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toute la province d'Ontario, le cèdre et jusqu’à l'érable et au chêne lui font des denx côtés une bordure de
forêts où vivent et se muitiplient, loin de la poursuite
de l’homme, les orignaux et les caribous, ces fauves majestueux, élancés, rapides comme le vent, qui restent encore, après des chasses acharnées, les derniers grands hôtes de nos bois.
Le pays situé à l’est du lac, dans la province de Québec, forme une admirable série d’ondulations, sans montagnes, sans rochers, où croïssent lé pin
‘blanc, l’épinette, le cèdre, le sapin, le tremble et le ‘bouleau. Quelquefois aussi, à de rares intervalles, on
y trouve des érables et des merisiers par groupes clairsemés et solitaires. Ces ondulations, qui s’étendent sur des centaines de milles, offrent le plus beau champ possible à la colonisation, outre que le climat y est moins rigoureux et plus uniforme que dans beaucoup d’endroits situés sur les bords du St. Lau. rent.
Il faut remarquer que la région du Témiscamingue est à peu près sous la même latitude que celle du lac St. Jean, et que plus on avance vers l’ouest, moins la rigueur du climat se fait sentir. Le printemps y
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arrive aussitôt qu’à Trois-Rivières, et l'automne finit aussi tard. Les fermes qui ont été ouvertes jusqu’à présent, sur les bords du lac, produisent toutes sortes de légumes et de céréales, et, à l’embouchure de la Loutre, les marais formés par les sédiments que charroie cette rivière donnent naissance à de superbes prairies de foin sauvage, semblables à celles qui se trouvent à l'embouchure de la rivière Blanche.
‘6 C’est ici, disait le Père Para:lis, un vaste pays de colonisation, renfermant non seulement quelques cantons, maïs à vrai dire toute une province de bonne terre. Ordinairement, le touriste qui remonte d’Outaouais, voyageant depuis Pembroke entre des masses de granit, de gneiss de formation laurentienne ou huronienne, s’imagine qu’il ne doit y avoir qu’ure succession non interrompue de montagnes bouleversées et de rochers dénudés
jusqu'au pôle nord. En adinirant les points de vue de Témisca-
mingue, dignes des Alpes et de la S:isse, il ne soupçonne pas qu’à un mille du rivage, quelquefois à cinq arpents, il se trouve un sol uni, aussi fertile, aussi facile aux travaux de Îa culture que celui des environs de Montréal.”
Du reste, en dehors de sa situation géographique, il ne faut pas oublier que le climat d’une contrée dépend de circonstances nombreuses qui, toutes, influent sur sa production. Un long été, par exemple, n’active pas plus la production et la maturité des végétaux qu’un été plus court, avec une atmosphère plus pure et plus brillante. Aïnsi, les côtes de la mer, par tout le Dominion, où l'été est le plus long, demandent d'autant plus de temps pour la maturité
ion, dire riste > des huro- 1 non audés nisCa- = qu’à n 80l » celui
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des céréales qu’elles sentent moins les rayons du soleil et que l’atmosphère y est moins nette et moins claire, Au point de vue du climat, Gaspé et le Lac St. Jean sont aussi propres à la culture des grains que le Nord-Ouest. Pour le prouver, il suffit de dire que certaines plantes, qui demandent plus de temps pour môûrir que les grains, mûrissent très-bien autour des lacs St. Jean et Témiscamingue. Les gelées d'été n’y sont pas plus fréquentes que dans certaines parties d'Ontario. Du reste, ces gelées se produisent dans les bas-fonds et non dans les terrains bien exposés, et les plantes que l’on trouve jusque dans le voisinage de la Baie d'Hudson indiquent que le climat n’y est pas plus rigoureux que celui de Québec.
Le gouvernement de la province d’Ontario a tellement bien compris l'importance et la valeur d’une région comme celle du Témiscamingue que, depuis plusieurs années, il ne cesse de faire tous ses efforts pour y développer la colonisation. L'année dernière encore, il a fait délimiter et arpenter en partie huit cantons nouveaux à la tête du lac. Il avait agi jadis de la même manière à l'égard des vastes territoires connus respectivement sous les noms de Muskoka, de Parry Sound et de Nipissing. Avant l'adoption de “ l’Acte des Terres Gratuites,” passé immédiatement après la Confédération, ces territoires n'étaient qu’une immense solitude ; aujourd’hui on y compte
au-delà de cent cantons. A l’origine il ne s’y trouvait pas un seul habitant ; à l’heure actuelle, la populatior. dépasse quarante mille âmes et elle envoie des
représentants aux deux chambres, ‘édérale et provin-
ciale.
Pour ouvrir et coloniser la région du Témiscamingüe, les habitants de North Bay, (endroit situé sur le lae Nipissingue, où il n’y avait pas une âme ilya quatre ans, et qui en renferme aujourd’hui sept à huit cents) ont songé à la construction d’un chemin de fer.
Le 2 février dernier, ils se sont réunis en assemblée ét ont adopté üne série de “résolutions ” engageant le gouvernement d'Ontario à construire uné voie ferrée depuis North Bay, qui esi sur le parcours du Pacifique canadien, jusqu'aux bords du lac Témiscamingue et, de là jusqu’à la baie James, laquelle forme l'extrémité inférieure de l'immensé mer du nord appelée Baie d'Hudson.
Si ce projet reçoit son accomplissement, la région du Témiscamimgue se trouvéra avoir, dans un avenir prochain, deux voies de communication avec le chemin de fer du Pacifique, la route de Mattawa, moitié par chemin de fer et moitié par eau, ét la route projetée par le chemin de fer de North Bay.
L'OUTAQUAIS SUPÉRIEUR 155 (l
. | | 3 Fr ri I ni: | :1 ji | à La sortie du lac Témiscamingue, en remontant ll il e l'Outaouais, s'opère par la rivière des Quinze, nom jl RE " qui lui vient de quinze rapides en succession qui : | | it forment la majeure partie de son cours, et quelle a ! 1408 LÉ donné à son tour au lac si irrégulièrement et si sin- a n- gulièrement formé d’où elle s'échappe. | 54 Le lac des ! ninze, de même que le lac Témiscamin- 1j te | ne gue, n’est autre chose, on le sait, qu’un élargisse- : 10 Le ment de l'Outaouais. Il en est ainsi du vaste lac Qu 187. Migizowaja situé plus haut, d’où, en remontant tou- : | le jours l'Outaouais, après avoir fait portage le long de ‘1 vil du. plusieurs rapides, on arrive à la branche sud-est de | 1 1 la rivière Abittibi, un peu en-decà du 48e degré de : 1800
ion latitude. C’est de ce dernier point qu’on se met en nie ir route pour les grands lacs Abittibi qui se trouvent à Hi: { he- peu près au tiers du chemin entre le lac Nipissingne 114 4
jitié et la baie James. k ro- i
Cette route pénible, fastidieuse, interceptée par des marais et des savanes, qui se fait, tantôt à travers de grandes étendues de forêts, tantôt le long des cours d’eau coupés de rapides qui servent de traits d’uuion entre les différents lacs, n’est guère connue
encore de nos jours et n’a guère été suivie que par les missionnaires et les indiens chasseurs,
En ligne droite, on compte, entre le lac Témiscamingue et les lacs Abittibi, environ 80 milles, à travers un pays légèrement montueux et en général ondulé, dans lequel de nombreux petits lacs, semés de tous côtés, partagés eux-mêmes en autant de chenaux différents par les îlots qu’ils renferment, constituent de véritables labyrinthes.
La plus g grande partie de cette région a passé au feu et est couverte d’une deuxième pousse,
Le sous-sol est formé d'argile bleue étendue d’une couche plus ou moins épaisse de terre végétale. Au reste, toute cette immense contrée qui s'étend au nord-ouest, de notre province, jusqu’au 50e degré de latitude, et, de là, sur tout le norä de la province d'Ontario, jusqu’au lac Supérieur, embrassant près de trois degrés de latitude et une profondeur de plus de deux cents milles, est caractérisée par la formation. argilense inférieure, indice d’ une terre fertile, qui est restée seule intacte, alors que les feux de forêts avaient brûlé et desséché tout le sol qui la recouvrait. C'est grâce à elle si tout ce vaste pays n’a pas été complètement stérilisé, et si, toutes les fois qu’on y à fait des essais partiels de culture, les résultats obtenüs ont émérveillé ceux qui croyaient toute culture impossible au-delà d’une latitude déterminée,
LOUTAOUAIS SUPÉRIEUR
Ce que l'on redoute le plus, ce sont les gelées, et l'on croit que les gelées suivent un développement
graduel et régulier, au fur et à mesure qu’ on aVance
vers le nord. Mais les geléees dépendent en grande
MY partie de la nature du terrain, et les terrains argi-
leux y sont plus exposés que les autres, parce qu “ls
sont froids et humides ; mais aussi, l'on peut les y combattre plus aisément par le drainage. C’est ainsi qu’on a combattu les gelées qui étaient très fréquentes dans les grands comtés de, Grey et de. Wellington, à l’origine de ces établissements, et maintenant elles ne sont plus à redouter. Il en. sera ainsi dans toute la contrée qui s'étend au nord des
lacs Nipissingue, Témiscamingue et Abittibi, jusquà
la baie James elle-même, Toutes les récentes explorations s'accordent à reconnaître l'excellence de ce pays dont on compare le climat à celui-là même des environs de Montréal ; et, quant à sa richesse forestière, elle doit être énorme, puisque l'exploitation ne s’y est pas encore exercée.
Daus le pays qu’arrosent les tributaires de la Baie d'Hudson et que la province d’Ontario réclame, on
voit d'immenses forêts d’épinette, de tamarac et de
bouleau. Sans doute, avant longtemps, le chemin
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de fer en apportera des quantités considérables qui auront été tirées principalement de la région appelée “ le plateau argileux du nord,” où l’on voit fréquemment de la terre arable d'excellente qualité et où l’on trouve en outre des dépôts de houille, dans le bassin inférieur de la rivière Moose.
Quant au pays situé entre la limite nord de la province de Québec et la Baie d'Hudson, quoique le pin y pousse notamment jusqu’à vingt milles au-delà de la limite, vers les portages qui aboutissent au lac Abbittibi, il renferme bien moins de bois de commerce ou de terre propre à la culture, On attribue ce fait, comme on en a fait récemment la découverte, à ce que les belles forêts qui bordent les rivières, principalement au nord du lac Abbittibi, ont souvent moins d’un mille de profondeur, et qu’au-delà tout le terrain est couvert de tourbières d’une grande épaisseur, l’humidité du climat y étant très favo-
* rable au développement des plantes, dont la décom-
position, à mesure qu’elle s'effectue, produit les tourbières et en épaissit graduellement les couches: L’énorme quantité de combustible qu’elles accumulent peut donner à ces tourbières une valeur incalculable, d'autant plus que ce combustible se vendrait aisément dans nos villes à des prix modérés, pour l'usage domestique ou pour de nombreux travaux industriels ; d'autre part, le sol qui s'étend au-dessous de
ces tourbières, étant naturellement rétentif et résisr tant, donnerait en outre, aussitôt mis à découvert, de fortes récoltes de foin et d'avoine, d’orge et de sarrasin, à l'instar du sol que l’on a affranchi des tourbières de “ Blair-Drummond ” en Ecosse, ë ailleurs.
Mais la quantité de bois que cette région pourra. produire, à quelque période future que ce soit, sera toujours bien moins considérable que celle que donnera le territoire réclamé par la province c d’ Ontario. (1)
On trouve le pin blanc et surtout le pin rouge dis-.
séminés sur toute la surface du sol entre le Témisca-
mingue et les lacs Abittiti. . De même, Fépinette blanche, le merisier et le cèdre y sont en assez grande, quantité et de bonne dimension. L’érable, ainsi que la. plaine, se voient encore à la tête du lac Témiscamingue, mais ne dépassent pas cette limite.
L'arbre le plus abondant de cette région, au nord de la limite de l’érable, c’est le tremble, suivi de près.
(1) Nous n'avons que des notions très rudimentaires sur la contrée à l’est du lac Abittibi, et su: la vallée de la rivière Hurricanaw dont les sources prennent naissance au-dessoüs du 48e parallèle, à moins de dix milles au nord du lae Victoria. T1 séraïit fort à désirer qu’une exploration fût faite du cours de cette rivière et de la vallée qu’elle arrose, puisque ce cours commence à vingt milles au sud de celui de l’Abittibi où l’on a trouvé en abondance dé belles forêts de pin. On pourrait aussi peut-être exploiter le éüivre, M. Richardson, de la Commission Géologique, y ayant décou! vert un gisement de ce minérai, dans la partie est de la région.
par le bouleau, l’épinette et le baumier du Canada. On trouve encore, mais rarement, l’orme et le frêne dans les bas-fonds qui s'étendent jusqu'aux lacs Abittiti.
| Ces lacs, auxquels on a donné respectivement les ll noms de lac “ supérieur ” et de lac “ inférieur,” n’en Hi [li sont à propremeut parler qu’un seul dont les deux ME |) sections sont reliées entre elles par une étroite passe, [| Le lac Abittibi, dirons nous, pour être plus court, || s'étend de l’est à l’ouest, au nord du 48e parallèle, || | sur une longueur de 55 milles et une largeur variant de cinq à quinze milles. C’est un lac peu profond et boueux, rempli d'îles et entouré de vastes marais où (Li s'abattent en passant d'innombrables volées d’ou- || tardes, dans leurs migrations de l’automne vers le sud.
| est à peu près le même sur toute sa surface. Partout | pays de montagnes ne s’élevantqu’à une faible hauteur, terrain ondulé, formation granitique et roches éruptives; mais les étendues de terre arable sont considérables, À mesure qu’on avance vers le nord, le sol renferme de plus eu plus d'éléments productifs. En certains endroits, la terre végétale, qui recouvre le fonds uniforme d'argile bleue, atteint jusqu'à une on | épaisseur de trois à cinq pieds, comme on peut le {ill voir à 150 milles même au-delà du Témiscamingue, ni | sous le 50e degré de latitude.
| | | Le caractère physique et géologique de cette contrée | t
A l'extrémité ouest du lac débouche la rivière Abittibi qui a une largeur moyenne de trois arpents, un courant très vif, des chutes et de nombreux rapides qui nécessitent autant de portages. De chaque côté de la rivière sont les territoires ds chasse des Indiens, autour des petits lacs et le long des petits cours d’eau. Pour se reconnaître, se guider eux-mêmes et guider d’autres chasseurs qui viendront après eux, les Indiens ont imaginé une sorte de sténographie imagée et très sommaire, représentant des animaux dans différentes attitudes, qu'ils dessinent sur des écorces de bouleau fixées à des bois plantés en terre. Ces caractères sauvages sont parfois très ingénieux, et même assez compliqués pour que les missionnaires du nord croient né-
cessaire de les enseigner aux petits Peaux-Re es qui vont aux écoles établies dans les différents postes de la compagnie de la Baie d'Hudson.
L'embouchure de la rivière des Quinze est à 612 pieds au-dessus du niveau du fleuve, à Trois-Rivières et celle de la Mattawan, située 120 milles plus bas, est à 520 pieds au-dessus de ce même niveau. Ilya done, entre la tête du lac Témiscamingue et la Mattawan, une descente de 92 pieds qui s'effectue par les rapides du Long Saut, de la Montagne, des Erables et de la Cave.
Les eaux du lac, très hautes au printemps, baissent
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graduellement de huit à dix pieds jusqu'au mois de septembre, | et les pluies d'automne n’augmentent guère leur volume. D'après M. Proudfoot, géomètre d'Ontario, le niveau du Témiscamingue s’est élevé de trois pieds dans le cours des quatorze dernières années. Certains endroits de la rive, dit-il, où naguère on coupait ! le foin, sont aujourd’hui submergés, du commencement : à la fin de la belle saison. Comme je ne saurais. témoigner de la valeur scientifique des raisons quo: on m'a données de ce fait sur les lieux, je m’abs-
tiens de les consigner dans mon rapport.”
“ L/Eden ” du Témiscamingue, comme disait le
“Père Paradis, c’est sa partie supérieure, 1à où débou-
chent la rivière Blanche et la rivière des Quinze, celle-ci entre des rivages aux molles et fléchissantes ondulations, chargés des sucs les plus généreux de la terre et offrant aux colons les plus riants et les plus attrayants aspects. L'autre, comme l’eau qui s'échappe d'une urne trop pleine, coule à travers des prairies à moitié submergées, lourdes de leurs grasses couches d’alluvion et flottant, pour ainsi dire, comme des champs d'algues que le floc de la mer recouvre et redresse tour à tour, dans un mouvement uniforme et cadencé,
Ah! la belle et luxuriante terre promise aux colons de l’avenir, et comme on songe en la contemplant, avec une amère et douloureuse mélancolie, à toute
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cette vaillante et vigoureuse jeunesse canadienne qui déserte ses foyers et s’en va consumer sa force dans les fabriques américaines ! Comme on déplore de ne pas la voir venir ici plutôt se déployer en liberté et conquérir en peu d'années, avec peu de labeur, cette aisance heureuse et cette plénitude bénie de toutes les choses nécessaires qui fait les peuples contents de leur sort autant que modestes dans leurs désirs, peuples laborieux, honnêtes, capables de soutenir les plus rudes épreuves aux jours fatals, parce qu’ils ont conservé toute leur vigueur, parce que rien n’a altéré leur sève ni les sources vitales de l'énergie, ni cette abondance de jeunesse qui accompagne jusque dans la maturité les peuples bien formés et bien constitués !
De quelque côté qu'on tourne les regards, sur les profondes et fertiles étendues que baigne le Témiscamingue, dès qu’il commence à écarter au loin ses rives et à s’élargir en liberté, au sortir de l’étroit et tumultueux cours de la rivière des Quinze, on ne voit nulle part de montagnes, ni de brusques saillies du sol, ni de reliefs fortement accentués, muis une longue ondulation de prairies alternant avec des coteaux délicatement esquissés, surmontés au loin par des plateaux qui étendent leur large surface jus- ‘qu'aux dernières limites de l’horizon,
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Lorsqu’en remontant le Témiscamingue, on arrive à la rivière des Quinze, on longe la réserve des Indiens, territoire fédéral où un groupe de l’ancienne tribu des Algonquins possède un petit village et cultive une étendue de terre détrrminée, appelée “ Réserve,” que le gouvernement a fait diviser en lopins pour chaque famille d’Indien séparément.
La dimension de la Réserve est d'environ 38,400 acres. C’est là, exactement, un peu au-dessus de la rivière Blanche, par 47, 374 de latitude nord, que se trouve la ligne frontière entre les deux provinces de Québec et d'Ontario.
Sur un parcours de plus de quatre milles, depuis son embouchure jusqu’au premier rapide qui l’intercepte, la rivière des Quinze est non seulement navigable, mais encore icliement profonde qu’un grand bateau à vapeur peut suivre sa marche en se tenant à quelques pieds seulement du rivage. De chaque côté, le terrain, diversement et gracieusement accidenté, présente un aspect des plus pittoresques qui rappelle, à sy méprendre, le ravissant paysage de l'embouchure de la Mistassini, au Lac Saint-Jean,
A sa droite, on a la rive orientale où croît une forêt luxuriante et où se dressent lentement des coteaux portant un sol végétal rempli de promesses. A gauche se trouve la “ réserve des Indiens,” où s'élève sur une petite hauteur, tout près de la rive, l’école sauvage destinée à donner les premiers rudi-
ments de l'éducation à ces grossiers enfants de la nature,
C’est au moins un spectacle peu commun et des plus piquants, à coup sûr, que cette école de sanvages fondée par des blancs là où les blancs ont encore à peine pénétré. Aux confins déserts d’une province immense, dont pas même la centième partie n’est habitée, au-delà d’une région à peu près inconnue, où quelques rares colons ont dressé à la hâte un abri précaire, au-delà de l’immensité en apparence infranchissable des forêts, des lacs, des vallées mystérieuses et des plateaux à perte de vue, au-delà des plus lointaines retraites, inaccessibl:s jusqu'ici à toute communication, à tout contact du dehors et à toute civilisation, an découvre! ....nñnlors que le voyageur perdu dans sa pensée, cherche le secret de ces étranges courants qui portent et disséminent les hommes sur tous les points du globe, on découvre “ne école de sauvages organisée, agissante, bien réelle, de véritables petits Peaux-Roug:s qui s’y rendent tous les jours, qui s’y tiennent assis sur des bancs
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