‹ L'ouvrier de huit ans (volume 2)Chapitre 7 sur 39 · LA MÈRE · texte numérisé non relu

LA MÈRE

en sacrifice bien moindre. Qu'espérons-nous?

Persuaderons-nous aux manufacturiers de n'employer que des hommes, et d'augmenter ainsi considérablement dans toutes leurs usines les prix de main-d'œuvre ? Ou aux hommes de tra- \ vailler en se contentant des prix que reçoivent aujourd'hui les femmes? Ou aux femmes, qui ne trouvent pas toujours Je moyen de vivre, d'e renoncer aux salaires relativement élevés qu'on leur offre ? ferons-nous une loi pour interdire aux femmes et aux enfants de s'enrôler au service de la vapeur? Rien de tout cela n'est possible.

Tout au plus pourrait-on demander à la loi d'assimiler les femmes aux adolescents pour la fixation des heures de travail, comme cela se fait en Angleterre depuis 1844.jOiL-ii.e supprimerait pas^ar là les inconvénients; on les diminuerait au moins. L'heure de liberté que les femmes recouvreraient ainsi ne les dispenserait pas de mettre leurs enfants à la crèche et à l'asile ; elle leur permettrait de surveiller un peu leur intérieur, ou, pour mieux dire, d'avoir un intérieur. Dans quelques villes industrielles où les fabricants ont eu cette bonne pensée, les résultats ont dépassé leurs espérances. On fait si aisément beaucoup de bien! Il suflît de vouloir. [Depuis que les femmes peuvent, le soir, balayer la maison, faire du feu, mettre proprement le couvert et

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préparer des aliments ôhaùds, les familles sé sentent plus heureuses, et, puisqu'il faut tout dire, elles se sentent plus unies/]

Une tentative d'un tout autre genre, ayant le même but et Une importance très-supérieure^ est faite en ce moment même, à Mulhouse, par un grand industriel, accoutumé aulc généreuses initiatives, M,. Jean poUfus.- Il construit à Textr^mité de la cité de Mulhouse des logements isolés, donnant sur un vaste terraiij, et qui renferment à peu près le même nombre de pièces que les maisons de la cité, avec cette différence que Tuné de ces pièces est disposée en atelier pour tme, deux ou trois personnes, et qu'une machine contiguë aux nouveaux logements y transporte le mouvement automatique. Partout où cette innovation pourra ètrfe réalisée, il n'y aura plus de raison pour arracher les femmes de leur domicile, puisqu'elles y auront la vapeur sous la maiii. L'architecte a poussé si loin les prévisions, que la mère, assise devant son propre ouvrage, domine les métiers occupés à côté d'elle par ses filles, et n'a que la tête à tourner pour surveiller dans la pièce voisihe, par une ouverture ménagée tout exprès, les plus jeunes membres de la famille. ^e problème était de ne pas priver l'industrie de Futile concours des femmes, de ne pas priver les femmes dçs ressources^ que leur

assurent les usinés, et de tie pas f rivé? la famille de la pi^èsence et des soins de la mère. Voilà, par une solution si simple ^ toutes les difficultés vaincue^ et la vapeur définitivement asservie à nos usagesT^ës métiers de M. Jean DoUfus battélit depuis 1S65; c'est peut-être le modeste commencement d*une très-grande chose.

Il faudrait aussi qu*il fût possible d'employer pHncipaiement ou exclusivement des femmes non mariées. Cela se passe de la sorte dans plusieurs villes, et lès inconvénients de Tèmprisonnement des femmes en sont diminués de plus de tnoitié. En Amérique on a fait mieux que d'exclure les femmes mariées, mieux que d'exclure les hommes des ateliers où travaillent les femmes. On a fait une ville de femmes, qui est feien le plus curieux atelier et la plus curieuse république qui se puisse voir. C'est â Lcwell, dans le comté de Middlesex, Massachussets. Quand M. Michel Chevalier y est allé, en 1833, les fabriques de Lowell employaient 6,000 personnes, dont près de 5,000 jeunes filles, âgées de dix-sept à vingtquatre ans. Les proportions avaient un peu changé vingt-cinq ans après ; on y comptait dans les fabriques 5,000 hommes et 8,000 jeunes filles. Ce qui fait le caractère propre des manufactures de Lowell, c*est que lès ouvrières n'ont pas, comme ailleurs, leurs familles à côté d'elles :

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ce sont des filles de fermiers ou de petits propriétaires ruraux qui viennent là, toutes seules, souvent de fort loin, pour gagner une dot. On a construit pour elles des pensions qui ressemblent l à de petites villes, et qui ont quelque aiialogie avec les béguignage s de Belgique. Elles y vivent sous la direction de femmes âgées, choisies et surveillées par les compagnies industrielles, et sous l'empire de règlements assez austères. Les hommes sont sévèrement écartés de leurs ateliers et de leurs habitations ; on ne leur permet pas non plus les plaisirs trop frivoles ; M. Michel Chevalier raconte qu'en 1836 un homme fut condamné à Tamende pour avoir exercé dans la ville la profession de ménétrier. Au lieu de danser et de se réjouir le dimanche, ces jeunes filles p^«3^t la journée dans le recueillement et la prière. Elles sont pourtant jolies, pour la plupart, élégantes dans leur mise, beaucoup plus instruites que nos ouvrières. Elles ont même voulu, dans ces dernières années, acquérir une instruction plus élevée encore, et ont fondé ellesmêmes des bibliothèques et des cours publics avec des retenues prélevées sur leurs salaires* M. Michel Chevalier remarque avec raison que le succès incontestable et persévérant d'une institution pareille suppose dans les mœurs une réserve extrême, dans l'opinion publique un rigo-

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risrae vigilant et inexorable. Quand on a voulu réunir ainsi de jeunes ouvrières françaises loin de leurs familles, il a fallu les cloîtrer, comme à La Seauve ou dans les Cénobies de Mulhouse* Sans nous faire la moindre illusion sur des ate« liers de jeunes filles livrées à elles-mêmes, nous pouvons dire, au moins, qu'elles sont plus faciles à surveiller, à réglementer, à plier à Tobéissance que des femmes mariées qui, une fois sorties de l'atelier, ne dépendent plus que d'ellesmêmes.

/^ On comprend d'ailleurs que les jeunes filles supportent plus aisément la clôture et le règle* ment; la raison en est toute simple. Une mère de famille, enfermée douze heures loin de ses enfants, a beau être entourée de bien-être et employée à un travail peu fatigant, elle se demande ce que ses enfants peuvent devenir en son absence, et cette pensée est pour elle un supplice. S'ils sont malades, si leur conduite n'est pas régulière, elle rêve des malheurs pendant que ses doigts lancent la navette ou présentent le ruban au laminoir. Elle n^est peut-être qu'à deux pas d'eux; mais le mur de la fabrique la sépare pendant douze heures de tout ce qu'elle aime, aussi complètement que si elle était exilée au delà des mers. Celles d*entre elles qui ne ressentent pas cette douleur morale, et

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il y en a, sonl; déjà déprayées. Plus çUes ont l6 cœur bien placé, plus cette séquestration leur est douloi^reuse. pUes 30T;ffr(3qt par leur vertu»

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Les magasins et les ateliers de la petite industrie oi^ les femmes ^ont occupées hors de chez elles toute la journée, et souvent une partie de la nuit, ont les mêmes inconvénients que les usines *. Tout au plus pourrait-on dire, et cela n'est pas toujours exact, que le règlement y est moins inflexible. Il y a aussi, pour les femmes employées dans la grande industrie > des conséquences assez mauvaises de cette vie commune par grandes troupes, si éloignée de leurs habitudes et de leur destination; elles y contractent, cela est certain^ des défauts d'hommes> dont le plus frappant et le plus triste est Tivro* gnerie.^ÛJiu autre côté, grâce aux progrès de la science, aux ressources des grandes industries, à

1 On trouvera la plupart des détails que nous résumons ici tr^-loDguement développés dans l'Ouvrier»^ 3* partie, oh. I, tt, III, iv et T.

la surveillance de radrainistration et à celle do Topinion, les vastes ateliers deviennent de plus .en plus salubres. Il n'en est pas de même des petits ateliers, presque toujours mal appropriés, mal entretenus et trop petits pour le nombre d'ouvrières qu'ils contiennent. La présence continuelle du maître et dé la maîtresse y remplace le règlement^ L'exploitation y est plus évidente et par conséquent plus blessante. Quand la maison est obérée, elle essaie de se relèvera tout prix et les ouvrières en pâtissent. En jtput cas, l'absence de la mère a les mêmes. effetsjour les enfants, que Tatelier soit grand ou petit. Dans les magasins, il n'est pas rare que l'assiduité soit exigée depuis sept heures du matin jusqu'à dix heures du soir, et même plus tard, surtout à Paris.

Les femmes trouvent assez d'emplois comme' vendeuses, teneuses de livres, demoiselles dé magasin. Elles y sont très-propres. On en fait, avec un peu d'instruction, d'excellentes comptables. C'est une carrière agréable et distinguée pour une jeune fille bien élevée. Les places dé dames de comptoir ou de marchandes, qui leur conviennent bien aussi, ne sont pas toujours sans inconvénients. Cela dépend de la clientèle et du genre de commerce. Plus d'un magasin de Paris expose autant la marchande que la marchandise.

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de

w^ Même dans les magasins ou les fem^mes seules / //

font des emplettes, le spectacle du luxe n'est pas toujours salutaire pour de jeunes ouvrières, qui *^^^^ ^ font de belles robes, et n'ont aucun espoir d'en V "^^ '^ porter en restant honnêtes. /^^ r , . / , . ■ ■ u.^^ , ^ ,A

L'introduction des commis. dans les magasins ^ ^ de nouveautés a suscité de grandes querelles. Le^^ \L(ci / métier qu'ils y font n'est pourtant pas aussi fémi- -< t / ^V t^ nin qu'on se l'imagine. Les acheteuses veulent être promptement servies, et ces grands déballages demandent une activité et un déploiement de force qu'on ne peut guère attendre d'une flUe. Il y a là un personnel si nombreux et une telle foule, qu'on y est à la fois bien entouré et bien isolé. Il ne s'agit pas d'ailleurs uniquement d'étaler des étoflTes et d'en dire le prix ; un chef de rayon fait un métier compliqué, qui demande souvent une intelligence très-exercée, très-déliée et même très-hardie. Nous disons cela pour expliquer l'introduction des hommes dans les grandes maisons de vente, et non pour exclure les femmes.

Les ateliers où travaillent les femmes comme couturières, lingères, modistes, fleuristes, etc., ne sont composés que de femmes, qui s'y trouvent ordinairement en petit nombre , excepté dans quelques grands ateliers de confection* Dans certaines professions, elles sont en con-

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corrence avec les hommes, par exemple quand elles font du travail de couture pour les tailleurs ; quelquefois elles sont associées à un homme pour leur ouvrage; telles sont, dans la tapiisserie, les doubleuses ; dans les filatures, les rattacheuses. Souvent aussi, il y a des ateliers mixtes ou des ateliers des deux sexes dans la même maison. Le fait d*être en relations nécessaires ou ordinaires avec les hommes est une difficulté nouvelle ajouté^ à toutes les autres difficultés du travail en atelier pour les femmes; ^cela va de soi; c'est aussi un malheur pour elles d'entrer en concurrence avec les hommes, car elles n'opt alors que des ouvrages de rebut, ou si elles l'emportent, c^est à force de consentir à Tavilissement des sa* laires.

Depuis quelques années les femn^es ont été in« troduites dans les ateliers d'imprimerie* filles y étaient déjà comme plieuses, brocheuses, satineuses, mangeuses ; mais les premières tentatives pour les employer à la composition, à la typogra* phie proprement dite, sont assez récentes. Cet exemple est excellent pour montrer un des côtés de la difficultés Le travail typographique convient très-bien aux femmes; il n'est pai^ trèsfatigant; il n'y faut que de bons yeux et de l'agilité dans les doigts. Il ne s'agit que de prendre l'une après l'autre dans un casier lofl

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lettres dont on a besoin, et de les mettre à la suite Tune de Tautre sur le composteur, que Ton tient de la main gauche. Nous ne parlons pas, bien entendu, des metteurs en pages, à qui il faut du goût et des connaissances. Les ouvriers typographes ont réclamé; ils ont dit que les femmes ne pourraient jamais composer. La réponse était toute prête ; c'est qu'elles composent, et qu'elles composent très-bien. Il se publie à Londres un journal appelé EnglisK Women's journal, qui a la forme et la dimension d'une de noi^ t'evues, et qui est entièrement composé par des femmes. Des femmes dirigent le journal, l'imprimerie et la vente ; des femmes font les articles, des femmes les composent tyî)Ographiquement et foiit la composition tout entière, en y comprenant les corrections et la mise en pages. Ce journal est aussi correctement imprimé que toute autre publication. Sans aller si loin, nous avotis à Clichy, dans l'imprimerie de M. Paul Dupont, un atelier entièrement composé de femmes. A Corbeil, chez M. Crète, les femmes sont mêlées aux hommes dans l'atelier de composition ; M. Crété prend des ouvrières quand il s'en présente, en nombre indéterminé, et les emploie avec avantage. Pourquoi donc les hommes réclamaient -ils? Craignaient ; ils de manquer d'ouvrage? Non ; ils craignaient l'abaissement ie$

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salaires. Ou leur disait vainement qa'ils ont un tarif, et que ce tarif ne serait pas abaissé. Ils répondaient que, si l'usage d'employer les femmes dans l'imprimerie se généralisait, elles feraient le salaire, qu'elles le feraient inférieur au taux actuel, qui est à peine suffisant, et que les hommes ne pourraient plus exercer le métier de typographes qu'en se contentant d'un salaire de femme, ce qui leur est impossible.

Assurément les ouvriers qui voulaient exclure les femmes avaient tort, car s'il y a un droit sacré, c'est le droit de travailler, et les femmes ont certainement le droit de faire tout ce qu'elles peuvent faire sans blesser la morale. Mais ils n'avaient pas tort dans leurs appréhensions ;yl est évident que, si une fois il est démontré que les femmes composent aussi bien que les hommes, les femmes s'oîfriront en foule, et qu'ayant moins de besoins que les hommes, elles accepteront un moindre salaireTpéjà, à Corbeil, elles sont moins payées que les ouvriers 'qûr travaillent à côté d'elles. En y regardant de près, on s'aperçoit que c'est ici la même question que celle du libre échange, qui n'évite la ruine dans certains cas que par des déplacements d'industrie. Sur ce point, et sur tous les points analogues, on peut conclure ainsi : le droit des femmes est évident, le danger des hommes ne l'est pas moins.

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Nous devons mentionner aussi parmi les professions qui s'exercent au dehors, quelques métiers rudes, masculins ou même périlleux, qui, fort heureusement, ne sont que des exceptions. Telles sont les femmes qui cultivent la terre, les pêcheuses, les batelières, les porteuses de fardeaux, les porteuses d'eau et de pains. A la campagne, surtout dans les petites fermes, les femmes cumulent avec les devoirs ordinaires d'une servante le soin de faucher l'herbe, de sarcler et d'écheniller, de faire la cueillette, de traire les vaches, de faire les diverses préparations de lait et de beurre. Quelquefois même elles sont employées aux plus durs ouvrages, à conduire les charrois, à bêcher la terre. Cela est très-commun sur les côtes, parce que les hommes sont marins ou pêcheurs. Enfin, les femmes sont em-. ployées en grand nombre dans les mines. Elles y portent le costume d'homme et se distinguent à peine de leurs compagnons dans cette demiobscurité ; on les reconnaît à la voix, et souvent h leurs éclats de rire. Mais, quoiqu'elles ne se plaignent pas, et que les jeunes filles assiègent toujours les contre-maîtres pour obtenir du travail, ce n'est pas là un métier pour elles. C'est trop fatigant et trop absorbant. Il y a d'ailleurs des dangers d'un autre ordre, qui ont éveillé l'attention du gouvernement en Angleterre.

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[En général, il faut préférer pour les femmes les métiers où elles ne font pas concurrence aux hommes et ceux qui ne s'exercent pas en ateliers.. Là plupart des femmes mariées qui veulent gagner un salaire en restant chez elles se jettent sûr la couture, qui a le triple avantage de ne pas démander d'apprentissage , presque toutes lès femmes sachant ôoudre, d'être un travail de leur goût, iconîotme â leurs habitudes, et de leur permettre de travailler à bâtons rompus, tout en vaquant aux soins du ménage. Malheureusement, les travaux d'aiguille ne rapportent plus rien depuis quelques années. Quatre fléaux se sont attachés sur eul : la confection en grand, les couvents, les prisons et les machines à coudre (Il est bien entendu que les machines ne sont uh fléau que pour les femmes qui ne peuvent en acheterT) La confection, qui opère sur de grandes quantités, a par cela même ses coudées franches, et va cherche!* au loin ses ouvrières, si les ouvrières les f>las voisines s'efibrcent de maintenir des prix suffisamment rémunérateurs ; lei^ couvents et les prisons travaillent à bas prix, parce que les prisonnières et les recluses ont leur nourriture assurée, indépendamment du produit de leur travail ; renfln les machines introduisent le capital jusquedî^ns cette pauvre et primitive industrie, çt Tftenaçeut de U traiter çomm^ la raulerjénny ^

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traité la quenouille et le métier à bras .Il en est de même du tricot, qui d'ailleurs est eii défaveur ; de labroderie, accaparée par la Suisse ; de la dentelle, de plus en plus abandonnée pour les imitations.

Il serait impossible d'énumérer tous les métiers que les femmes font ou peuvent faire en France, sans sortir de chez elles et sans se fatiguer outre mesure. La liste en serait trop longue ; elle a pourtant son importance, ne fût-ce que comme indication. Nous ne la ferons pas, nous la commencerons. Il est bien entendu que cette énumération n'est rigoureuse à aucun point de vue, et que beaucoup de professions peuvent s'exercer indifféremment ou chez soi ou en atelier. Nous prendrons pour type l'industrie parisienne. Aucune ville ne compte plus d^uyrières, relativement au nombre total de la population. Le dernier recensement industriel, nécessairement fort incomplet, ne compte pas à Paris moins de 106,310 ouvrières.

L'enquête divise toute la population industrielle de Paris en dix groupes : l'alimentation, le bâtiment, l'ameublement, le. vêtement, les fils et tissus, les métaux sans valeur (acier, fer, cuivre, zinc, etc.), les métaux précieux (or, argent, platine, etc.), les industries chimiques et céramiques, l'imprimerie avec les industries connexes de 1^ papeterie et de la gr^^vure, et enfin,

plusieurs industries qui n'ont pas pu former un genre unique, et qui sont désignées sous le nom d'industries diverses *. Ces dernières industries forment elles-mêmes six classes ou sous-genres, dont voici la nomenclature : Instruments de précision, instruments de musique et horlogerie, — peaux et cuirs, — carrosserie, sellerie et équipements militaires, — boissellerie, vannerie et brosserie, — articles de Paris, — bains chauds et froids, hôtels garnis, loueurs de voitures, jardiniers, etc. ^.

1 1" groupe. Alimentation.. • 30,031 hommes 7,636 femmes

(Co résultat serait inverse, si Ton

tenait compte desgens de maison.)

2* groupe. Bâtiment 70,243 ^ 35 —

3" — Ameublement 31,905 — 3,475 —

4« — Vêtement 27,247 — 47,477 —

5* — Fils et tissus 10,490 — 15,637 —

6* — Aciers, fers, cuivre, etc 26,700 — 1,053 —

T Or, argent, platine. 11,505 — 3,697 — B* — Industries chimiques et céramiques 10,772 — 3,433 — 9* — Imprimerie , gravure, papeterie • . 13,834 — 4,290 — 10« — Industries diverses.. 68,032 — 19,677 — ^ 1. Instruments de précision, instruments de musique et Iior-

logerie ; 10,030 hommes 78B femmes

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