‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 1 sur 81 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Les affluents inouïs de l'Amazone forment entre » eux des dizaines de milliers de lieues de rivières >» navigables; ils l'unissent d'une part à l'Orénoque, )> dont l'embouchure est à près de trois cents lieues » nord de la sienne ; d'autre part, à l'aide d'un ca- » nal de quelques lieues seulement , ils pourmieut » l'unir à la Plata , dont l'embouchure est à neuf » cents lieues sud du Para. C'est , à mon sens , le » système hydrographique le plus grandiose, le plus i> merveilleux, le plus fécond en avenir humanitaire, » qui existe sur notre globe... Soit dans le Brésil, » soit dans les cinq républiques et les trois colonies » européennes, dont il reçoit plusou moins les eaux, » le fleuve des Amazones compte pour tributaires, » directs ou indirects, plus de onze cents rivières et » des milliers de lacs, de canaux naturels et d'étangs. » Cet immense réseau, — qui couvre plus des deux A tiers de l'Amérique du Sud, — qui est comme la

Vltl « PRÉFACE

» vie intérieure du Brésil, de cinq républiques » espagnoles, el d'une partie des trois Guyanes» — » qui 5eu/ sert et peut servir de voies de communica- » tien à une étendue de pays de 500 lieues en latitude » sur plus de 600 lieues en longitude , débouche » dans l'Atlantique à moins de douze jours de TEu- » rope, à vingt heures de Cayenne , le long du terh ritoire contesté entre la France et le Brésil. C'est «» par cette bouche , facilement accessible , quoi » qu'on prétende, que plus des deux tiers du com- » merce de TÂmérique du Sud doit passer un jour. » C'est par cette bouche que la plupart des peuples » répandus sur ce vaste continent doivent exclusive- » ment et librement passer, tôt ou tard, pour toutes » leurs relations internationales. C'est par cette » bouche que la civilisation pénétrera dans le » continent sud-américain, quand le jour viendra » où se vérifieront les paroles prophétiques du » plus illustre' des vrais savants de notre époque, I) de M. de Humboldt : C'est là que, tôt ou tard, la » civilisation du globe doit ^e concentrer un jour. » M. EMILE CARREY, daus le MONITEUR du !& noveoibrc

« Pour obtenir du Brésil la seule concession vrai-

» ment importante, c'est-à-dire la limite de l'Ama- » zone pour notre Guyane dans la partie de son » cours qui entoure ce territoire, avec la libre na- » vigation du reste 5 il faut donc entamer la né- » gociation sur une autre base que celle du traité

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