‹ L'ouvrièreChapitre 31 sur 65 · TISSEUSES A BRAS. SOI · texte numérisé non relu

TISSEUSES A BRAS. SOI

bras, dont SOOOO pour les articles de Saint-Quentin (coton), et 20000 pour les mélanges de soie, laine et coton. Le lin n'est jusqu'ici tissé automatiquement que dans les finesses moyennes ; les gros articles et la batiste extra-fine sont encore obtenus par le travail à la main. Malgré les belles usines de Reims et de Koubaix, le travail à la main entre aussi pour une grande part dans la fabrication des étoffes de laine rases, non foulées. Quant à la laine cardée, dont les fils ont peu de régularité et de solidité, c'est à peine si l'industrie française commence à la confier aux machines. A Sedan, sur 4000 métiers, on ne compte pas plus de 30 métiers mécaniques, et dans ce nombre 15 appartiennent à M. David Bacot^ On sait que Lyon et tout le Midi se sont jusqu'ici assez bien défendus contre l'invasion des machines, et que les étoffes de soie sont presque exclusivement fabriquées à la main.

Partout où la vapeur et les forces hydrauliques ont laissé subsister le tissage à bras, il est une

1. Le prix d'un mètre de drap tissé à la main est de 60 cent, à la mécanique de 50 cent., et il faut compter en outre le loyer de râtelier et l'amortissement des machines. Il n'y a donc pas d'avantage, ou du moins il n'y en a pas d'autre que de produire plus régulièrement et plus vite. Pour les façonnés ou nouveautés Jacquard, l'écart est plus considérable. Le prix du mètre à la main varie de 1 fr. à 1 fr. 10; il est de 50 cent, à la mécanique. Cette différence couvre Tamortissement, le loyer et le charbon, et permet un bénéfice. Le manufacturier est d'ailleurs mieux garanti contre le vol de la laine et le vol du dessin.

source de bien-être pour les populations. Il a le double avantage d*ëtre un métier à la maison et un métier à la campagne. En général^ les paysans sont à leur aise dans le voisinage des grands centres industriels. Si l'industrie subit un chômage, ils retournent aux champs; si le labourage donne un temps de repos, ils l'utilisent avec le métier. Tout le monde dans la famille trouve à s'occuper fructueusement; le père est tisserand, les enfants dévident» la mère prépare Touvrage, le dispose sur le métier. Quelquefois, quand le battant n'est pas trop lourd, elle s'assied elle-même sur le banc, fait mouvoir les leviers, lance la navette, pendant que le mari prend ses repas ou donne un coup d'œil à son champ. Certes le tissage à la main est par lui-même plus pénible et moins lucratif que le tissage à la mécanique ; beaucoup de tisserands à bras regardent comme un avancement dans leur profession d'être appelés à la manufacture, et les femmes, qui conduisent si facilement un métier mécanique, et tissent la soie à la main sans trop de fatigue, ne peuvent qu'à grand'peine manœuvrer un métier à tisser la laine ou le coton. Mais aussi, il y a pour elles une grande dififërence entre un mince pécule gagné dans leur propre maison et un gros salaire conquis, pour ainsi dire, aux dépens de leur cœur, et qui leur impose l'obligation de déserter leur ménage et (Ji'abandonner leurs enfants au hasard. On

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