‹ L'ouvrièreChapitre 3 sur 65 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

si Ton ne veut pas périr; c'est la sappression de la vie de famille.

Autrefois l'onvrier était une force intelligente, il n'est plus aujourd'hui qu'une intelligence qui dirige une force. La conséquence immédiate de cette transformation a été de remplacer presque partout les hommes par des femmes, en vertu de la loi de l'industrie, qui la pousse à produire beaucoup avec peu d'argent, et de la loi des salaires, qui les rabaisse incessamment au niveau des besoins pour le travailleur sans talent. On se rappelle les éloquentes invectivesdeM. Michelet : « VOwyriere î mot impie, sordide, qu'aucune langue n'eut jamais, qu'aucun temps n'aurait compris avant cet ftge de fer, et qui balancerait à lui seul tous nos prétendus progrès I » Si on gémit sur l'introduction des femmes dans les manufactures, ce n'est pas que leur condition matérielle y soit très-mauvaise. Il y a très-peu d'ateliers délétères, et très-peu de fonctions fatigantes dans les ateliers, au moins pour les femmes. Une soigneuse de carderie n'a d'autre tâche que de surveiller la marche de la carde et de t'altacher de temps en temps un fil brisé. La salle où elle travaille, comparée à son domicile, est un séjour agréable, par la bonne aération, la propreté, la gaieté. Elle reçoit des salaires élevés, ou tout au moins très-supérieurs à ceux que lui faisaient gagner autrefois la couture et la broderie. Où donc est le mal? C'est que la femme,

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