher à la capitale provin. ciale une misérable petite colonie de trente à quarante mille âmes, disséminée sur un vaste territoire, ot trop pauvre pour sustenter par son commerce une ligne de cette importance ! Si ce n'était là une gigantesque chimère, à coup sûr, c'était une audacieuse spéculation des directeurs de la Compagnie, qui voulient uniquement exploiter la région forestière en arrière de Québec, et après avoir fait construire, dans ce but, une soixantaine de milles de chemin, se déclarer incapables de continuer les travaux.

Mais, outre qu'elle était sincère, la Compagnie m'avait pas seulement l'intention, comme on va- lé

298 T'OUTAOUAIS SUPÉRIEUR Ê] voir, de rattachur à la capitale la colonie du la Saint-

Jean, mais encore d'ouvrir, avee le temps, à la € lo nisation l'extrême zone septentrionale des vallées du Saint-Maurice et de l'Outaouais.

Il y a à peine quelques années de cela, et déjà le chemin de fer du lae Saint-Jean est construit et complété sur un parcours de cent. quatre-vingt-dix milles. Maîtresse aujourd'hui de la position, forte de son œuvre accomplie, la Compagnie, comme il arrive toujours après les difficultés vaincues, trouve que cette œuvre ne peut suffire et «u’il faut aller plus loin. Ce n'est pasassez d'avoir rattaché la capitale à la vallée du la Saint-Jean par un chemin de fer qui travers soixante lieues de montagnes et de forêts, il faut maintenant relier cette vallée à celle du Saint-Maurice par une ligne entre le lac Edouard et la Tuque, une ligne de trente milles de longueur, suffisante néanmoins pour coloniser cette partie du pays si riche en

forêts et en minéranx, et pour y créer des centres importants de travail et de production.

La Tuque est le grand centre de l'industrie forestière du territoire qu'arrose le Saint-Maurice, industie dont les produits se sont élevés À deux millions de dollars, dans les années prospères. Mais depufs quelques années, ce poste a s1bi une diminue tion considérable, et les intérêts manufacturiers et agricoles s'en sout cruellement sentis. Naguère, on

ne façonnait pas moins de six cent mille billots dans le territoire du Saint-Maurice; maintenant, on en fait à peine cent cinquante mille.

Placé à ln tête de la navigation, (lit une brochure que nous avous sous les yeux), entouré d'un pays aussi fertile que p Loresque, servant d'intérmédiaire an commerce de le baie d'Hudson ave les Trois-Rivières, à portée de conununications faciles et assez rapprochées avec la vallée du ae Saint-Jean par a rivière Croche, le poste de la Tuque promettait bexucoup pour l'avenir, an point de vue du. gommerce et de la eclenisation. Possédaut des pouvoirs hydranligues admirables, et de grandes estacades, pour retenir les bois de commerce provenant des tribatains du Saiut-Monrice, 1 devait attendre beaucoup de l'exploïtatiou industrielle ; et tous ceux qui connaissent quelque chose du Saint-Maurice, dis guaient cet eudroit comme devant se transformer daus un avenir prochain eu une populense et florissante cité.

H'abandon de la ligue de navigation par bat lie autrelois entre les Piles ét ln Tuque pur la conpagnie américaine Philip & Norerese,etla suppression es estacudes du gouvernement, ont détruit ce légitimes espérances pour an temps, c'est-h-dire Jusqu'à ce qu'on puisse rétablir ln navigation à vapeur, où que auelque compagnie puisee constrire une voie ferrée.

Après avoir relié entre elles, par le chemin de fer déla Tuque, les vallées du Saguenay et du Saint Maurice, la Compagnie du lac Saint-Jean se propose de compléter son œuvre en attachant à ces deux vallées celle de l'Outaouais par une ligne, qui, partant d la Tuque, ira droit an nord, suivra la zon6 des lacs de l'Outaouais et ne s'arrêtera qu'à la ban teur du lac Abbitibi, d'où elle enverra deux Lranches, l'une dans la direction du sud, vers le chemin

300 L'OUTAOVAIS SUPÉRIEUR

de fer du Pacifique, l'autre dans la direction du nord, vers la baie d'Hudson.

Le 5 avril 1888, la Compagnie faisait au gouvernement fédéral la demande d’une subvention pour la nouvelle ligne, basée sur les considérations sui-

Le territoire compris entre le lac Mistssini, à l'est, et le lac Nepigon, à l'ouest, Ia “hauteur des terres,” au sud, et la baie de James, au nord, contient environ 120,000 milles ou 75,000,000 d'ucres carrés,

Jusqw'à présent, on a eu sur ce territoire les notions les plus erronées, dont la seule raison d’être était sa proximité de la baie d'Hudson. Il ne faut pas oublier, cependant, que lu factorerie de Moose n'est guère plus au nord que Winnipeg, qu'elle est à pen près sous la même latinde que Londres et Berlin, à 500 milles plus au sud que Saint-Pétersbourg, cupitale de la Russie, et à 600 milles au sud du détroit d'Hudson.

Les rapports de l'Observatoire météorologique de Toronto établissent que la température moyenne à la factorerie de Moose, l'été, est la même que celle de Chicoutimi, dans la province de Québec, et de Dalhousie, dans la province du Nouveau-Brunswick.

TG) Daus ce document, le Compagnie du chemin de fer de québue ét du lo Saint-Jean premit le nom de Compagnie de Québec et de la baie James”

is établissent, en outre, qu'il tombe là bas annuellement moitié moins de neige qu'à Montréal

Le territoire de la baie de James est un pays plat, argileux, enpable de nourrir une nombreuse popular tion, très propre à l'agriculture et à l'élevage du bétail, abondamment boisé, pourvu de minérux et possédant des pêcheries d’une grande valeur.

Le Père Nédelee, oblat, qui a été longtemps misaionnaire à la baie de James, estime que ce pays est abitable, à peu d'endroits près, particulièrement le long de la côte. D'après lui toutes les céréales, à l'exception du blé et du surrasin, ÿ viennent à maturité Plusieurs millions d'hommes pourraient y trouver leur subsistance, grâce à l'omélicration de agriculture et an développement de l'industrie Le maximum de chaleur, l'été, est de cent degrés au-desens de zéro, Fahrenheït, et le maximum de froid, l'hiver, de eimquante-ciny degrés au-dessous, À certains endroits, le climat est meilleur que celui du nord de l'Allemague, de la Lologne, de la Norvége, du nord de l'Ecosse, et de Terreneuve. Règle générale, il ressemble à etui de Québec et du bassin du lac Saint-Jean. On peut dire, sans crainte de tomper où d'induire en erreur, que ee pays est beaucoup plus étendu, plus habitable et vaut bernconp plus que le publie ne se limagine d'ordinaire. Qu'étais 1e Canada, il y a deux cents ans? Qu'étaient les Etata-

Unis ? La province de Québec ne devrait yas tarder à prendre possession de la partie du territoire hudsonien qui lui revient de droit ; et la « Compagnie du chemin de fer de Québec et de la baie de James” devrait, de son côté, ÿ fonder des colouies d'Acadiens, et y expédier un vapeur pour faire des explorations et jréparer les établissements, en attendant la construction de sa ligue.

Le Père Paradis, dont il a été plus d'une fois question dans cet ouvrage, affirme que les plus belles forêts d’épinettes de l'Amérique se rencontrent entre leluc Abbitibi et la buie de James ; que le sol de ce pays donne d'excellentes récoltes de pommes de terre ; que l'avoine et l'orge ÿ réusairaient parfaitement; que

le foin sauvage, la meilleure nourriture du bétail, y est abondant ; enfin, que les outardes et les canards s'y trouvent en nombre incalculable. (1) Le Père Païadis n'hésite pas à recommander la construction d'un chemin de fer entre Québec et la baie de James, 11 ajoute que la baie devient navigable dès la première quinzaine de mai, et que la débâcle a lieu vers la fin d'avril dans les rivières qui s'y jettent.

D'après le docteur Bell, de la Commission géologique, il se trouve beaucoup de bonne terre dans le

{G) Ajoutons un détail enractéristique ; nt que les Iudieus de ectte region sont venus de fournir annuellement à a Compaguie de Je baie d'Hudson trente-cinq mile aies sauvages

bassin de la rivière Moose, entre le versant des grands laes et le commencement du pays plat, an sudouest de la baie de James.

Le climat, l'hiver comme l'été, ressemble à celui du comté de Rimouski. L'été n'est pas aussi chaud, ni Y'hiver aussi froid qu'à Winnipeg. La quantité de neige qui tombe annuellement est d'environ trois pieds d'épaisseur ; ee qui est moins qu'à Québec.

Les pommes de terre ét toutes les racines légumineuses y viennent remarquablement bien. De même le foin. L'orge et le seigle pourraient s'y cultiveravec profit.

Le docteur Bell dit avoir constaté, par plus d'une expérience personnelle, que toutes les plantes de champ et de jardin, qui poussent dans le comté de Rimouski, mûrissent également aux postes de New- Brunswick et de Norfolk, sur la rivière Abbitibi.

La terre, à la factorerie de Moose, est compacte et froide ; cependant, les légumes, tels que patates, fèves, pois, navets, earottes, choux, oignons, ÿ réussissent.

Le pin, rouge et blanc, croît dans le bassin méridional de la rivière Moose ; mis les essences forestières les plus abondantes de ce pays sont l'épinette, soit blanche ou noire, le cèdre blanc, le tamarac, le tremble et le bouleau. L'exploitation en serait certainement Iuerative. L'industrie peut également tirer un partitrès avantageux des mines qui sy

trouvent en quantité, et particulièrement de celles de fer et de gypse.

Si l'on construisait un chemin de fer jusqu'au sud de la baie de James, et qu’un bateau À vapeur, partant de ce point, fit des voyages réguliers le long dé la côte orientale, il y aurait affluence de voyageurs du Canada et des Etats-Unis vers ces rives pittoresques et grandiosés à la fois, qui jouissent, pendant deux où trois mois dé l'année, d’une température agréable, ét qui possèdent éncore tout l'attrait ét le prestige de l'inconnu, (1)

De sa source à la tête da Témiscamingne, l'Outéotais coule de l'est à l'ouest, comme on l'a vu plus haut, et ne s'éloigne qu'à de courts intervalles de la “ haüteur des terres,” limite septentrionale actvelle da la provinée de Québec. Il offre donc une route uaturelle à un chemin de fer, et des avantages exceptionnels à la colonisation, qui se trouverait comme transportée, du jour au lendemain, dans cette région favorisée, sans avoir à traverser lentement, jas à pas, étape par étape et d'un eanton à l'autre, le vaste

2) 1 et plus que probable que la province de Québec obtiendre bientôt passession du ternitoire de le baie de James. Dans co cas, le meilleur moyen de coloniser ee territeire serait d'envoyer, aussi At que possible, de Quebec à le fuctorerie de Moose, un stramer portant un ceriaiu ombre de nos vigauteux vationaux, avec leurs familles. Ce noyau de colonie ne tarderait pas à grandir età cou “rs uné bonne jurtle du ceritôire.

pays d'intérieur que l'Outaouais enserre dans son cours semi-cireulaire.

La création de cette route, dans la pensée des auteurs du projet, aurait les résultats suivants : ouvrir la vallée du Saint-Maurice, la partie septentrionale des comtés d'Ottawa et de Pontise, le pays de Témiscamingue, les portions colonisables de l'Abbitibi, et, plus tard, la région entre le lac Abbitibi et la bais d'Hudson; diriger directement et rapidement sur le port de Québec l'immense production forestière de l'Outaouais supérieur.

Ce dessein, quelque vaste qu'il soit, rentre dens l'ordre des choses dont l'avenir nous réserve l’accomplissement. Le corollaire nécessaire de l'établisses ment du Nord-Ouest, et du nord des provinces d'Ontario et de Québec, c'est la construction d’une ligue directe entre les centres de l'Ouest et un port de l'Est situé à peu près sous la même latitude, que ce soit sur le fleuve, à Tadoussac, ou dans le golfe en deçà du détroit de Belle-Tsle, ou enfin sur la côte du Labrador terreneuvien. La compagnie du chemin de fer du lac Saint-Jean est en mesure d'offrir au commerce un port à Tadoussac, par la continue tion de sa ligne actuelle jusqu'à cet endroit. Plus tard, quand on aura construit, comme le veut la force des choses, une ligne reliant le Manitoba à un port de l'Est, par le nord du lac Nepigon et de la

province d'Ontario, la voie projetée pourra en former la section orientale.

C'est ce que l'on peut constater aisément en jetant in coup d'œil sur l carte. Une ligue droite, tirée de Winnipeg à Halifax, passe par la ville de Québec et est plus courte de trois cents milles, que la route suivie par le chemin de fer da Pacifique, outre qu’elle passe entièrement en pays canadien. Voilà pourquoi la construction d'une ligne directe entre les deux villes s'imposera un jour comme une nécessité nationale : et, ce jour-là, si la voie projetée entre la Tuque et l’Abbitibi est construite, elle formera, comme nous le disons ci-dessus, la partie orientale de cette ligne,

Tel est, en quelques mots, l'exposé de ce “ nouveau projet,” qui vient d'éclore au moment où nous écrivions la dernière page de ce livre que nous offrons au public, malgré toutes ses lneunes et ses défectuosités.… Nous n'avons pas voulu le finir sans donner à un dessein de cette portée, et de cette conségnence pour la région que nous avons décrite, les honneurs d'une large publicité. Et maintenant, que les mots qui fonnent le titre de notre ouvrage soient aussi ceux qui le terminent! Ce petit livre m'a-t-il pas démontré que le jour n'est pas éloigné où les habitants de l'est et de l'onest de l'Amérique canadienne se visiteronti les uns les autres en passant par YOUTAOUAIS SUPÉRIEUR?

(LE PHOSPHATE

Au tableau de 1e pioduoton du phosphate que nous uvons présenté à lu page 224 de cet ouvrage, nous devons, pour l'instrucion complète du lecteur, mjeuterle tableau suivant tiré du ape sport fait par M. Obalski en 1888. On y verra les quantités de phosphate exp rtées chaque aunée, de 1877 à 1887 inclusiveent. en regard, et l'on eonstatera l'imle dollers

ment, ave les prix de

portance croisante d'ne indnatrie

qui, de cinquante

à peine qu'elle rapport, il» dix ans, a vu lu valeur de sa

production s'élever à près d'un demi-aition en 1885. BHOSPHATE (Expertation|

1877 2,823 tonnes 8 47,084 00 1878 « 195,881 00 1870. “ 101,470 00 1880... 178,684 00 1881. ai m 1882. “ w “ 427,168 00

“ 415,360 où

168,481 tounes

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la Sur le Lièvre! Gal

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11 existe, eu outre, de monibreuses compasnies possédant de tn Fons terrains, ms ie travaillant pre régulièrement. Citons eno0es deux moulins à meudre et à concentrer les phosyihates de qualité inférieure, qui permettent d'obtenir un produit moulu d'une teneur de 65%. Ces moulins, qui me nécessitent qu'un persoumel de quelques hommes, péiVeut produire, le premier, 16 tounes qur jour, et Je second, 8 tmues. Ils fonctionnent depuis quelques années et donnent pleine satisfaction à leurs compagnies.

Mais Les chiffres cités plus haut et les dutails qui les acvom paguent, quoiqu'il puissent attirer l'attention du lecteur, ne aa aient douner qu'une bien fuib.e idée de la valeur des mines-de phosphate de l'Outrouris. Cette valeur, on ne la connaîtra bien que lonqu'elles pourro.t être euuièrement exploitées, grâce à l'établiss ment d'un sy-tème de commuuieutious répondant à tons Les besoins.

Jusqu'à présent, l'Aciguement, l'absruce de moyens de comte icatiou, la diffenlté ou les prix excossifs de transport out empéché d'exploitation de plus d'une mine d'une richesse extraordinaire.

Lee qu'on peut afirmer, notamment au sujet de bou némbre de mines

situées dans le bassin de la Gatineau. Pour les exploiter avec profit, on attend plus que la construction du chemin de fer dit 4 de in Gatinean,” entre Hull et les cantons les plus éloignés qu aigue la rivière de 0e nom.

Malgré les désavantages actuels et les entraves qu'elle subit,

Vivdustrie des phosphate a'en a pas moins pris un scans grand

essor pour que deux mines aient été rendues récemment plus de trois cent mille dollars.

On caleule qu'il ya aujourd'hui environ seize cents ouvriers employés dans l'exploitation totale

Des hommes compétents sont jusqu'à dire qu'un jour les mines de phosphate donneront an gouvernement un revenu aussi éievé que celui que donne le bois. IL me faudrait peut-être pas trop us âter de taxer ce hommes-là d'exagération.

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