PRÉFACE. XV
drais l'avoir mieux servie. Je ne crains pas de ne pas venir à propos. Quelle que soit l'importance des événements qui s'accomplissent loin de nous, il y aura toujours de la place, dans les préoccupations des esprits sérieux, pour une question de justice et d'humanité.
Depuis la publication de ce livre , plusieurs années se sont écoulées ) pendant lesquelles des faits nouveaux ont dû se produire. Nous n'avons tenu compte, dans nos éditions successives, que de ce qui pouvait modifier nos conclusions. Le livre de VOuvrière n'est ni un annuaire, ni une statistique ; c'est un plaidoyer. Tout le monde comprend que les courettes de Lille ne sont plus aujourd'hui ce qu'elles étaient en 1860, quand la ville n'avait pas encore fait reculer ses remparts. Puissions-nous perdre ainsi beaucoup de nos arguments l 11 est certain que, dans la plupart des centres industriels, on s'occupe activement de construire de bons logements aux ouvriers. A l'exposition universelle, le prix pour les meilleurs logements à boa marché a été disputé par plusieurs concurrents; et la Société coopérative immobilière de Paris, dont l*aateur de VOuvrière a l'honneur d'être le Président, a obtenu une médaille d'argent du grand module. On commence aussi à se préoccuper de plus en plus de l'instruction des enfants et de celle des adultes. L'enseignement primaire , qui était donné en 1863, dans 72 069 établissements, à 4 720324 enfants, était donné au 1" janvier 1866, dans 73268 établissements, à 4 861189 enfants. Ainsi, en deux ans, le nombre des établissements scolaires a augmenté de 1199, et celui des enfants admis en classe de 140965. Il importe de remarquer cependant que le ministre déclarait, dans son Rapport de 1864, que le nombre des enfants complètement privés d'instruction s'élevait, pour l'année précédente, à 600000; ce qui, même en ne tenant pas compte de l'augmentation de la population , donnerait encore pour 1866 un chiffre de 460 000 enfants complètement illettrés.