‹ L'Outaouais supérieur [microforme]Chapitre 9 sur 41 · SANTE · texte numérisé non relu

SANTE

cent ans à croître, à atteindre la grosseur voulué, cè que dans le langage forestier on appelle le pleiñ âge, arrive chez nous à maturité en moitié moins dé temps. La qualité en est supérieure et le grain d’une extrêthe finèsse.

De quels revenus ne nous privons-nous pas eh négligeant d'exploiter nos forêts d’une façon convéuable, en ne travaillant pas à les aménager comme ôn le fait en Europe! La Prusse, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche, à force d'adresse, sont parvenués à maintenir chez elles de belles forêts qui leur foùrnissent de de ressources et leur perméttént de ne payer qu’un demi tribut à l'étranger. Leurs terres, si admirablement boisées, ne le sont que par la main de l’homme. Il n’y à pas, dans le vieñx iohde, une seule forêt vierge, maïs tout y a été S1 admifablément aménagé, qu'après des siècles d’éxploitation, ces pays peuvent encore, en grande partie du inoins, se suffire à eux-mênies. Quand on réfléchit qu’il y a en Europe des essences dont le prix varié de $14 à 825 la corde, on se demande coment nous ne profitons pas de la situation privilégiée qui nous est faite !

Il faut done absolument régler la coupe du bois. Avec des coupes bien conduites on obtient tout autant

etmême plus de résultats lucratifs que par une destruction sans discernement et sans règle. Le tort

incälculable que nous avons eu a été de livret la forêt aùû commerçant, sans conditions d’arménaägernent èt de reboisement ; mais, d’un autre côté, et c'est ici encore qüe l’on verra combien la colonisation est ‘indispensable À là conservation de nos fotêts, c’est qu'il eût été impossible d'imposer et de faire exécuter de pareilles conditions dans des parties du paÿs encoré inhabitées et pr'asque inaccesibles.

Quel beau jour ce sera que celui où, grâce à la législation sage, généreuse et ferme à la fois, inaugurée par le nouveau commissaire des Terres, l’honofable M. George Duhamel, nous verrons s'ouvrir sous là charrue du défricheur nos larges et fettiles tertès Viérges aujourd’hui dévastées par deux fléaux, paï les incendies et les vastes abattages des bûcherons au service des soi-disant marchands de bois! Quel beau jour qué celui où il nous sera enfin permis d’atteridre, sans nous faire illusion, le retour préparé sur la terre de la patrie de ces milliers de fils et de frères qui émigrent tous les ans anx Etats-Unis, dont la plupart voudraient bien revenir, mais qui ne le peuvent, parce que le domaine public leur est fermé, parce qu’il n’y à pas un pied de terre portant un arbre qui ne soit accaparé d'avance par les exploiteurs de bois, parce que nous n’aurions rien de mieux à leur offrir que l’état de choses même qui les a forcés

à s’expatrier! |

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