II C«D.M
l'infanterie, de ;iô pour les chasseur^ et carabi-
cavalerie. Chaque homme est appelé une seule
fois aussi pendant la durée du service militaire a tin cnmji do manioirvros qui dure L 1 ou li semaines. Il y a en outre des cours de répétition qui doivent être, ilnns l'élite, de !î jours tous les ans, ou de 6 jours tous les deux ans ', de 2 jours par an, ou de 1 jours tous les deux ans dans la réserve et de 1 jour par an dans la land- WËhr*. En outre, les troupes se réunissent un jour par an pour s'exercer au tir au but *. On peut évaluer de la façon suivante la durée totale du service d'instruction auquel chaque citoyen est appelé de 20 à 44 ans : pour l'infanterie, de 100
ii 1 Ut juurs; pour lo génie, IVirlilleni' ol les o;i-
i Loi fiicWiatedaSmii lSSO,iurl'organinlJui militaire, ut. 04. ' 16., an. B.
• Dofnli ht dernière giurr« d'Allumé», l'uinablk «dirais n décidé de modifier r:inn»rii.-iit ilm Ir.114.e1 misse*. Après dp.
l'urmunent de IVlile et ■)- I» risrrre (^l-à-dire ]iour toulu rumie fédérale, k londiechr étant cwntieUemotrt cuitiuiule) le (util lien ri- Winchester. Cette orme, munie du mécanisme de
!l Indépensé ii(L'«5it.;o ; i-v I:.- i!-.::,ii'ur Million.'
18 l'ouïmes de Hun ans.
rabiniera, 100 jours; pour ia cavalerie, 170 joiira. Cette durée est augmentée île 50 0/0 pour les sous-officiers et de 100 0/0 pour les officiers '. En .vérité, c'est tout. Et qu'est-ce que cela? A peine une garde nationale renforcée.
Qu'on ne nous parle donc pas de la Suisse, car loin de repousser une pareille organisation, nous serions trop heureux do la voir s'acclimater chez nous. La Suisse s'est interdit, par l'article 13 du paclo fondamental, le droit d'avoir nue armée permanente. Il est vrai qu'en cas de danger, l'Assem 1 blée fédérale peut appeler au service actif l'élite, la réserve, et même la laiulu elir-; niais quelpeuple voudrait soustraire le dernier de ses citoyens à l'obligation de défis mire son pays quand il est en danger, et que la représentation nationale le déclare! Le projet de !;t haute commission n'a donc pas d'analogue en Europe, et c'est en vain qu'on
1 l.ç* [;rLL'k, st>nl confL-ivi MU i r ! 1 ■: s. cantonal», ils pou-
vtm i-:iv rufiLhis. I>j>ciid:u,t r.u ty '--['il iifiulirk? .Le cm, tous oui iltciJc qu'un citoyen niHiimo i ira g raile «rail tenu Je l'uc-
; Le ; Ijùu] i - -■.tll :i d-:= .^Tvii'ci cxccptiim-
H.'h L.^i^, .Lin- h'I.'r;.' !:■-., il' NI.1LIK >11 i!'. l'unlrc
allègue, pour démontrer son innocence, l'exemple de la Suisse, ou même celui de la Prusse.
Si maintenant, laissant de r.ùU- les comparaisons qui, après tout, ne prouvent rien ni pour ni contre une loi, nous regardons celle-ci en ellemême, nous ne pouvons ni roon naître qu'elle introduit de nombreuses pi>rturLati<>ns dansle droit public, dansle Code civil, dans notre organisation économique. D'abord elle modifie la Constitution dans un point essentiel. lin effet, d'après l'article 3!), le Corps législatif vote l'impôt, et par conséquent l'impôt du sang. Elle modifie également la loi du 2S février 1790, dont l'article 11 est ainsi conçu : - A chaque législature appartient le droit de statuer sur le nombre d'hommes dont l'armée sera composée ; ■ et celle du 11 octobre 1830, dont voici l'article 1™ : - La force du contingent à appelt.'i' chaque année, conformément à la loi du 10 mars 1818 pour le
déterminée par les chambres dans chaque session. ■ Ces deux, lois, fréquemment reproduites sous tous les ré.fimes. rappdtks ou garanties par toutes les constitutions, n'ont jamais été abrogées, et sont uiiiimjnemeiit considérées comme faisant partie de notre droit public français. Il y a donc là, dans le projet de la haute commission, un oubli ou un dédain singulier des droits les plus
représentation nationale. - Le recrutement forcé est une charge publique, dit M. Koycr-Gollard 1 , la plus grave de toutes, plus grave que toutes ensemble, puisqu'elle s'acquitte on homm.es ; pour être légitime, il faut donc qu'il soit consenti. C'est le droit de cotte nation de consentir ses charges, c'est-à-dire do ne supporter que celles qu'elle s'est imposées; il a passé des monuments de notre histoire dans la Charte, où il a repris une vie nouvelle ; le gouvernement qu'on appelle représentatif n'est que l'exercice assidu et régulier de ce droit. « M. Rover- Collard s'exprimait ainsi sous la Restauration, et tout le monde pen-
paix, posséderait en outre celui de déterminer à mm s-îv le chiffre .in coiuiu^iit annuel.
Mais ces questions de ruuM'ttutionnalité et de légalité ne sont rien en présence de ce grand fait, qu'on nous demande tous nos enfants, qu'on prend les plus robustes pour six ans, qu'on les envoie, s'il plait u l'administration, a l'autre extrémité do la France, ou peut-être du monde ; qu'on aggrave cet impôt du sang, si lourd en temps de
i La Vit ptliVijot di .If. Royr-dlh'J , jmr M, de Hannu, ¥ édition, i. J, p. 3ÏS i(.
pais, si affreux pu temps rie jjuerre; que cet ac- croissement îles charges puldiqu.es nous saisit à
l'impnivistf, ijuand, il y il un an ;'i peine, on ne pariait que tles travaux île la paix et de la prépondérance assurée en Europe aux armées et à ta
prit do famille, la constitution même do la société française, se trouvent tout à coup menacés d'un bouleversement funeste, et qu'après tant de guerres épisodiques, dont on semblait se repentir, la fortune du pays va être de nouveau jetée dans le gouffre des armées permanentes.
On nous disciplinera, dit-on; car c'est là la grâce qu'on nous promet. Ah ! vraiment, nous ne sommes que trop disciplinés. Nous le sommes à l'école, au collège, dans lus administrations, pins que les autres peuples. L'écolier anglais est libre comme l'air, en comparaison de nos enfants, soumis à la férule du maître d'études. Il vit par lui-
l'écolier est passif, ne sait qu'écouter et oljéir.
non, la caserne succédera an collège; l'enfance durera jusqu'à vingt-sis ans. Nous avions, pour l'âge mur, notre bureaucratie dont le développement est sans égal, notre centralisation, nos
commune. 1 ! en tutelle, nos réunions interdites, ou permises seulement hihis l'œil île lu police, notre action partout dirigée on supprimée. Nous regardions comme un heureux indice d'affranchissement prochain les efforts tentés par quelques esprits généreux pour introduire plus de simplicité dans nos lois, et une activité plus vraie dans nos habitudes; nous nous réjouissions de quelques relâchements accordés ou promis.
Qu'étaient-ce pourtant que ces entraves légales on administratives comparées à l'inflexibilité, à l'uniformité inexorable des règlements militaires? Il ne sera plus nécessaire, pour comprimer l'effervescence de nos jeunes gens, de les traduire eu police correctionnelle; on n'aura recours aux conseils de guerre que dans les cas graves. Il suffira, pour ies emprisonner, d'un ordre de leur colonel. Le ministre, d'un trait de plume, les enverra tenir garnison et apprendre la discipline en Algérie. Quoi donc, l'obéissance est-elte la seule vertu sociale? Est-elle la meilleure condition de l'ordre? Hst-elle la première nécessité d'un peuple qui possède le suffrage universel, et se flatte d'être souverain?
Mais plus que l'esprit d'entreprise et d'initiative, plus que la liberté dans la pensée et dans les actes, ce que nous demandions, hier encore, avec les plus vives instances, ce qui faisait l'objet
de nos aspirations les plus ardentes, c'était la restauration de la vie de famille. Que fait-on? On caserne nos enfants, on bat le tambour, on déploie le drapeau, on appelle le sergent instructeur. Tète droite, tète gauche; rentrez dans les rangs, marchez un pas, au pa- accéléré, an pas gymnastique; partit pour la garnison ou pour les colonies; affrontez la rr jaune ou les balles ; allez vivre, à vingt ans, loin île la tendresse de votre mère, loin des conseils et de la direction de votre père; formez des liaisons de hasard qui dureront six ans; apprenez, avec l'obéissance passive, l'oisiveté et les mœurs du soldat. Que deviendra, pendant cet exil, la maison'dcscrte? Et quelles habitudes, quelles idées rapportera l'exilé, après six ans de caserne, en rentrant dans l'atelier on dans le champ paternel? Nous souffrions cela, comme le plus grand des fléaux, en temps de guerre, puisqu'enSn il est décidé que noa3 ne pouvons échapper à la guerre ; nous le souffrions dans la paix en restreignant le mal le plus possihle, en le restreignant et le circonscrivant chaque joue davantage, eu espérant que le moment allait enSn venir où le règne de la
aujourd'hui où nous en sommes I Et on nous promet solennellement, pour consolation suprême, que ce réiïiiiRMie snva. pas transitoire, et
que nous y sommes condamnés pour jamais !
Mais, dit-on, cette caserne, ces voyages, ce caporal, sont les moindres inconvénients du régime militaire, et en les subissant vous échappez à la guerre elle-même, aux blessures, aux amputations, à la mort sanglante. Et cela même n'est pas vrai. Plus Vous donnez d'armées à ceux nui disposent des armées, et plus vous leur donnez la tentation de s'en servir. Quoi! c'est en pendant une épée bien affilée au côté de son fils qu'un père le rendra moins <|tierdUw? Cette logique semble nouvelle. On traitait d'utopistes ceux qui
naître cette époque heureuse uii les seigneurs se fortifiaient contre les manants, où les bourgeois fortifiaient leur ville contre la ville voisine, et leurs maisons dans h même ville contre la maison du voisin. La Prusse a huit cent raille hommes? Il nous on faut douze cent mille. Quand nous en aurons douze cent mille, combien s'en donnera la Prusse? Noos n'espérons pas sans doute qu'on nous laissera nous armer tout seuls. Ce serait un phénomène inouï dans l'histoire des peuples 1 .
' ■ Uns mallilk' iMïtik' s'i-st ivn:i>!ilo tn Europe; elle a saiil
LA POPULATION
Chaque jour, depuis quarante jours ] , le Moniteur nous apporte la nouvelle qu'un nouveau peuple s'occupe de développer tes institutions militaires. La conséquence de ces belles lois est l'armement universel, l'armement à outrance, tous les hommes et tout l'argent livrés ;'i ces préparatifs de guerre, destinés, nous dit-on, a. empêcher la guerre. Il fera beau voir, quand nous
solidement assise, au prix de cette rançon énorme ! La chimère de la paix, universelle n'attendait, pour se réaliser, que cette immense levée de baïonnettes. Oui, quand on forgera des épées sur toutes les enclumes, quand on coulera des canons dans toutes les fonderies, quand tous les arsenaux regorgeront de sabres et de revolvers, de balles, de mitraille et de pondre, quand toutes les villes seront fortifiées et tous les remparts hérissés d'artillerie, quand notre seule musique sera le fifre et le tambour, quand toute notre jeunesse
ara prince», ol leur luit entretenir im nombre désordonné de [ronpu. Elle a. soi redoublement i, et elle devient .le plui en pins
no gagne rien par \\ m;'- U o .impuni', Cliaoue monarque
lient ut pied lontcslcs nnnios qu'il pourrait avoir si loi peuples l'taient en danger ilï-lre «Wrinin.'s, -t on nomme [mise un eTorl Je loua contre tous. • Montclquio", Eipril Jri LoU, 1. Mil, e. ira. I Ceci eit écrit le 5 février 1SS7.
portera le ceinturon et le havresnc, alors nous n'aurons plus de princes ambitieux ni'de ministres turbulent', nous pourrons librement réunir des congrès européen* ; nous prendrons debonnes mœurs et des habitudes douces; nous ne craindrons plus ni coi;imo!i(ms nu dedans, ni complications au dehors. Et que deviendra l'indnstrie pendant ce temps-là? Elle en sera quitte pour diminuer le nombre des broches et pour éteindre quelques hauts fourneaux. Et nos champs, qui, déjà, manquent de bras? On les laissera en jachères pour les transformer 'plus aisément en polygones. Et les lettres, qui ne s>> recrutent plus? La poésie de corps de garde en tiendra lieu. Et les arts'qui s'abaissent? Nous nous consolerons, eu comptant nos régiments, do voir reculer la civilisation.
Ne parlons pas des finances ; car ici nous n'aurions pas de prétexte à enthousiasme. Une armée de 400,000 hommes coûte 300 millions; il faut 68 millions de plus pour avoir une armée de 480,000 hommes. Si ces 480,000 hommes sont tous appelés, comme c'est probable, puisqu'on demande une i'i';(.n'vo en dehors de cet effectif, la
l'armement et l'instruction. Dieu nous préserve de prononcer le moindre chiffre ; ne fournissons
Dbitcod by G
LA POPULATION
pas matu.'S'o à lu verve srilinijin.' tics <.'o:iiruis d'administration <?t des membres de l'intendance. Nous pouvons bien dire cependant que, suivant les dispositions du projet, le même décret qui douM<T;i l'arjii'v ;ii-liv« (S<ml>Ujfa les l'i-p-'iincs. Ainsi le ministre de la guerre pourra, de sa pleine puissance et autorité ministérielle, ajouter au budget un total de 180 millions; l'empereur en pourra faire autant par décret. Si même on
vu jns'piïi triples- ]'anu>;e en 'St.-ncû îles chambres, à la charge de leur en référer plus tard, pela fait nu bas mot 720 millions de supplément. II est vrai que la chambre, assemblée après coup, pourrait rappeler les hommes de la mobile ; mais annulerait- elle les dépenses faitesï Ainsi le nouveau projet ne peut pas nous coûter moins de 200 ou 300 millions par années ordinaires, et il peut enfler le hudget des dépenses de 700 ou de 800 millions dans les années où la guerre paraîtra menaçante. Quant aux années de guerre, elles i'rliuppi'ni naturellement aux prévisions. Ce n'est pas tout. Pour ces grandes masses et ces grands mouvements de troupes, il faudra des casernes, des voitures, des chevaux, des moyens de transport, peut-être des logements chez le bourgeois, sorte de prestation féconde eu vexations cl en abus. Quel amortissement on ferait avec ce demi-milliard ! Quelle
quantité de travaux productifs! Quelle transformation îles finances et (lu pays! Mais non; ne
ne l'avons pas. Cette dépense colossale que le projet nous demande, nous n'avons pas le premier centime pour y suffire. Il faudrait augmenter les charges ou la dette. On n'oserait pas le frire pour îles iiMvmix d'utilité puldique. nmis un le fera pour discipliner la France et l'Europe. — Si nous ne faisons pas ici entrer en ligne de compte les journées de travail perdues par cette mainmise de l'État sur les six années île la vie où le travail est le plus productif, c'est qu'il ne faut pas abuser des démonstrations par chiffres, surtout dans les matières où l'imagination la moins fertile trouve d'elle-même les preuves et les développements.
Les Anglais ont eu, comme noua, leur panique, et sans plus de raison que nous. Ils ont cru, il y a quelques années , à une invasion française,
une invasion prussienne. Mais alors qu'ont-ils fuit? Ils n'ont pas songé ïi uiu.'Ttieiiter leur armée i:i'rni;i:iriit!i ; :1s n'ont ]i;is lait île lc-i [mur l'iiri'^iinenter île gré ou de force tous les jeunes gens de vingt ans : ils ont créo des compagnies de volontaires. Cette sorte de milice impose au lui i.i'i."' chaire U'^éci' : trois livres sterling par homme et par année pour l'instruction et l'armement 1 ; elle n'impose aucun sacrifice aux
port pnimnté i\ l' Assemblée coiutitumile le 5 avril 184a : « Nous ndmrltouj .|uc iluiqnc Inimitié qui en itisc-rit sur ]e« contrôles ili! !ll [é : ^f..- .'Li'. i liki |"i;j^.iIl .'If: iM'rLO ]i1il: l:ti: !,iLin.t. li.i 1 : i^t i . i ^- -
képi, u» paire de guêtres Je loile et une [mire de wulien. L'ensemble t!e «J effets est HttauS a 2" fr. La [iranien réunion duro
L OUVRIER Pli HUIT ANS
familles, puisqu'elle uVrasiiuiiK' ili déplacement ni perte de temps. Ce n'est pas une armée, c'est
fort mal exercée et assez mal organisée. Cela peut être; cela mOme semble probable. Nous approuvons l'idée, sans nous préoccuper de la faron n'ont on l'applique. L'organisation militaire de la Grande-Bretagne n'est pas un modèle à suivre. Quand nous avouons hautement que noua préférons une année de résnrve ;'i une armée permanente, c'est à condition quo cette réserve puisse rendre le service qu'elle est appelée à
■jnte Mire, et en sMitanl cin.i . ' ir. poisr I'.iïI.t '1 '■■ i . jiar jour, cela fera 45 fr, par bompu, qui, j«inljnui
jinép 6 1/2 journeei
par lluuillK- .!(■ l'arllR" «<l 1. J jL-uns™ par hnrnlui' la
I L'enieiolile ilui dépimM Jllililniiei de n-Iurupc ifKm a 3 millimniB, mil 10 fr. &> par lite de population; ce chiffre ne ■'fleurait plu qu'a 1 milliard d'apris la moj-CDBe de la Suinc. >
rendre, à condition qu'elle puisse protéger immédiatement et efficacement le pays en cas d'agression. Indépendamment de l'intérêt national , qni est manifeste, c'est l'intérêt individuel de chaque volontaire. Après le bonheur sans égal de ne pas être incorporé, il n'y en a pas de plus grand que d'être incorporé dans une lionne troupe. Une milice incapable de manœuvrer, d'obéir et de persévérer dans l'obéissance, »fùtelle animée du plus vif enthousiasme patriotique et composée d'habiles tireurs, ne peut que harceler un corps régulier et ne peut pas le vaincre. Peut-être nos maréchaux abusent-ils de cette vérité en l'exagérant. Ils prétendent qu'une réserve, pour être solide, doit être composée ento- ;ali(<'', ou iiu iii.jus en lii'aiiiir m;. i i ■ i ■ i r ê, d'anciens
soldats, et que, pour faire un bon soldat, il fant sis années de célibat et. île laseruement. Le rapporteur du projet de loi soumis en 1848 à l' Assemblée constituante 1 n'en demandait pas moins de sept. Noos nous refusons absolument à admettre cette prétention ; un soldat n'est pas à ce point difierent d'un citoyen ordinaire ; il ne l'est pas, il ne doit pas l'être dans un pays libre. Que veut-on faire de lui pendant un apprentissage de sept années? Lui enseigner l'exercice? C'est
l'affaire Je six semaines. L'endurcir à la fatigue? Nous savons tous que la vie de garnison est moins dure et moins laborieuse que celle des ateliers. L'accoutumer à l'obéissance? Il a dans son livret le Code militaire, qui est d'une éloquence persuasive. Lui donner un autre 1 esprit que celai de la nation? Est-ce cela? Caruot, qui s'y connaissait, disait avec raison qu'un vieux soldat est un soldat qui a fait la guerre, et non pas un beau fils qui a paradé dans les revues et fainéante dans les casernes. - Les troupes nationales du roi de Prusse, disait-il, ne sont assemblées que six semaines par an. Nous l'imitons en tout, excepté en ce qu'il a de mieux et en ce qui convient le plus au génie de notre
précieux; mais nu suidai ancien est celui qui a fait la guerre. Celui qui n'a fait que pirouetter sur une e.ipkuiailt' pendant huit ans est aussi nouveau
Il semble qu'on peut opposer victorieusement à l'autorité do nos plus grands hommes de guerre la parole de Cnrnot et l'exemple de l'armée prussienne, qui ne passe que trois ans, ou doux ans et demi sous le drapeau, et qui parait suffisamment exercée. Nous ne parlons que de
1 Simoun ™r Canal, pat «in fili, 1. 1, p. 13a.
l'infanterie et non des armes spéciales, et nous disons que l'exemple île la Prusse donne droit aux plus ignorants de soutenir qu'on se faromie vite au métier de soldat '. L'armée suisse est un exemple encore pins frappant, lille n'est au fond qu'une réserve; c'est moins une armée qu'une garde nationale, mais une garde nationale bieu exercée et bien organisée, qui a le double avantage de ne pas permettre a la Confédération de rêver la gloire militaire, et do garantir pleinement la sécurité des citoyens et l'inviolabilité du territoire. Sa supériorité ost duo en partie à ce qu'idlo n'est pas coiiipusée de volontaires. Eu cas de péril, les hommes de la laïuhvehr doiieut le service comme ceux de la réserve et de l'élite, et ne peuvent refuser de marcher au premier appel de l'assemblée fédérale. Ce qui est vexatoire,
permanentes, devient naturel et légitime avec le système suisse des armées purement défensives. Le même homme qui peut se sentir révolté à la
ro»ditn, viiilet lu anpi .!o la Sltuin, si vou nmi il vous iiïci rien II nrpremire »BÏ IroUpM qui U «ttjpotïû!, i
«ou. 1. rêjubllq.., pi**,tai»nl avec .mpressèment aux consuls et aux tribuns choisissant leurs soldats au Cripitole, Us avaient même, dans le or aristocratie de propriétaires attaché le droit de servir a la possession du soi; les prolétaires étaient laissés chez eux ou relégués dans le service de la marine '. Tout chauffa quand Auguste inaugura le gouvernement personnel et remplaça la patrie par le prince. Lorsqu'il voulut lever des légions après la défaite île Varus, les uns se cachaient dans les ateliers d'esclaves, les autres se coupaient les deux ponces. On confisqua les biens d'un grand nombre de jeunes Romains qui ne voulaient pas répondre a l'appel; on fut obligé a la fin d'en enndamner plusieurs à mort : autrefois on avait vit des ilomains punis de mort pour avoir combattu hors ilos rangs J .
La Suisse, comme l'Angleterre, a ses volontaires; mais ce sont des \ oldiitaires de douze ans. Ce n'est pas exanéra- que du compter au nombre des institutions militaires les plus sérieuses co
qu'on appelle en Suisse les écoles de cadets. Noua avons eu à Berne, en 18(55, un congrès des sciences sociales, où la ville nous a donné deux fêtes républicaines dont tous 1rs invités garderont un souvenir durable : une soirée avec concert sur le sommet d'une montagne, oii des fleurs et des fruits nnm fmvut nu ii' useraient offerts par des jeunes filles de douze à quinze ans, portant le costume national, et une revue de l'école lies cadets. Les bataillons, en grand uniforme, précédés de leurs sapoui'-; (des soeurs de douze ans" et de leur musique, partirent lie bonne heure du contre do la ville : l'uni i le rie. avec ses canons de campagne, fermait la marche. Trois officiels fédéraux à choval guidaient la brillante armée,
deux partis, qui prirent leurs positions et entrèrent aussitôt en lutte. La petite guerre dura plusieurs beures, avec accompagnement de feus de peloton très- nourri s et lia décharges d'artillerie. Tous les soldats marchaient, couraient, tiraient le fusil ou le canon, se débandaient, se ralliaient avec une sûreté d'allures, une habitude de la manœuvre, un sérieux, une joie contenue qui faisaient notre admiration. Ils étaient évidemment aussi bien dressés que le sont nos
as
cite. Cependant ce nom d'école de cadets ne doit pas nous faire illusion; toutes les écoles d'instruction militaire en Snis,^, même celles de ïlioune, destinées à fumier les officiers, sont des rassemblements sons la tente dont les plus longs ne durent que tront'j-ciiiq jours' 1 . Grâce à ces écoles, que nos cadets et des gens plus âgés qu'eux peuvent considérer comme un temps de plaisir très -attrayant . la confédération , qui s'interdit la faculté d'avoir une armée permanente, est toujours en mesure d'opposer à l'ennemi des soldais de vingt ans, rompus à fous les détails du métier
M. Edwin Chadwick a publié récemment ;\ Londres un curieux mémoire sur l'utilité d'enseigner l'exercice aux enfants darfs les écoles, au lien de l'enseigner à ries hommes faits qu'on arrache aux ateliers J . Les heures ainsi em-
ployées par les enfants ne coûtent rien ni à l'industrie, ni aux familles, ni aux enfants euim&mes, pour qui c'est une récréation agréable et
d'infliger aux ateliers la perte d'un grand nombre de journées de travail, mais M. Chadwick pense qu'on augmente les forces du travailleur futur, et que trois enfante habitués à la gymnastique militaire donnentplus tard le travail de cinq ouvriers. La dépense est d'ailleurs minime, puisqu'il n'en coûte pas plus pour 130 enfants que pour un seul adulte. Les expériences se poursuivent en plusieurs écoles, et notamment aux portes de Londres. Nous avons eu nous-mêmes plusieurs fois l'occasion d'y assister, soit avec M. Chadwick, soit avec M. l'inspecteur Carleton Tufnel. On fait aussi aux États-Unis des tentatives analogues.
Pourquoi n'en ferions-nous pas autant! 11 y avait dans les lycées, sous l'empire, une institution analogue, quoique moins développée. On voyait encore en 1836, au collège Louis-le- Grand, les râteliers d'armes où les Lycéens de 1810 déposaient leurs fusils après la parade. Leurs successeurs jetaient des regards d'envie
*wi of Imprwhg tfu finmitmtiti far tht Jrmy Md Ikê Navy. Bj Edirin Cludniek, ctq., C. >!., correspondant île rlnttitut. Ijjii- Oira, lB6fl.
plus grande félicité, à doune ans, que de jouerait soldat, et de pouvoir se prendre au sérieux. Que craint- on î De développer outre mesure la vocation militaire? Pas du tout; ce qui plaît aux enfants, ce n'est ni la caserne, ni i'ohéissance passive, ni la discipline, ni les détails arides du service; c'est le mouvement, le fusil et l'uniforme. Nos jeunes Franrais n'aiment que cola, c'est-àdire tout ce que la collège ou l'école primaire pourraient leur donner. La France est belliqueuse, ella n'est pas militaire. Ella l'a été un moment sous le premier empire; c'est peut-être pour cela qu'elle ne le sera jamais plus. Notre jeunesse se désespérerait si on la forçait d'entrer tout entière, en temps de pais, dans les régiments; elle n'a qu'ane passion médiocre pour la garde nationale, qui se borne à fournir des factionnaires aux mairies et des escortes aux enterrements; mais elle courrait se battre si la patrie était menacée ; et même, s'il ne s'agit que de s'assembler le dimanche, de s'eiercer an tir, de fréquenter la salle d'armes, d'apprendre l'exercice à feu, elle entrera dans les volontaires avec enthousiasme.
C'est ce que prruivenl les sacii'-tùs de francs-tireurs organisées dans les Vosges, à Kpinal, Keufchàteau, Saint-Dii' 1 . Mirccourt, Hemiremont, et
dont l'une, celle d'Épinal, est placée sous la présidence du prince impérial. Ce sont de véritables compagnies de volontaires à la manière anglaise, avec uniformes, organisation hiérarchique, parades militaires. Il existe aussi dans la Moselle et dans la Meurthe des sociétés analogues, plus indépendantes dans leurs allures, aussi martiales, moins militaires, fondées d'abord pour le plaisir, recrutées parmi les chasseurs, puis ouvertes a toutes les classes de la société, luttant pour les prix partout où il y a des concours, le plus souvent aveu succès, prêtes, s'il le fallait, à faire le coup de fusil avec les Prussiens, et à montrer à nos maréchaux qu'on peut avoir du cœur, des muscles d'acier et un coup d'osil infaillible, sans avoir fait vœu pour six ans de gamelle, lie célikù <:L il'oln-is^nn:^ [i;tssivi*.
Assurément, nous ne nous faisons illusion ni sur les écoles de cadets, ni sur les francs- tireurs. Quand même nos lycéens connaîtraient tous les secrets de la charge en douze temps au sortir du collège, nous ne les prendrions pas pour des vétérans; et nous ne comparons pas avec les volontaires anglais, encore moins avec l'élite et la réserve suisses, les sis cents habitués de tir qui forment tout l'effectif des francs-tireurs dans le département des Vosges, tes cent cinquante francs -tireurs de Metz, la petite troupe d'Ars-
sur-Moselle, ou même la Société de tir du département de la Meurtbe, qui a pour but « l'exercice du tir a la carabine, du tir au fusil de chasse, à la balle sur des cibles fixes, et au plomb sur des cibles mobiles, le tir au pigeon en liberté, et le tir au pistolet'. » Nous pensons seulement que l'habitude de s'associer, de s'exercer, de porter un uniforme, de se livrera des exercices corporels et surtout à celui du tir, est propre à fortifier notre jeunesse, à l'endurcir, à l'aguerrir; nous ne dédaigaons pas, tant s'en faut, le tir de Vincennes; le* pniitré* du Sport, quand ils n'ont pas le jeu pour conséquence, nous paraissent un accroissement de force pour notre pays. A plus
sures qui auraient pour objet de créer une ré-
en exerçant plus efficacement la garde nationale. Nous voudrions qu'on revint aux dispositions de la loi du 22 mars 1831 , en modifiant l'article 139 [titre VI), qui permet de mobiliser provisoirement la garde nationale par ordonnance, en exigeant des candidats aux grades certaines conditions de service antérieur dans les rangs de l'armée active, et en prenant des mesures sé-
et l'instruction complète. Il est contre le se:i* commun d'avoir une garde nationale et de n'en rien faire, d'avoir une réserve et de ne pas l'instruire, de no faire aucun effort pour répandre dans la jniïmlatiii!! l'iKiiiiiiidp du fusil H iiits exercices corporels, d'attendre enfin le péril pour faire la loi en vertu de laquelle le service effectif devient obligatoire pour les hommes de la réserve. Précisément parce i|ue nous sentons vivement la nécessité de réduire les armées permanentes, nous appelons de nos vceui toutes les mesures qui feront de la garde nationale un inexpugnable rempart. Une telle force, incapable d'attaquer, invincible si on l'attaque, est le symbole de la paix, tandis qu'une armée permanente, symbole et incarnation de la guerre, est une menace pour le peuple même qui s'épuise et so ruine à l'entretenir.
Nous voyons bien que les maréchaux prétendent qu'il n'y a pas d'armée effective en Prusse parte que le service n'y dure que trois ans, et qu'il n'y a pas même une réserve en Suisse parce que l'élite est, nu fond, une garde nationale. On ne passe pas impunément sa vie à inspecter des troupes et à coiuniandi-i- l'école île bataillon. Un officier se fait, à la longue, un certain idéal de perfection militaire qui ne laisserait pas subsister graml'chose do l'homme et du citoyen dans le soldat. Eh bien, puisque nos maréchaux veulent ;ï tout prix des régiments, et qu'ils pensent que ce casernement universel r.st l'unique moyen de défendre le pays, voici ce que pensent de leur ci'itë des hommes qui ne sauraient pas manier un fusil, qui n'ont jamais marqué le pas, qui n'ont pas riii'iLii! îïpcivn nnri'i'ieui' d'une ielile. qui ! l ~ . ■ - i r
vu les champs de bataille qu'après la bataille et
à l'état de cimetières, et qui ont étuJii- la tactique uniquement dans VSittoirt du Consulat et de l'/i'myire. Ils pensent que le meilleur moyeu d'affaiblir la France, c'est de l'enrégimenter, et Qu'il ne faut pas jouer aux soldats pendant la paix si l'on veut a\nir île bims soldats pendant la guerre. La belle avance, suivant ces ignorants, ces bourgeois, ces gardes nationaux, si la ligne de bataille est droite comme une ligue géométrique, si l'exercice se fait avec précision et rapidité, et qu'il n'y ait sous tant de képis, do buffleteries et de tuniques à une ou deux rangées de boutons, ni coeurs, ni muscles? Vous voulez rester le premier pouplc militaire du monde?
faîtes des hommes. Vous voulez organiser la vie- Pendant que vous ne pensez qu'à faire l'exercice et à multiplier le.s régiments, vous ne vous apercevez pas que les contingents annuels vont en diminuant, et que les conscrits n'ont plus la taille.
Quoi! la lenteur des progrès de la population inspire de tous côtés de justes alarmes, et on vient nous annoncer, comme un fortifiant, une loi dont la premier mot a pour but de diminuer les mariages? Le nombre des mariages diminue chaque jour, sans que vous preniez la peine de vous en mêler. Il diminue dans toute l'Europe :
en Suéde, d'un viri<rt-<tenxi(niic en trente ans; en Portugal, d'un treizième en trente ans; en Russie, d'un neuvième en trente ans; en Angleterre, d'un huitième en soixante-dix ans; en Hollande, d'un sixième en trente-six ans; en France, de deux cinquièmes en quarante et un ans'. La proportion n'est-alle pas assez forte? En 1784, un comptait en France un mariage sur 108 habitants; en 1844, on n'en comptait plus qu'un sur 122; en 1851, un sur 124,73/ La statistique donne pour 18(12 un mariage sur 12:î,18 habitons. C'est une amélioration pour 1851, qui ne nous remet pas au niveau de 1844. Est-ce pour remédier à cet état de choses qu'on propose de modifier d'une si étrange façon l'article 141 du Code Napoléon, et au lieu de dire : L'homme ne peut se marier avant dix-huit ans et la femme avant quinze ans, de rédiger ainsi cet article : « La femme avant quinze ans révolus, l'homme impropre au service avant dix-huit ans révolus, et l'homme bien coiLt'^niu'' ;ivant vingt-six ans révolus, ne peuvent contracter mariage? » Ce serait une belle réforme en effet, digne de notre prévoyance et de nos mœurs, et de telles mesures nous promettent une ère toute nouvelle do prospérité et de vigueur.
Sans doute on peut alléguer qu'il n'est pas tant question de se marier que d'avoir des enfants, et que ce n'est pas précisément la même chose. Ces jeunes hommes bien conformés, à qui seuls on défend le mariage de vingt à vingt-sis ans', no mèneront pas dans leurs casernes la vie édifiante de novices qui ont fait vœu de chasteté. C'est la ce qu'on fait, mais ce n'est pas là ce qu'on veut : il y aurait trop de honte ! Cependant laissons la morale pour un moment, et ne voyons que la question de chiffres. Les unions de hasard, pour mille raisons, ne sont pas aussi fécondes que les mariages; les enfanta qui en pro-
ou meurent en bas àge a , ou donnent des hommes incapables de porter les armes. Il faudrait lire la tihle de mortalité des «lifauts : c'est une étude
. Oc plBtdt, si »n *n coil les Wultl ripudu *.r loi inbtlitni h celui de In hiule ooramiiaion, Oo su il
' Iji irairlalilo dn tnfiintl d'un jour & an »n, p périma de huit ni.ncc. (1IM-1Ï60), csi, pour lu tiùrc, eufanta légilimts, lri.;i:> O/ti; pi]fnsjM iIU-|Titïnipn Iji disproportion Cil plna fmipiïinlo iluili loi ilopar
poignante. Ils démontrent que l'humanité dégénère, en quantité et en qualité, partout on les hommes -vivent en troupe, nu lieu rtn vivre en famille'. — Les hommes ne sont point faits pour i.*tre entassés en fourmilières, mais épars sur la terre qu'ils doivent cultiver. Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. Les infirmités du corps ainsi que les vices de l'âme sont l'infaillible effet de ce concours trop nombreux *. — Quand la grande industrie, qui procède nécessairement par agglomération d'hommes, peut placer ses usines au milieu lies champs, quand surtout elle peut permettre à ses ouvriers de donner pendant l'année une partie de leur temps aux travaux
viviii;mi- tic l'iiat'intitui-i- m 'iiv dii jumI hiage,
elle n'exerce pas une influence délétère sur la race; l'air ambiant reste sain si celui des ateliers s'altère, et une aisance plus grande, due à lY-li'ivanon des salaires, fimvtiit ]<■•? moyens il'une alimentation réparatrice. Nous savons que cet isolement des grands ateliers n'est pas toujours possible, et qu'en industrie, la foule appelle la foule. Plus l'industrie fera de progrès , et plus
parlt bÉnéfidB rt-cuknr,: .■'-nis.- iii-lkLirn n,,nrrUurc. L'iljffi'™*™- [ir.'ii n'en fit pas inclus ]iur 1- 1 Ii:-iïn"-ni^ nui' r.ime île ili'gitaârts-
- J.-J. IloUH-nu, SmilV, liï. 1". EU. MuSiUt-Pallai;, i. III, p. 5*.
un verra les hauts fourneaux se rapprocher les uns des autres et mêler dans les airs les flots noirs
■ le k:uv f in-'';'. Celle. <:oiie.eiiZi-e.U"-A tToissiinle i\p. tant d'hommes sur les mêmes points atteint la race au crenr. Mais enfin, l'industrie tt sa raison d'être; elle est un grand instrument de civilisation et de progrès; le mal qu'elle fait est plus que compensé; il est loin d'être irrémédiable; les associations sont a l'œuvre de toutes parts pour rétablir la vie du famille, pmirarrnclier la femme aux ateliers, et l'homme à l'ordinaire et au garni. C'est pendant qu'on y met tant de cœur, et qu'on commence à peine à concevoir quelque espérance, que vous venez nous proposer des agglomérations bien autrement dangereuses, des agglomérations de jeuni?» gens oisifs! Vous les exercez à la marche et an fusil trois heures par jour, vous los réunisse:: par gamelles et par chambrées, et vous les lâchez le reste du temps dans les faubourgs des villes: c'est ce que vous appelez les discipliner!
Nous parlions des unions de hasard, qui donnent peu d'enfants , le mariage lui-même devient de plus eu plus infécond. Ou Comptait en Franc?, de 1829 à lHMIi, quatre naissances par mariage; de 183-1 à 1838, il n'y en avait plus que 3,8 ; de 1839* 1843, 3,4; en 1834, 3,36; en 1856, seulement 3,21 ; pour la période de douze années
l.'01'VHIKl! Eli HUIT ANS
comprise entre 1S31 et l«:i2, 3,06. Est-ce prudence? Est-ce impuissance? Très -probable m eut l'une et l'autre. On ne veut pas faire des malheureux ; ou plutôt, car cette prudence homicide n'est guère à l'usage dos meurt- de-faim, ou ne veut pas se charger d'enfants; on veut diviser la fortune. en deux, avec l'espoir que chaque enfant doublera sa part et que la famille gardera son rang. Les familles pourront garder leur rang, en effet, avec ces calculs égoïstes; mais la France ne gardera pas le tien. La diminution du nombre des mariages au profit de la débauche, l'infécondité des mariages, la mortalité excessive qui pèse suites enfants assis tés , sont il' 1 ? sujets de méditation aussi sérieux qu'une guerre, car c'est, en effet, la guerre à l'intérieur avec tontes ses consé-
IIUUIIL'US (lu ili''|i-:.)[!ul:iti<>li L'i. l";i[>;i;;ill l"ï - • i ■ 1 11 l! li t . H
est certain que les progrès de l'hygiène, agissant eu sens inverse des causes que nous venons de signaler, laissent constater d'année en année un faible accroissement de population. Mais puisqu'il s'agit de la force relative des peuples, la question est de savoir si la population augmente chez nous dans la même proportion que chez nos voisins. C'est cela seul qui importe; et, malheureusement, il est impossible de se faire à cet égard aucune illusion. De 1801 à 1851, la population a passé en Angleterre de 8, £31,431 i
LA POPULATION
10,1)10,947, c'est-à-dire qu'elle il plus que donblé; en France, dans la même période, uom avons passé de 27,340,003 à 35.783,170. Pour
nous aurions dû, en 1851, avoir plus de 5-1 millions d'habitants.
La disproportion suit d'année eu année une marelie assez régulière, ce qui n'est pas Tait pour nous tranquilliser. Nous avons même eu en France deux années, 1854 et 1855, où le nombre des décès a dépassé celui des naissances, savoir : de 69,318 en 1854 et de 37,271 en 1855. Il est vrai que ce sont deux années particulièrement calamitouses. Le dernier recensement donne une augmentation de 080,933 habitants pour la période quinquennale de 1801 h 1800. Le ministre de l'intérieur veut bien s'en féliciter dans son rapport à l'empereur. C'est pourtant un faible accroissement, et qui devient un juste sujet d'inquiétude, quand on le compare aux progrès do nos rivaux. C'est un fait établi que, l'Angleterre ayant doublé sa population en cinquante ans, toutes choses restant en l'état, nous n'arriverons à doubler la mitre qu'en cent vingt-deux ans.
Prenons maintenant les guerres les plus meurtrières : est-ce qu'elles dévorent pins d'hommes que ne nous en coûtent chaque année ces causes si diverses et pourtant s: connexes : la diminution du nombre des mariages, leur in fécondité, la mortalité des enfants, leur mauvaise constitution duo à la mauvaise éducation! Pourquoi donc se préoccuper exclusivement des eut strophe s habilement préparées par du grands ministres et rapidement produites par de savants généraux sous le nom de batailles réudéus, et oublier les ravages
mœurs? Vous aurez beau, par vos nouvelles lois, prendre tous nos enfants : vous ne prendre?, que ce que nous avons, et le jour viendra où nos voisins feront ieurs levées dans una massn d nommes plus épaisse.
Il semble que ces réllexurns sont d'une justesse évidente, et qu'elles doivent nous exciter h songer avant tout aus movens d'accélérer l'accroissement do la population; car si la popuia-
tion diminue, l'armée diminue, c'est une cotisé- . quenco nécessaire. Cela ne fait pas l'affaire de nos recruteurs qui voudraient entrer en ligne la campagne prochaine, et qui nous entendent parler .de mariages à conclure et d'enfants à élever. Qu'ils songent bien, cependant, qu'ils n'auront leur armée de 1,200,000 hommes complète que sis ans après le vote de la loi, et que même pendant cette période, le mal que nous signalons progressera toujours. On croirait que ces grands généraux oublient un des éléments essentiels de la tactique militaire ; ils oublient la réserve. Ils ne voient pas la population derrière l'année.
On a préconisé pendant quelque temps, en France, un système injustement peut-être attribué à Malthus, qui, comme plus d'un chef d'école, n'était pas de l'avis de ses disciples. Ce système consiste à soutenir que la prospérité d'un peuple no résulte pas de la densité île sa population, mais de l'exacte proportion de sa population avec sa richesse. Il a du bon dansées termes ; on
l'aient plus riches et pins heureux s'ils étaient plus clair-seniés. La vérité est que, dans un pays suffisamment fertile, le travail d'un homme, bien dirigé, nourrit plusieurs hommes; qu'il faut d'abord faire rendre à la terre et à l'industrie, par
le travail, tout ce qu'elles peuvent donner; et que l'abondance et la qualité du travail sont des générateurs de richesse bien autrement puissants que la quantité et l'excellence des matières premières. La France, pour ne parler que d'elle, a reçu tout ce que la nature peut donner; il s'en faut dit tout au tout qu'elle en tire, par le travail, tout le parti possible. Non-seulement elle manque, sur bi'.iuomp di> pointa, de méthode et d'outillage, mais elle manque de bras presque partout, et principalement dans l'agriculture, lille n'a que faire des Malthusiens qui, au lieu de la guérir, aggravent pou mal ; et de ces Malthusiens d'une autre espèce qui, ne pouvant empêcher les hommes de naître, commencent par les rendra inutiles dans des casernes, jusqu'à ce
dans des champs du bataille. Elle a autre chose à Taire, dans la disette d'hommes dont elle gémit, que de se laisser prendre chaque année sa jeunesse dans sa fleur.
Elle sait que le sacrifice qu'on lui demande n'est pas de six ans seulement, et qu'on lui prend un ouvrier pour lui rendre au bout île sis ans un garde champêtre l . S'il lui fout des défenseurs,
ïim. «ini «Itor lin"! Li riHus. >,l rul';iime il knwiiogiw, ;i v.-: nri: îl fimfi îi^t-lcirltcur. Aln-i 1V.jii:i : û f.iit duiibluuccil
et il lai en faut, elle s'en fera en augmentant sa population et non pas en la décimant '.
S'arrêter, c'est reculer. Il est facile de le prouver par la raison politique, car ceux qui s'arrêtent s'arrêtent seuls, et par la raison philosophique, car l'homme est intelligent et libre. Non-seulement, si nous étions sages, nous augmenterions notre population intérieure, mais une fois le sol peuplé, nous essaimerions pour donner dans (oute l'étendue liu monde on véhicule aux. idées et à la puissance françaises. N'ayons pas ces visées île force lointaine pour le moment.
mut jihuconuin Ml ivf.iU lial.ila^ ;'i ni irai ail pr-ifVniounel ; il a lUuppril l'élut qui te faiiiiil vivre; ils pcnln sept aaaécsik pratique et d'oipcriei.cc. Enfin, il arrive i vingt-iept tut mu avoir ■DCOnt avance; s'il est ai Ha clumjH, il a contracte l'iiahitml,:
Ne songeons ni au Canada lîtouflï* par les États- Unis et les colonies anglaises, ni à Pondichéry, imperceptible auprès do Calcutta, ni à l'Océanie
continentale dont il faut avant tout remplir les vides. Il nous reste encore des déserts dans l'ancienne Gaule; de vastes plaines incuites où Cadmus pourrait semer les dents du dragon.
Celui qui ajouterait un million au chiffre de notre population ferait Lien plus pour la prospérité et la prépondérance du pays que celui qui, au prix du sang, nous donnerait un territoire de quelques lieues. Qu'est-ce qu'une terre sans hommes? Ce qu'est une caisse vide dans un convoi de chemin de fer; du Lois mort.
Nous avons peu de population ; nous en avons do moins eu moins, par comparaison, et, pour comble, ce peu que nous avons s'offaihlit. Ce n'est pas tout que d'avoir peu de conscrits a discipliner: vous êtes menât fa, si von? un prenez des mesures énergiques, d'avoir dans quelques années des conscrits rabougris et souffreteux. Le fusil a aiguille est une belle armo, encore faut-il qu'on puisse lo porter.
C'est un jouet pour nos braves troupiers que le fusil de munition. Ils le portent comme une . plume ; ils le manient, ils le chargent, ils l'ar- . ment avec une aisance incomparable ; ils ne sen-
Li POPULATION
tenl le poids ni du sac, ni du pieu, ni de la marmite. Faut-il naviguer pour la première fois? Ils débarquent tout frais au .lapon, à la Cochinchine, au Mexique. Faut^il faire trois cents lieues de chemins de fer, et une trentaine de lieues à pied par étapes pour se reposer? Ils sont aussi jo3 - eux et aussi alertes à l'arrivée qu'au départ. Sonnet-or) la charge avant (l'avoir mangé ou dormi? Ils vont au feu comme à une fête, et culbutant l'ennemi avant d'avoir seulement pensé au danger. Ce sont les premiers soldats du monde, nonseulement de leur avis, mais du nfllre, et de l'avis même des autres peuples. Cela n'empêche pas qu'ils n'ont plus à présent que 1 mètre 560 millim., minimum fixé par le décret du 13 avril 1860, tandis qu'ils avaient, en 1818. 1 mètre 576 millim. 1 ; en 1803, 1 mètre 598 millim.; en 1701, sous Louis XIV, 1 mètre 624 millim. â . Ce sont de grands héros et de petits hommes, et de plus en plus petits.
Pondant que l'administration de la guerre diminue ses exigences sous le rapport do la taille, l'Académie de médecine se livré sur le même sujet à une enquête non encore terminée, mais qui semble établir une amélioration dans la stature
' Loi du 10 mura 1B1B.
: OnlomuiiiK [lu 1M jiiBviisr 17i|i. i " nj-Lillct les compta randot officiait ilt ncrntemiist juqn'k 1860.
et dans la santé des générations nouvelles'. Il est certain que les résolutions de l'administration et les constatations île l'Académie ne sont pas contradictoires. C'était affaire au premier roi de Prusse de ne vouloir que des régiments de géants. Un petit soldat peut être un excellent soldat. Il fallait d'ailleurs songer à l'inégalité de la taille dans les différents départe monts, inégalité qui devenait la source d'une injustice soufferte par les localités peuplées de beaux hommes. M. le doctour Boudin prétend que sur 10,000 jeunes gcn* âgés de 20 ans, on en trouve 904 eu Normandie ayant une taille de 1 mètre 73, tandis que la Bretagne n'en fournit que 444. Et il ajoute qu'en revanche 1 ,000 Bretons produisent 705 hommes aptes au service, alors que 1,000 Normands n'en fournissent que 043 a .
Admettons ces explications; admettons même, avec M. le docteur Boudin et M. Pidonx, l'ac-
Dc 1831 à l)a 1836 \
Do lfljl il IBS De 1856 1 180 'Letirc loeàl'Ac
MMeiitit [.,n- M. )'.. claiil. 22 janvier 1M.
Diqinzcd by Qsoglc
LA POPULATION
croisse ment constant de la taille et la diminution continue des infirmités dans la population recrutable. M. Boudin lui - même ne présente pas comme très- favorable une situation qui, dans un pays favorisé comme la Normandie, oblige à exclure de l'armée, comme impropres an service, plus du quart des jeunes gens appelés au tirage. Un écrivain dont on ne contestera ni la modération, ni la prudence, ni la science, M. André Cochut, déroulait, il y a quelques jours, dans la Revue des Deux Mondes, ce triste tableau :
« Figurons-nous que nous sommes convoqués à une fete nationale, comme celles de l'ancienne Grèce : c'est la fête de la jeunesse française. Le bel âge dans sa fleur, la patrie en son printemps, comme on disait à Athènes, va s'épanouir sous nos yeux. Tous les jeunes garçons qui viennent d'accomplir leur vingtième année et qu'on va saluer du nom d'homme sont là réunis, au nombre de 325,000, et le défilé commence. Voici d'abord comme avant-garde ceux qui n'ont pas atteint la taille militaire; on en compte 18,100 dont la stature est inférieure à 1 mètre 560 millimètres, soit 4 pieds 10 pouces, la taille des tambours d'autrefois. Le second groupe, où l'on a placé les faibles de constitution, les rachitiques, les poitrinaires, est à lui seul presque une armée, car il comprend 30,524 unités chétives. Suivent les
écl*ppés et les mutilés de naissance ou par accidents, auxquels on a mêlé ceux qui sont tourmentés par des varices, des douleurs rhumatismales, des hernies, (rois cnfégnrîps formant ensemble 15.988 jeunes hommes. Les bossus, les pieds-bots et les pieds-plats font blinde à part, et ils sont 11,100. Ceux qui sont affligés dans l'un de leurs sons, la vue, l'ouïe, l'odorat, sont nu nombre de 6.03-1. Un certain biiiiriluimcmciit, nu étrange cliquetis île paroles annoncent los bègues, dont je compte 063, et les édentés, qui sont 4,108. Voici venir, au nombre de 5,1 H, une phalange où la débauche précoce, a ce que je crains, a du faire des ravages. Détournons les vp.uk pour ne pas voir 2,520 pauvres garçons atteints des maladies de la peiiu. Appiiraissimi .li iste coup d'ceil!) 5,213 goitreux et scrofuleux, et, ce qui est plus triste encore, 2,!58 malheureux chez qui l'altération du système nerveux produit la paralysie ou les convulsions, l'épilepsie, la folie ou le crétinisme. Laissez passer un dernier groupe de 8,236 tètes oii sont confondues les infirmités diverses, les anomalies pathologiques. Dans cette revue du plus bel âge de la vie, nous avons déjà compté plus de 100,000 êtres infirmes ou difformes. On a besoin de respirer et de s'épanouir enfin à la vue de la saine et vaillante jeunesse : elle est représentée par 216,000 jeunes garçons
entrés dans leur vingt et unième année, en bon élat de croissance, en possession do tous leurs membres, sains de corps et d'esprit '. -
L'auteur de cette page navrante croit luimême à une amélioration sur les années précédentes. « Comparativement aux puissances qui l'entourent, la France parait languissante et quelque peu affaiblie; elle est en progrès si on la compare à elle-même. » Triste consolation, qui constate notre déchéance ; faible progrés, qui relègue parmi les invalides le tiers de notre jeunesse ! Ce progrès tel quel, que nous ne voulons pas discuter, n'est ni assez ancien, ni assez rapide pour paraître stable. Il ne faut pas oublier, pour le juger, que, da 1825 à 1S30, nons étions en présence de générations dont la naissance remontait aux grandes guerres de l'empire. Les grandes batailles ont leur contre-coup, a -vingt ans de date, dans la salle du recrutement; même, en 1827, quoique le contingent es igé no fat que de 00,000 hommes, on épuisa h gi'nération sans parvenir à le compléter. Voilà pour les comptes du passé ; les prévisions de l'avenir ont aussi leur cause d'incertitude. La population ne cesse do iléserter les champs pour les usines; ce mouvement ralentira le progrès, si même il ne l'arrête.
' Rhui ia Dm Voulu ■la 1" février 1861, p. S51 ,q.
L'homme fait peut supporter le séjoor de l'atelier; tuais les forces lie l'enfant y succombent.
Parmi ceux qui, pnr devoir ou pour leur* études, un! a--istë ans opérations du tirage on sort dans les villes manufacturières, qui n'a été frappé iio l'aspect chétif île ces jeunes petis et de leur petite taille? Cette dernière sorte de dégénérescence, en admettant qu'elle soit contestable ailleurs, est d'une évidence malheureuse dans les centres industriels. On dirait des écoliers échappés do la classe plutôt que des hommes faits qui domain seront des soldats. Ceui d'entre eux qu'on déclare bons pour le service le doivent au décret du 13 avril 1860. Ils font une triste mine quand ils traversent les rues dans leurs haillons sous la conduite d'un caporal. Ils ont beau mettre des rubans a leur chapeau, et se faire précéder par un violon, comme des mariés. On nous assure que la propreté, l'uniforme, et mieux, que tout cela, une campagne, les auront bien vite transformés. A la bonne heure. Cela n'empêche ni les 100,000 réformés, ni la diminution de taille, ni la faiblesse île corps relative, ni surtout la dépopulation. N' avons-nous pas raison do dire qu'il vaudrait mieux, pour tenir tète à l'Europe, moins de soldats dans les régiments, et plus d'hommes, et d'hommes robustes, dans les ateliers?
Le mal est constaté, et depuis longtemps. On entasse des montagnes de statistiques toutes concordantes, et plus probantes les unes que les autres. Les médecins des pauvres, les aliénâtes ', Ie3 inspecteurs de fabrique, les officiers de recrutement, les maires, les académies, les sociétés industrielles ont démontré jusqu'à l'évidence que les enfants de fabrique saut frappés dans leur développement physique et dans leur vitalité. On n'est pas moins éclairé, ni moins unanime sur les causes de cette dégénérescence de la race. Le cabaret, la rareté des mariages, l'abandon des enfants, le travail des femmes dans les fabriques, qui a pour conséquence des nourrices mercenaires; l'isolement et le vagabondage jusqu'à huit ans, l'entrée à huit ans dans les ateliers, un travail de dix oa onze heures imposé à des enfants, dont l'esprit souffre de ce régime autant que le corps, voilà les causes, ou du moins les principales causes de la diminution et de l'abâtardissement de la population française,
C'est un devoir do justice, eu même temps qu'un devoir d'humanité, de les combattre sans relâche. Il y a là des inégalités cruelles, qui ne tiennent ni à la nature des choses, ni à la faute des souffrants, mais aux lois, aux institutions, à
1 Ni>i]$ I il.' .liih': 5 .i:b , ^ rappnr! : ct, lij.ïl, 1 1,1*70 ;i]k-
ttt; en IBjB, 60,î9D; en 1BS1, 8J,211.
l'incurie do cous qui savent et de ceux qui peuvent. Pendant combien de temps a-t-on fermé les yens sur les logements insalubres? Pendant combien du temps, quand le mouvement de reforme a commencé, a-t-il fallu décrire ces bouges infects, en étaler l'horreur et les conséquences hideuses ? L'impulsion aujourd'hui donnée n'est pourtant pas encore assez forte, l'élan n'est pas assez général, la conviction n'a pas pénétré dans tous les esprits, pas mémo dans tous les esprits de ceux qui souffrent. Tantm molis trat '. Kous ne voyons que dans un lointain
entrepôt comme les épiceries, où chaque ou-
et qu'il no faut ni dédaigner ni exagérer, nous ne sommes encore qu'au début de notre lutte contra la misère intellectuelle ; nous n'avons pas encore entièrement échappé aux railleries et aux insultes qu'il faut affronter au commencement d'uue campagne. C'est tout autre chose pour les cabarets. Un leur a fait, depuis longtemps, la guerre la plus acharnée, et.
laut-il le dire? la plus sotte des guerres; des tirades d'éloquence à perte d'haleine , pour aboutir à quoi '. à convaincre 1er, gens sobres que
il faut être juste, — dos ri j glejii''ii r - : iv^lftiifiitde police [iour fermer les cabarets à certaine* heures et pour en exclure certaines personnes, règlements d'ateliera pour chasser les ouvriers qui se dérangent. Ce ne sont pas même là des palliatifs. Il fallait rendre le cabaret inutile; en d'autres larmes, créer le comfort ailleurs qu'au cabaret. C'est hier seulement qu'on y a pensé. D'honnêtes gens , profo «dément dévoués, éminemment respectable, rivaient, cru pouvoir y par-
ralentis longtemps; il nous gêne même aujourd'hui en s'inù'oduUrLiit dan* nos entreprises pour
414 et 41(i du Co.lo pénal, nous a fait aussi perdre du temps eu tâtonnements et en essais de lois générales, tandis qu'il fallait émanciper les conventions et les associations, et laisser la liberté produire elle-même la paix. On a vu plus tût et plus clair sur lo travail des enfants. Là on a compris do bonne heure que la société pouvait intervenir, parce qu'il s'agissait de mineurs à protéger et non pas de citoyens ù entraver, et que les rà-
1 Cr. Julti Simon, U Irma, ch. v.
glements pouvaient étra efficaces, parce qu'ils étaient légitimes. Malheureusement on s'est arrêté dans le bon chemin ; on a posé les principes, et on n'a osé ni les développer ni les armer. On a en peur ilu Lien qu'on faisait. Si la grande politique, qui devait nous rendre les arbitres de l'Europe, et qui avait bien l'air, à la fin de 180C, d'aboutir à un abaissement et à une panique, nous faisait faire maintenant par patriotisme ce que nous n'avons pas su faire par esprit de justice et par humanité, elle aurait la un résultat dont il n'y aurait pas lieu sans doute de lui être reconnaissant, mais dont le pays à la longue se trouverait bien.
IS"'est-il pas étrange que notre société, qui devient de plus en plus matérialiste et positiviste', dédaigne le torns et l'éducation du corps? Elle s'occupe du corps dans deus directions : pour les plaisirs, qui la fatiguent et l'usent, et pour la médecine, qui le guérit ou essaio de le guérir quand il est fatL'im, .Mais ce n'est pas là de l'éducation, c'en est le contraire. Les excès et les raffinements de plaisirs ne sont que l'art de se détruire agréablement et sûrement, et la médecine, soit dit sans l'offenser, quand elle n'a pas l'hygiène pour hase, est quelque chose d'analogue h Ni v.-pi'e^sioii (le.^dfiiis. l.Viiiir n'.ion , nu aiiiti-ùn», est essentiellement conservatrice et préserva-
trice. Les anciens n'étaient pas aussi imprévoyants que nous. Ils savaient que les hommes sont une richesse; le premier souci des politiques était d'augmenter et de fortifier la population. Chez les Grecs, la jrviiiiiastique marchait de pair avec la musique. Nos voisins les Anglais sont depuis longtemps, au moins dans les classes riches, plus attentifs que nous aux soins de l'éducation matérielle, et au développement du corps par le sport. Ils nous ilevaur.'nf même en ce moment, en étendant sur les enfants du pauvre la sollicitude de la loi. Après une longue inaction, causée en partie pâr leur respect pour l'initiative privée, et pour les droits des autorités locales, ils se sont mis à encourager et à susciter des écoles, et nous ont devancés du premier coup dans la voie des sacrifices pécuniaires. C'est surtout pour ce qui concerne le travail des enfants dans les manufactures qu'ils pourraient nous servir de modèles. Ils ont littéralement tranché dans le vif. Les enfants ne font plus qu'une demijournée; les imlustrk'ls ne s'en plaignent pas ; ils payent un peu plus cher, mais ils obtiennent un meilleur travail ; les familles qui ont besoin de faire travailler leurs enfants de bonne heure touchent l'ancien salaire, et n'ont plus la douleur ,de voir les enfants souffrir et dépérir. La demijournée qui resta libre peut être consacrée a
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l'école et à In gymnastique, au grand profit intellectuel et physique de la. jeune population des ateliers; ceux, mêmes qui passent leur temps a courir se porteni mieux, qu'autrefois, parce que l'enfance a besoin d'air et de mouvement.
Ce sera un jour un grand accroissement de force pour l'armée anglaise , qui se recrutera parmi îles hommes plus -vigoureux. Nos voisins auront rencontré cet avantage en en cherchant un autre. lia ont obéi surtour, quand ils ont fait leur loi, a une pensée de justice et <1 'humanité, et s'ils y ont mêlé îles considérations patriotiques, c'est qu'ils savent que le nombre et la vigueur des bras ost un élément considérable de la force industrielle d'un pays. 11 ne faut pas croire qu'on diminua cette force en se privnnt quelques heures par jour du travail des enfants.
Tout au contraire; on a immédiatement un
fants de neuf ans. Se hâter d'employer les enfants, au risque de les exténuer et d'affaiblir la race, c'est commettre la : l : : i < 1 faute que les imprévoyants auteurs du projet d'armement universel. qi:i, ['■nir avi .ir ,'iujisut'd'lnii plus de régiments qu'ils ne nous en faut, s'exposent à voir
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diminuer d'année en année la population et l'aptitude militaire des classes. Les peuples ont la vie longae, et il ne faut pas que les hommes qui se donnent la mission de les conduire ressemblent aces usufruitier- avide-; qui, dans leur empressement de jouir, épuisent la richesse dn sol, et na laissent a leurs successeurs que des déserts et des ruines.