‹ L'ouvrièreChapitre 7 sur 65 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

qui menace les mœurs et répand un peu de hien-étre ; qni donnera peut-être un jour quelque superflu à des milliers de familles condamnées aujourd'hui à manquer de nécessaire. Puisque l'augmentation directe des salaires et le retour des femmes dans la famille, puisque ces deux grandes mesures de salut public, qui seules détruiraient le mal dans sa racine, nous échappent également, il faut se résigner à faire le bien par le perfectioncement des anciennes méthodes, ce qui revient à dire, pour parler franchement, qu'on peut plutôt atténuer le mal que le détruire, ou qu'on ne le détruira que par de longs et persévérants efforts.

Cette conclusion est navrante. Le spectacle même de la misère fait moins de mal. Mais pourquoi rêver, pourquoi s'étourdir î S'il y a une question au monde dans laquelle il soit nécessaire de voir clair et de ne pas se payer de mots, c'est celle-ci ; c'est une question de vie ou de mort. Oui, le mal est affreux; non, il n'y a pas de remède souverain, de remède unique; il n'y a pas à compter sur une de ces découvertes qui changent une situation de fond en comble et comme par un coup de foudre. Faut-il se fermer les yeux pour cela ? ou renoncer à faire du bien parce qu'on ne peut ni en faire assez ni le faire assez vite? Ce découragement serait aussi coupable que les vaines et présomptueuses espérances qui ont fait tant de mal, et qui avaient au moins une origine généreuse. Au contraire, il faut re-

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