‹ L'ouvrièreChapitre 6 sur 65 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

siasmes. Il n'est personne, parmi ceux qui les ont vns de près, qui ne sache ce que vaut leur cœur, avec quel héroïsme ils partagent aux plus pauvres leur salaire durement gagnéy leur misérable abri, leur pain trop souvent insuffisant. Ils sont, si on peut le dire, tout prêts pour les affections domestiques : la difficulté est de ramener l'épouse et la mère dans la maison. La loi, l'industrie, les besoins matériels de la famille, les femmes elles-mêmes, tout y résiste. Nul ne voudrait nî ne pourrait ôter aux femmes un droit natnrel, à l'industrie plus de la moitié des bras dont elle dispose, aux ménages un surcroît de ressources devenu chaque jour plus indispensable. Les familles ont beau souffrir, et souffrir cruellement de l'absence des femmes : les enfants ont faim, la mère se dévoue. Qui n'a entendu des mères tendres et intelligentes, mais pressées par le besoin, se plaindre des rigueurs de la loi qui défend de livrer les enfants aux manufactures avant huit ans révolus ? Enfin, quand une femme n'a ni revenu, ni famille, ni édnca* tion, ni talent, il est presque matériellement impossible que la couture la nou)rrisse, tandis que la fabrique lui donne un travail moins fatigant, et un salaire relativement très«élevé. U ne s'agit donc pas d'un mal éphémère, mais d'un mal persistant, durable, qui ne peut * que s'accroître; ni d'un de ces désordres qu'on attaque de front et qu'on détruit coûte que coûte, mais d'une transformation à la fois douloureuse et bienfÎBdsante,

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