‹ L'outrage drame en cinq actesChapitre 39 sur 96 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

DE DRIVES»

Tu es bien distrait, ce soir, Raoul.

JEANNE, a part tristement.

Ce soir!...

RAIMOND, à' Jeanne.

Tenez, Jeanne, voici mon second couplet.

JEANNE

Voyons?

RAIMOND, récitant.

Quand l’enfant sera grand, ce conquérant du monde Va poursuivre la gloire en cent chemins divers,

Ses désirs trouveront trop étroit l’univers,

Et rien ne remplira cette âme trop profonde.

JEANNE, avec un loupir, regardant Raoul, à part.

Ilclas I

RAIMOND, continuant.

En attendant l’enfant vermeil D’un berceau blanc fait son empire, Et n’a besoin, pour nous sourire, Que de lait pur et de sommeil 1

(Se peuchant ver> elle.) Qu’en dileS-VOUS?

Jeanne essuie une larme.

RAIMOND

Vous pleurez, Jeanne?

JEANNE

Non, j’aime cette chanson, (prenant la feuille, et litant.)

Quand l'enfant sera grand, ce conquérant du monde...

(Remarquant lentement alois le papier.) Tiens, SUT quoi (loIIC üVCZ-

vous écrit ces vers ?

RAIMOND

Sur un papier que j’ai trouvé là. (s’asteyam à droite.)

JEANNE

C’est bizarre. C’est sur la lettre de mariage de Jacques avec mademoiselle Hélène Lalrade.

Raoul fait un mouvement.

L’OUTRAGE

Décidément, Raoul, tu es trop nerveux aujourd’hui. Veux-tu que nous cessions ?

RAOUL

Non, mon père, non, je vais m’observer.

JEANNE, bai à Raimond «'asseyant près de Ini.

Vous venez de voir son émotion.

RAIMOND

Quelle émotion ?

JEANNE

Oh! ce n’est pas la première fois que je la remarque à propos du mariage de Jacques.

RAIMOND

Quoi?

JEANNE

Quand nous en avons reçu la nouvelle, je' l’ai vu pâlir et trembler affreusement.

RAIMOND

Que croyez-vous donc ?

JEANNE

Ah ! je ne saurais vous le dire au juste, et cependant il m’est venu une idée pénible.

RAIMOND

Et laquelle?

JEANNE

Ne répétez jamais ce que je vais vous dire, au moins.

RAIMOND

Y pensez-vous?

JEANNE, bas.

Eh bien, je crois que Raoul (il lui faut tant d’argent), je crois qu’il avait espéré que Jacques ne se marierait jamais et qu’il a vu avec peine une union qui détruisait une partie de ses espérances de fortune.

RAIMOND

Comment! c’est vous, Jeanne, qui osez formuler une scmbla-

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