‹ L'outrage drame en cinq actesChapitre 31 sur 96 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

MADAME LAT R AD E, étonnée. -

Que dis-tu?

HÉLÈNE; avec égarement.

Je dis que je ne franchirai pas le seuil de cette porte !

MADAME LATRADE.

Mais tu ne songes pas à ce que tu dis, Hélène !... (Frappée d’une id«!e.) Ah ! mon Dieu ! te repentirais-tu d’avoir uni ta vie à celle de Jacques ? Est-ce que tu n'aimerais . pas monsieur d’Albert ?

HÉLÈNE

Moi, ma mère ! pouvez-vous me demander cela ?

MADAME LATRADE.

Eh bien! alors...

HÉLÈNE, «perdue.

Ma mère !...

MADAME LATRADE, l’attirant doucement.

Allons, viens.

HÉLÈNE , t’échappant, et tombant assise Adroite.

Non, non, encore une fois, je ne franchirai pas cette porte, ou bien je mourrai après l’avoir franchie.

MADAME LATRADE;

Hélène !...

HÉLÉN E, à part, en te levant, et comme frappe'e d’une idée soudaine.

Mourir !... oui, il faut mourir !

MADAME LATRADE.

Ma aile !...

HÉLÈNE, cherchant à se remettre.

Pardon, pardon, ma mère, vous avez raison... (Essayant de sourire.) Je ne sais ce que je dis... mais j’ai la fièvre, voyez-vous... j’ai besoin d’être seule quelques instants... j'ai besoin de me recueillir, de prier... Laissez-moi, ma mère, vous reviendrez tout à l’heure.

MADAME LATRADE.

Mais... ,

L’OUTRAGE

HÉ LÉNE.

Oh ! soyez sans inquiétude... je suis plus calme... vous voyez bien... Allez, allez, ma mère !

A tout à l’heure.

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