‹ L'ouvrièreChapitre 20 sur 65 · Voyez ci-aprôs, Iroisiôme partie, chapitre n · texte numérisé non relu

Voyez ci-aprôs, Iroisiôme partie, chapitre n

grands ateliers de femmes. Les étoffeâ les mieux faites contiennent une certaine quantité de nœuds ; les draps les plus soignés ont été entamés par places en passant sous la machine tondeuse. Il faut arracher les nœuds avec de petites pinces, réparer les coupures au moyen de reprises; cette besogne occupe deux corps d'états différents. Les premières ouvrières s'appellent inouev^eSj ipinceteuses^nopeuseSf suivant les pays ; les secondes, qui remplissent une tâche difficile et importante, s'appellent des rentrayeuses. Quelques patrons ont chez eux un atelier de nopeuses ; on en rencontre toujours un dans les fabriques de draps; ailleurs on confie l'étoffe à des femmes qui l'emportent chez elles pour l'énouer et l'épinceter. Cette opération fatigue beaucoup la vue, et peut même passer pour dangereuse. Dans les indiennages, l'impression de seconde main est faite par des femmes ; comme il s'agit surtout d'appliquer la planche sur l'étoffe avec précision, pour que la seconde impression se raccorde bien avec la première, elles sont pour le moins aussi propres que les hommes à ce genre de travail. On les emploie aussi en grand nombre dans les ateliers d'apprèteurs, par exemple pour les articles de Saint-Quentin. L'industrie des apprêts consiste à donner aux étoffes blanchies certaines apparences, en les mouillant dans un bain amidonné ou gommé, et en les soumettant ensuite à l'action de diverses machines

et à des maflutentions variées. Les ouvrières qui font ce qu'on appelle l'apprêt écossais passent douze heures par jour dans les ateliers chauffés & 40 degrés centigrades. Elles supportent assez bien cette température excessive, mais le passage du chaud au froid, quand elles sortent de Tatelier sans se couvrir suffisamment, engendre un grand nombre de fluxions de poitrine. Tous les fabricants s'accordent à dire qu'on a la plus grande peine du monde à leur faire prendre les précautions les plus indispensables. Dans toutes les professions, les ouvriers dédaignent les soins hygiéniques ; il faut presque toujours penser pour eux à leur santé, et quelquefois les contraindre à en prendre soin. On a beau leur répéter qu'en perdant leur vigueur ils perdent leur pain ; ils ne le savent que trop, et pourtant ils ne consentent jamais à prévoir la maladie ni la vieillesse.

De toutes ces professions, il en est infiniment peu qui soient insalubres par elles-mêmes. Les éplucheuses de coton, les soigneuses de carderie dans les filatures de chanvre, quelques catégories d'apprôteuses sont placées assez fréquemmment dans des conditions délétères; cela ne fait que trois corps d'état sur plus de vingt, et ces corps d'état n'emploient qu'un personnel restreint*. Les dévideuses

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