‹ L'outrage drame en cinq actesChapitre 82 sur 96 · B A 1 MO ND · texte numérisé non relu

B A 1 MO ND

Eh bien?...

Ud autre groupe descend à gauche.

JACQUES

Mais ils ne sont pas suffisants... j’en veux encore d’autres... Vous savez bien de quoi je veux parler? votre père a dû vous le dire...

RAIMOND , très-calme et comme ayant pria uuc détermination.

Oui.

N’est-ce pas que cet homme est un misérable, un monstre,

un lâche?... (a ce dernier mot, Raimond fait un mouTement. ) 11 a terni ,

souillé, brisé ma vie... Rien qu'en pensant à lui, je courbe un front humilié... N'est-ce pas que vous comprenez bien que je l’abhorre?

RAIMOND

Oui.

JACQUES

Ce n’est pas vous, dites, qui vous seriez rendu coupable d’une pareille lâcheté ! (a pan.) 11 a tressailli. (H*m.) Ce n'est pas vous

L’OUTRAGE

qui iriez, après boire, porter la honte dans une honorable famille... Quand vous aimerez une femme, vous, vous irez tout droit à sa mère, et la mère mettra votre main dans celle de son enfant... et alors, la jeune vierge osera franchir le seuil de la chambre nuptiale; et quand vous quitterez cette chambre, vous pourrez porter haut la tête! et vous vous en irez dans la vie, appuyés sur le respect l’un de l’autre, et vous n’aurez plus qu’à continuer une œuvre d’amouf, au lieuse poursuivi e une œuvre de haine et de châtiment, (changeant brusquement de tnn.) Pourquoi avez- vous tressailli deux fois , depuis que je vous parle ?

RAIMOND

Pourquoi donc, vous-même, êtes-vous si pâle ?

J’ai la fièvre. Ne faites pas attention... Voulez- vous faire un tour sur la terrasse !... La brise de mer nous rafraîchira... Tenez, de là, on voit le pharo et le village d’Odonne, où sont les bastides, vous savez !... Oh ! mais la sueur perle sur votre front, tenez, prenez ce mouchoir, je le porte toujourslà... c’est celui delà pauvre jeune fille... Voyez! Elle l’avait déchiré avec ses dents!...

RAIMOND, regardant le mouchoir.

Oh !...

JACQUES, l’amenant au guéridon du milieu.

On vient vers nous, ne laissons rien paraître!... Tenez! faisons semblant de jeter un coup d’œil sur ces objets d'art... Parmi ces curiosités... tenez, voici une coupe attribuée à Benvenuto... et des armes, que moi seul possède... ces pistolets,

par exemple... (n a prit un pistolet, et fait jouer la batterie. A part et arec

«lupeur. ) Chargé!... ce pistolet est chargé!... Étrange hasard!... (Haut.) Ce pistolet est chargé, monsieur, je ne comprends pas... mais je l’ignorais, je vous le jure... me croyez-vous ? •

RAIMOND

On sait que vous n’avez jamais menti, monsieur.

JACQUES

Oui, je l’ignorais, (a pan.) N’importe, mon épreuve est là... (Haut.) Combien de fois vous est-il arrivé de lire dans lesjournaux des accidents survenus parce que imprudemment on avait laissé des armes chargées?... 11 y a journellement des morts comme cela! oui. Eh! mon Dieu, cela se traduit en faits-

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