TOUS DROITS RÉSERVÉS
HAROLD B. LEE LIERARY.
ROM YOUNG UNIVERSITY -. PROVO, UAH à
| É- x 4 moment de publier cette causerie sur «l'Ou- À er », je nepuis me défendre d'une crainte.
Ce discours , Jait pour des riches et des maîtres, É peut tomber entre des mains de pauvres et d'ou- Fe vriers. Me comprendront-ils ? Ne chercheront-ils 3 pas, dans la sincérité, rude parfois, de mon lan- gage, — je pouvais me la permettre devant un auditoire chrétien, — n'y trouveront-ils pas un aliment de plus aux colères de l'heure présente et 4 a ces rêves insensés de résistance et de révolte, que
des agitateurs coupables nourrissent dans leurs sf 3 1
esprits, et qui compromettent la cause ouvrière, même aux yeux des âmes les plus généreuses et Les plus dévouées ?
Le salut de l'ouvrier n'est pas dans ces revendications brutales et violentes. Qu’a-t-il gagné a la Révolution française?.. Qu'a-t-il gagné aux incendies et aux massacres de la Commune?..
Qu’a-t-il gagné aux grèves sanglantes qui ont déshonoré et ruiné notre pays?
Le salut de l'ouvrier et du pauvre, comme le salut du patron et du riche, est tout entier dans l'acceptation pratique de la loi religieuse.
Si elle dit au maître de voir dans l'ouvrier un égal et un frère, de le traiter en Dieu, elle dit à l'ouvrier de voir aussi dans son maître un égal, un frère, et de le servir en Dieu.
N'est-ce pas de Dieu que dans l'organisme social chrétien toute autorité découle? ‘C'est Lui qui donne l'autorité au maître, et l'obéissance n’est
fière, que lorsqu'elle découvre ainsi Dieu, dans l'homme devant qui elle s'incline.
La loi religieuse demande au riche d'aimer le pauvre.
Elle demande au pauvre d'aimer le riche.
Le riche doit la charité au pauvre.
Le pauvre doit la charité au riche.
Je lisais ce matin une magnifique pensée : « La charité du pauvre, c'est de vouloir du bien au riche (1). »
Voila les idées que j'aurais dites devant un auditoire d'ouvriers et de travailleurs, s'il m'avait été donné, comme autrefois, de parler dans leurs Cercles. Voila ce que j'espère bien leur dire un jour, et bientôt; car la causerie présente en appelle une autre:« Le Maître »; je l'ai toute prête dans mon esprit. |
Si des riches ont trouvé queje dépassais la mesure, je les prie de relire les discours de Mgr de Liège, de Mgr Korum et de Mgr Mermillod, au Congrès des œuvres sociales. Je voulais les suivre de loin, et mettre mes pas dans les pas de ces - illustres maîtres.
Je les prie de méditer ces bien profondes paroles de Mgr Manning, que tout récemment Mgr Gibbons faisait siennes en défendant la cause des Chevaliers du travail : « Dans l'ère future, ce n'est pas avec les princes et les parlements, mais avec les grandes masses,que l'Église aura à compter. Que nous le voulions ou non, voila notre œu-
(1) Comtesse Diane. Maximes de la vie.
SR PRÉFACE PV re
vre, ‘une œuvre pour l'accomplissement de laquelle “il nous faut un nouvel esprit, une nouvelle direction de vie et d'activité. » |
Je les prie surtout de se ressouvenir de l'Évangile et de Notre Seigneur Jésus-Christ. | 7
On m'a reproché d'avoir été trop loin dans ce | discours ; j'ai tâché de corriger les passages où on me signalait cet écart; je suis prêt à corriger ceux que l'on me signalerait encore. Aller trop loin, dans quelque sens que ce soit, c’est toujours man- : quer le but. Mais j'en ai eu moins de peine parce que c'était du côté des petits et des faibles que J'étais allé trop loin, et que c'est de ce côté que Notre Seigneur penchaiït.
Quiconque aime Jésus-Chrit comprendra cela.
Je Lui demande, du fond de mon âme, de bénir ce petit livre. Il m'est témoin qu'en l'écrivant,jene voulais autre chose que Le servir.
Le servir dans ceux qu'Il aimait davantage :
les souffrants et les pauvres.
Christo in pauperibus. »
Victor VAN TRICHT, S. J.