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LAC

dental de la ligne de faîte, et appartient par conséquent au système des eaux qui se déversent dans le lac Huron.

L’extrême longueur du lac Nipissing, d’une forme irrégulière, atteint trente nilles, de l'est à l’ouest, et sa largeur extrême, du nord au sud, est d'environ vingt milles. On peut évaluer sa superficie à six cents milles carrés, en chiffres ronds. Sa hauteur est de six cent trente-deux pieds au-dessus du niveau de la mer.

La rive septentrionale du lac consiste en rochers grauitiques de peu d'élévation ; mais sur la rive sud, les rochers primitifs se dressent hardiment au-dessus de l'eau, qui atteint parfois jusqu’à trente brasses de

profondeur, et, généralement, au moins trois brasses

le long des bords.

La décharge du Nipissing se fait par la célèbre rivière des Français, laquelle porte le tribut de ses eaux au lac Huron, après une succession de cascades. Ces cascades réunies opèrent une descente de soixante pieds environ. La première s'appelle la Chandière ; puis viennent, dans l'ordre suivant, le rapide des Pins, celui des Grands-Récollets et celui des Petites- Dalles.

La rivière des Français se verse dans le lac Huron par une multitude de chenaux différents, que forment des groupes nombreux de petites îles. La rivière elle-même, quoique s’'évasant parfois en un large bassin, est divisée en deux chenaux principaux sur la plus grande partie de son cours.

On peut, à proprement parler, dire que la rivière des Français est plutôt une suite de lacs qu’un cours d'eau continu. Entre les différents rapides, la profondeur de l'eau est relativement très grande; les intervalles de uappes liquides sont semés d’ilots,

revêtus À profusion de cèdres et de sapins, et présentant toutes les formes possibles de la beanté pittoresque ; pendant que, çà et là, de larges baies découpent le rivage jusqu'à des profondeurs telles, que de grandes flottes pourraient y trouver un mouillage, sans qu’on pôt les apercevoir à travers l'infini labyrinthe des îles. En dehors des baies, le cours proprement dit de la rivière ressemble plutôt à une passe étroite, n'ayant pas plus de deux à trois cents pieds de largeur, et encaissée entre des falaises gigantesques de granit, sans rives.

Chaque fois que l'on pénètre dans un bassin nou-

veau, il semble que les îles deviennent de plus en 5 en plus variées.

plus nombreuses, les baies de pl Ce spectnele est d’une beanté magique telle, les défilés, les bassins et les baies offrent une multiplicité d'aspects si inattendue, si saisissante, qu’on croit avoir devant les yeux un décor féerique à chaque instant renouvelé, et la pensée se reporte naturellement au panorama des Mille-Iles du Saint-Laurent. Celui-ci reste néanmoins, comme magnificence et comme enchantement, bien au-dessous de celui qu'offre, dans ses lointaines et obscures retraites, l’admirable, poétique et solitaire rivière des Français.

Depuis la construction du chemin de fer du Pacifique;la partie de la province d’Ontario ni porte le nom de district de Nipissing, sise au nord-est des districts de Parry-Sound et de Muskoka et au nord dela baie Georgienne, entre les 79° et 81° degrés de longitude, a été rapidement divisée en cantons, dont quelques-uns ont déjà acquis un développement marqué. Citons, entre autres, les deux cantons de Ferris et de Bon. field, qui aboutissent, celui-ci au lac Talon, celui-là

au lac à la Truite, en longeant la côte orientale du lac Nipissing. Ces deux cantons sont traversés par le lac Nasbonsing. à l'extrémité duquel se trouve la station de Calendar, village improvisé dont l'année 1884 vit bâtir les premières log-houses.

Le canton Bonfeld doit son nom à un riche commergant de bois qui possédait de grandes concessions de coupes dans le district de Nipissing. Le 4 avril 1886, ce canton fut érigé en paroisse, sous le vocable de Sainte-Philomène, par Mgr Lorrain, vicaire apostolique de Pontiac, et constitué en municipalité le mois d'octobre suivant.

Déjà l'on y compte près de deux cents familles franco-canadiennes et septou huit familles irlandaises ; les familles anglaises, protestantes, y sont an nombre d’une trentaine,

Ce sont des Canadieus-Français qui dirigent les affaires municipales, de même que celles des trois écoles catholiques établies dans le canton. Ils ont bâti une église au pied du lac Nasbonsing, à vingt arpents de la station de Calendar, et une trentaine de maisons, entre ce point et le lac. Eglise et maisons ne sont ni élégantes, ni coûteuses, ni même bien solides ; mais leur érection n’en offre pas moins un indice des progrès rapides de l'élément franco-canadien dans ces parages reculés. Et ce qui

démontre encore davantage jusqu'à quel point ces progrès s’accentuent de jour en jour, c'est qu'il est question de démembrer le diocèse de Toronto et de

créer un vicariat apostolique au Sault-Sainte-Marie.

Une distance de treize milles à peine sépare de Bonfeld le canton Mattawan. Un chemin qui se construit actuellement les mettra en communication directe avant la fin de la présente année. Bonfield est à vingt-trois milles tout au plus de North-Bay, endroit d'avenir, déjà très animé, qui se trouve sur le parcours de la ligne du Pacifique, au nord du lac Nipissing.

Il restait encore, au commencement de 1888, une centaine de lots à prendre dans la paroisse de Saiute- Philomène, Pour entrer en possession, les colons n’ont presque rien à débourser, les terres étant données gratuitement, dans Ontario, par le gouvernement. Un père de famille peut prendre deux lots ; un jeune homme de plus de dix-huit aus peut en prendre un. Pour faire inscrire une concession de lots au bureau

de l'agent des terres, un colon n’a d’autres formalités

à remplir que de se présenter avec deux témoins qui déclarent sous serment que les lots ne sont pas occupés. Puis il paie un dollar et demi et devient propriétaire des lots qu’il a retenus, À la seule condition de se bâtir une maison, de faire de la terre et de payer les taxes municipales. Cinq ans après la formalité de l'inscription, le colon recoit son titre de propriété.

Les lots pris dès l'établissement du canton ne sont encore qu'imparfaitement défrichés, cela se congoit. Cependant, ceux d’entre eux, d’une contenance de cent soixante acres, qui ont environ quarante acres en culture et qui occupent une localité favorable, ne valent jas moins de quinze à dix-huit cents dollars ; et, dans cinq ans d'ici, ils en vaudront assurément quatre mille, pour peu que les colons mettent de diligence et d'intelligence à les améliorer.

Les cantons que traverse le chemin du Pacifique, entre Pembroke et North-Bay, offrent tous, au pre-

imier aspect, de même que la rive de l'Outaouais, une longue arête presque uniforme d’escarpements plus où moins monstrueux, derrière lesquels se déploie un pays plat dont on serait loin de soupçonner Ja fertilité, Ce pays est propre à la culture de toutes es espèces de produits que l'on récolte dans la province de Québec.

Le climat est très favomble à a santé aiusi qu'à l'agriculture, dit un missionnaire de Bonfield. La neige arrive vers la aminovembre et avec le froid, mais pas aussi terrible que daus les environs de Québec. Jamais plus de trois pouces de neige et aussi, au dire de eeux qui ÿ sout établis depuis six et septans, jamais de tempêtes qui aient duré un jour.

Dès le quinze avril, la neige et la glace ne sout plus qu'un sou venir, en sorte qu’il est aisé de commencer de bonne heure Les travaux des champs.

L'été est chauil, iris ce n’est pas une chaleur accablante ; cela est suns doute dû au voisinage des forêts et de nombreux lues de toute grandeur, dont l’euu toujours froide est excellente À boire,

L'automne, depuis deux aus, & eté Lieu beau.

Les gelées n'ont aucunement fait dommage aux grains semés en temps raisonab.e le printewps.

Les révoltes ont été bounes non seulement sous le rapport de la

qualité, mais aussi de la quantité du grain. Le mil et le trèfle donnent bon rapport.

Partout le sol repose sur un fond d'argile cumpacte ; les gens de l'endroit le désignent, selon son caractère dominant, sous les noms de “terre jaune,

toujours fraîche et facile à travailler,” de “terre

jaune légère,” et de “terre grise.” Celle-ci comprend ce qu'on appelle le iries de castors,” pièces de terre déboisées, jadis submergées par les écluses des castors et aujourd’hui couvertes de foin.

On rencontre de ces prairies un peu partout ; elles sont pour la plupart faciles à égoutter et à semer de mil (féole des prés).

Les castors étaient autrefois très nombreux dans

tout le district du Nipissing. On peut même faire remonter à plusieurs siècles leurs ingénieuses constructions aquatiques. Ces intelligents et diligents animaux élevaient des barrages sur les ruisseaux et les petites rivières, et inondaient ainsi de grandes étendues de forêts, les transformant en lagunes, autour desquelles ils établissaient leurs colonies et construisaient leurs demeures à double étage. L'eau, rendue stagnante, ne tardait pas à pourrir les racines des arbres ; l’un après l’autre, lentement mais sans relâche, pendant de longues périodes de teinps, ceux-ci tombaient, s’entassaient duns la lagune et la satu

de leur matière en décomposition, qui, à son tour, s’enfonçait et formait üne épaisse cuuche inférieure de terre végétale. Avec le temps, les bi

castors étaient brisés et emportés pur les inondations ; la petite rivière reprenait son cours primitif dans un lit étroit, et tout l’espaee environnant était bientôt

couvert d’un brilliant tapis de verdure et de fleurs sauvages, champ de pâturage favori des élans, des cerfs et des chevrenils, en attendant qu’il devint plus tard un riche champ de fourrage pour le bétail du colon.

On ne saurait se figurer les terribles ravages accomplis par le feu sur tonte la surface de cette région. Des centaines de milles y ont passé ; l'œil m'aperçoit souvent, jusqu'aux horisons les plus

lointains, que d'immenses étendues absolument dé-

vastées. Les arbres, déjouillés de leurs branches, noircis, mais restés debout, pourrissent lentement dans une atmosphère éclatante et répandent un masque d'horreur sur lt nature agonisant à leurs pieds. Cette forêt décharnée, grelottante, qui plonge dans ses propres cendres ses racines encore vivaces, semble crépiter et craquer encore comme si l’ardente flamme, réfagiée dans ses troncs, la dévorait mystérieusement, On dirait de loin une armée confuse de squelettes, restés debout dans la mort et brandissant toute espèce de tronçons d'armes et des hampes de drapeaux déchiquetés.

C’est au nord du district de Nipissing que se trouve le lac Tamacamingue, autre magnifique nappe d’eau d'une étonnante limpidité, pleine d'îles et bordée de rivages qui offrent une étrange physionomie, avec leurs montagnes à demi sorties de terre et leurs forêts à demi renaissantes sous leurs cendres,

Ce lac a deux débonchés, l'un an snd, par la rivière Esturgeon, qui va au lac Nipissing; l'autre au nord» par un cours d’eau qui va rejoindre la rivière de Montréal, laquelle tombe dans l'Outaouais, comme on l'a vu précédemment,

La compagnie de la baie d'Hudson y a un poste, sur L'ile anx Ours, où se sont rassemblées une vingtaine de familles indiennes.

Le Tamacamingue est très poissonneux. Il s glace vers le commencement de décembre, et dégèle

entièrement vers le milieu de mai.

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