‹ L'ouvrièreChapitre 34 sur 65 · LAPIDAIRES · texte numérisé non relu

LAPIDAIRES

landes de fleurs qu'elle a faites et d'aller les montrer au bal Habille.

On comprend que Paris soit le pays des fleuristes; mais par quelle bizarre et inexplicable anomalie la taille des pierres précieuses a-t-elle été s'établir à Septmoneely sur le sommet d'une montagne du Jura? Le diamant se taille à Amsterdam à l'aide de puissantes macbines et dans de vastes ateliers» comme il convient au plus riche joyau de la terre; le reste de nos pierres, rubis» saphirs, vertes émeraudes, aigues-marines à la douce et p&le lueur^ aimables améthystes, opales aux brillants reflets, tous ces hochets du luxe et de la folie sont taillés et polis au fond d'un désert, par une population de montagnards intègre et indigente. Ces rudes enfants du Jura restent fidèles à l'industrie et aux mœurs de leurs pères ; et toutes ces richesses qui passent par leurs mains ne leur font pas paraître leur chaumière plus froide et leur pain plus dur. Ils ont fait depuis peu quelques conquêtes dans les industries analogues ; les femmes fabriquent les pierres fausses avec une habileté sans pareille» elles percent des rubis pour pivots de montres, elles commencent même à faire des mosaïques avec des carrés envoyés de Florence. L'établi est placé dans la cabane auprès de la fenêtre; le père, la mère, les enfants travaillent à l'envi, quand le ménage à faire, le dîner à préparer, du bois à fendre dans la montagne ou

ai 4 LA PETITE INDUSTRIE.

quelque maigre coin de terre à ensemencer ne les détournent pas de leur travail industriel. Les femmes qui taillent des rubis gagnent souvent d'assez bonnes journées; néanmoins les salaires supérieurs à 1 fr. 50 cent, sont tout à fait exceptionnels. La moyenne est de 75 centimes.

Une industrie assez importante et qui sert aussi à la toilette des femmes, c'est la fabrication des chapeaux de paille, Nancy est un des grands centres de ce commerce ; et, s'il fSnut en croire les fabricants, ils exportent des chapeaux de paille jusqu'en Amérique. La plupart des chapeaux d'hommes connus sous le nom de chapeaux de paille sont en écorce de latanier. Le fabricant de Nancy reçoit l'écorce, l'apprête, la déchire en longues lanières arec un peigne métallique, et Tenvoie dans la Moselle et le Bas-Rhin, où on la tresse en chapeaux. Les campagnes de la Meurthe fournissent aussi quelques ouvrières. Le chapeau est payé à Touvrière 50 centimes ; il faut travailler tout le jour, et être très-exceptionnellement habile pour parvenir à en tisser deux. Le chapeau de panama, et les chapeaux en tresses cousues de belle qualité se font en France, les premiers avec des feuilles d'ipiapha, qu^on fait venir de Panama, et les seconds avec des tresses achetées à Florence et frappées à l'entrée d'un droit exorbitant. Ce sont ces droits et, dans quelques cas très-rares, la belle qualité de la matière premi^e,

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