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huit millions d’acres carrés. On le divise généralement en deux parties, réunies entre elles par une étroite passe que l’on appelle en anglais ‘The Narrows ”; c’est là que se trouvent les deux établissements de la mission des Oblats et du fort dela compaguie de la Baie d'Hudson.
La partie supérieure, qui a bien plus que l’autre la physionomie proprement dite d’un lac, a une lon: gueur d'environ vingt-quatre milles. Sa largeur, qui atceint de 6 à 8 milles, apparaît échancrée de baies et bordée de rivages qui saillissent çà et là, sous forme de promontoires hardis et de falaises plus ou moins éscarpées et abruptes.
Les deux plus grands tributaires du lac, qui sont la rivière Montréal et la rivière Blanche, parcourent tous deux la côte occidentale, dans la province d’Ontario, tandis que la Kippewa et la Loutre coulent à l'est, dans la province de Québec.
La rivière Montréal, l’affluent le plus considérable en étendue et en volume, prend sa source à la ligne de partage des eaux, vers le 48e degré, court environ 60 milles vers l’est, 60 autres milles dans la direction du sud-est, et se décharge par plusieurs embouchures vers le milieu du lac, à 12 milles plus bas que la Mission.
De récentes explorations ont fait découvrir qu'il y avait, entre la ligne frontière des deux provinces
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d’Ontario et de Québec et la rivière Montréal, toute une contrée à peu près inconnue, qui ne renferme pas moins de mille milles carrés d’un sol avantageusement cultivable,
On y voyait naguère d’admirables forêts de pin, mais depuis 1866, des incendies répétés les ont presque entièrement détruites.
La rivière Blanche arrose une étendue de terre argileuse de près de 600 milles earrés, équivalent à douze cantons de 50 milles chacun en superficie ; c’est là la rlus grande étendue de terre arable, en une seule section, de toutes les parties de la province d’Ontario non eucore colonisées.
Cette rivière, qui tire son nom de la couleur trouble de ses eaux, est navigable jusqu’à 30 milles de sou embouchure, à travers un pays plat dont le sol a été reconnu excellent, partout où l’on a poussé les explorations. Ce pays constitue le bassin proprement dit. Il n’a pas encore de délimitation bien précise ; mais on peut considérer en général son climat comme analogue à celui des bords du St. Laurent.
Ajoutons qu’il est couvert de vigoureuses forêts de bois dur, mais entièrement dépourvu de pin, à l'exception de quelques maigres futaies que l’on trouve sur les bords d’un lac d’où la rivière prend sa source, à la ‘hauteur des terres.” Mais là où la rivière débouche dans le Témiscamingue, près de la
MÉRITE ns à
ligne frontière des deux provinces, le pin croît encore en abondance.
La rivière Blanche, dont l'embouchure forme un véritable delta, a une largeur moyenne de trois cent cinquante pieds et est navigable, même aux basses eaux de l'été, pour des vaisseaux d’une capacité moyenne. Au printemps, elle déborde et submerge les tles situées à son embouchure, et, durant tout l'été et l'automne, elle tient presque noyées sous ses eaux de vastes et riches prairies de foin naturel, Ce foin est la nourriture par excellence des chevaux et des quelques bêtes à cornes que les rares colons de l'endroit
possèdent encore jusqu’à présent. Ils le coupent, de
même que les Indiens, en août et en septembre, l’entassent sur les lieux, et, l'hiver venu, le transportent à leurs demeures respectives.
La rivière Blanche contient bon nombre de cas-
cades et de rapides qui peuvent être utilisés comme
d'excellents pouvoirs hydrauliques. La vitesse de son courant Varie suivant les différentes époques de l’année : en juillet, elle atteint deux milles à l’heure tandis qu’en septembre, époque des basses eaux, elle ne dépasse pas un mille.
La rivière abonde en poissons d’espèces recherchées, telles que le brochet, l’anguille, le poisson blanc et le brocheton. L’orme, le bouleau, le frêne: l’épinette rouge, l’épinette blanche la plus belle de