‹ L'ouvrier de huit ans Jules Simon (volume 2)Chapitre 7 sur 43 · LOUVBIBB DE HUIT ANS · texte numérisé non relu

LOUVBIBB DE HUIT ANS

ner l'édacation de la jeunesse au sem de notre nation, accepteront avec joie toute mesure nécessaire pour atteindre un but dont l’importance est capitale. »» La loi fut votée le 15 mars 1844. Elle réduisit le travail des enfants au-dessous de treize ans à six heures et demie par jour au lieu de huit heures ; en même temps elle leur imposa trois heures d’école par jour au lieu de deux heures, dont la loi de 1833 se contentait, et put leur permettre, à la suite de ces réformes, d’entrer à huit ans dans les ateliers, qui jusque-là ne leur étaient ouverts qu’à partir de neuf ans*.

Tel est le régime appliqué depuis vingt-trois ans en Angleterre, et qui n’a pas jusqu’ici amené la ruine de nos voisins. Nous pourrions aussi, pour

* La loi anglaise oblige tout fabricant & suspendre sur un tableau mobile , à l’entrée de la manufacture , un règlement trèsdétaillé dont nous extrayons les prescriptions suivantes :

c Aucun enfant au-dessous de huit ans ne peut être employé.

< Aucun enfant au-dessous do treize ans ne peut être eraploj'6 avant six heures du matin et après six heures du soir, ni le samedi après deux heures de l’après-midi, ni le dimanche, ni le jour de Noël et le vendredi saint.

« Aucun etifant au-dessous de treize ans ne peut être employé chaque jour plus de six heures et demie.

« On tolère cependant un travail de dix heures trois jours sur six, il condition qu’il soit assuré aux enfants ainsi employés detix jours par semaine de chômage absolu.

< Tout enfant au-dessous de treize ans doit aller à l’école trois heures par jour, entre huit heures du matin et six heures du soir, excepté le samedi.

I On no doit employer personne au-dessous de seize ans sans un certificat du médecin, s

l'usine

montrer qu’on gagne toujours à tenir compte de l’étendue des forces humaines et que la qualité peut aisément compenser la durée, tirer un argument du bill de 1847, qui limite à dix heures le travail même des adultes ; mais nous ne voulons parler que des enfants, sans entrer dans la question, fort différente, à beaucoup d’égards, de la limitation du travail des adultes. On nous permettra seulement de rappeler à cette occasion qu’en 1829 les hommes d’État les plus éminents d'Angleterre affirmaient que la prospérité industrielle de la nation serait compromise, si on réduisait à moins de douze heures, non pas le travail des femmes, comme en 1844, ou celui des adultes, comme en 1847, mais celui des adolescents : tant les idées simples et justes ont de peine à faire leur chemin!

Maintenant, après avoir rappelé qu’en Prusse, depuis la loi de 1839, les enfants ne sont pas admis dans les manufactures avant l’âge de neuf ans, que le travail des adolescents y est réduit à soixante heures par semaine *, et que

' Règlement arrêté en Prusse le 9 mars 1839 par le ministèro d’État, et confirmé par le roi le 6 avril :

« Art. 1». Aucun individu de moins de neuf ans accomplis ne peut être employé à des travaux réguliers dans les fabriques, mines et usines.

« Art. 2. Pour être employé à ces travaux avant seize ans accomplis , il faut avoir suivi régulièrement l’école primaire peii-

ne

Page 1