ACTE III
Un jour, vous avez disparu, et c’est un autre plaisir de vous voir si charmante femme! Pourquoi votre brave père n’est- il plus là, pour vous^admirer et vous aimer avec nous?
DÉI.ÉNE.
Bon monsieur de Brives!
JEANNE
Nous l’aimerons tous encore un peu plus.
• JACQUES
Mais embrasse-moi donc encore, petite sœur, et voyons : tu es toujours contente?
JEANNE
Oui, Jacques... oui... toujours... notre père est si bon!
JACQUES
Et... le mari?
JEANNE, an peu troublée.
C’est... son fils...
JACQUES
Et cela dit tout, n’est -ce pas? Ah! l’enfant va bien?
. JEANNE, souriant.
Oui, merci.
JACQUES
Nous sommes sauvés. (Jeanne va auprès d'Hélène. Jacquet prend do Brive* è récart.) Et bien, monsieur de Brives?
J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite à Aix. J’ai commencé des recherches dans le sens que vous m’indiquiez; mais cette lettre, très-explicative, quant aux instructions qu’eile me donnait, était fort incomplète : vous parlez d’un crime, et vous ne dites pas quelle sorte de crime... Tantôt, nous causerons.
JACQUES, en écoutant M. de Brives, n’a plus le même air que précédemment.
Oh ! bientôt, n’est-ce pas?
JEANNE, revenant à Jacques.
Mais vraiment, mes chers voyageurs, je m’aperçois que je vous reçois très-mal! Voyons, n’avez-vous besoin de rien? vous n'oubliez pas que vous avez toujours ici un appartement préparé?
L’OUTRAGE
JACQUES
Merci, mignonne; mais il nous est impossible de nous y arrêter, car nous avons dès demain un bal d’installation... et... il faut...
JEANNE
Un bal, déjà?...
JACQUES
Mon Dieu, oui, déjà toutes nos invitations sont faites; tous nos ordres exécutés. On me l’a écrit, et je t’en préviens, demain, à la villa de Saint-Marcel, bon gré, mal gré, tu danseras.
DE BRIVE S, à Jeanne.
Viens, mon enfant, laissons nos voyageurs à eux-mêmes... Après une longue route, cela doit sembler bon. (a Hélène.) N’estce pas, madame?
HÉLÈNE et JACQUES.
A bientôt!
Monsieur de Brives et Jeanne sortent.