SCÈNE PREMIÈRE
RAOUL
Quand le rideau se lève, la scène est vide et faiblement éclairée ; mais dès que le rideau est levé, on entend un carreau de la fenêtre tomber sous une pression violente, et l'on voit une main passer par la vitre cassée, soulever l'espagnolette et ouvrir la fenêtre. La silhouette de Raoul se dessine alors sur l'espace argenté par un clair de lune, qui pénètre dans la chambre; ces mouvements sont exécutés très-rapidcinent par Raoul. Kntiu, il entre de plain-picd daus la chambre et referme la fenêtre.
M’y voici... J'ai devancé Hélène de dix minutes au moins... (Écoutant.) Personne ne m’a vu... bien... (Trois heures contient.) Trois heures!... Raimond croyait m’avoir enfin décidé à partir... Nos chevaux étaient prêts, j’ai dû me mettre en route... Mais, celte fois encore, j’ai pu lui échapper, ainsi qu’à Jacques... Je ne devais donc pas partir... Ah! tout cela est horrible !... Je suis bien malheureux !... A tout prix il me faut un pardon... je l’aurai... (Avec amour.) Je vais la voir!... (Avec éclat.) Et si elle allait ne pas venir !... (Avec un cri.) Ah!... (Écoutant.) J’entends le bruit d’une voiture roulant sur le sable... Tout à l’heure elle sera devant moi, elle!... Oh! ce pardon!... Si je l’avais déjà obtenu, je serais parti, je serais... (D’un autre ton.) Non, je ne serais pas parti, je le sens bien!... (Écoutant.) La voiture entre à la Bastide... Hélène!... Ah! le sang me monte à la gorge, dans les yeux, au cerveau !... je suffoque, moi, j’étouffe... (11 dcascrre »