La nouvelle capitainerie, créée le lA juin
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1637, renfermait la partie de la Guyane immédiatement attenante à celle que la France s'appropriait ; elle s'étendait depuis la rivière de Païai, sur le bord septentrional de l'Amazone, jusqu'à TOyapoc, sous le nom de Rivière de Vincent Pinçon, alors généralement employé par les Espagnols et par les Portugais.
70. Résultat d'une exacte connaissance du pays, elle occupait toutes les terres basses de la région gilyanaise de l'Amazone; car c'est précisément à la rive droite du Paru que la chaîne de ce nom établit la barrière entre les terres basses et les terres hautes. Et (chose remarquable I) l'embouchure du Paru se trouve à peu près dans la même longitude que celle de l'Oyapoc. La géologie et l'astronomie s'étaient donné les mains pour tracer des limites parfaitement naturelles.
71. Pour laisser au nouveau donatab^ toute sa liberté d'action, Philippe IV le mit à la tête du gouvernement dont devait dépendre sa capitainerie, — celui du Maragnan.
72. Installé dans le gouvernement général le 27 janvier 1638, Maciel Parente fit élever immédiatement, à l'extrémité amazonienne de sa concession, là où est maintenant le village d'Almeirim, un fort qu'il nomma du Desteno^ et que le père d'Acuna, au mois d'octobre 1639, trouva garni de 30 soldats et de quel* ques canons.
73. Ayant ainsi pouiTu à la défense de l'embouchure de l'Amazone, Philippe IV fit plus encore.
7A. A cette époque, et jusqu'à ce que I>a Conda-
mine eût propagé la certitude de la conuaunication de r Amazone avec l'Orénoque, on donnait à la Guyane pour borne occidentale rien moins que le Pérou. Il convenait donc d'étendre jusqtie-là le patronage brésilien de la rive guyanaise de l'Amazone.
75. Philippe IV fit donner ses ordres dans ce sens au gouverneur du Para, qui était alors ce même Noronha que nous avons vu • se distinguant aux dépens des Anglais; et celui-ci, saisissant une occasion favorable, confia cette grande entreprise à Pedro Teixeira, cet autre vétéran de l'Amazone, qui avait donné le coup de grâce aux Hollandais et entamé les Anglais.
76. Avec 46 pirogues portant 1000 Indiens et 70 Portugais, parmi lesquels on remarquait le Pemambucain Favella et un autre Brésilien, le colonel Bento Rodrigues d'OUueim^ qui rendit en cette occasion les services les plus importants, — Teixeira remonta l'Amazone jusqu'au Napo, afiluent très reculé du bord septentrional du grand fleuve. Pénétrant dans le Napo même, il fit halte sur sa rive orientale, à cent lieues de l'embouchure ; il y posta le capitaine Favella avec iO Portugais et plus de 800 Indiens ; et il se rendit à Quito, où l'avait précédé le commandant de son avantgarde, le colonel Oliveira. Après s'être concerté avec les autorités du Pérou, il rejoignit Favella, qui, conti'* nuellement en lutte avec Jes indigènes de la localité^ et constamment victorieux « avait attendu son général de pied ferme pendant onze mois. Et là, le 16 août i 639, — à la distance de plus de 20 degrés de longi^ tude de VOyapoc, — />«/• orrlre du gouventeur fie VKfot
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77. Le roi d'Espagne et de Portugal, qui n'avait nullement à s'inquiéter de la démarcation de Tordesillas, adjugea donc an Brésil toute la partie méridio* nale de la Guyane, depuis la rive droite de TOyapoc jusqu'à la rive gauche du Napo.
78. Bientôt, dans la mémorable journée du !•' décembre 1640, le Portugal secoua le joug de l'Espagne, et le 13 juin lôif, Jean de Bragance était proclamé roi dans la ville du Para. • .
79. Les possessions portugaises de l'Asie, théâtre glorieux des Albuquerque et des Castro, avaient été douloureusement morcelées pendant la domination espagnole ; mais le Brésil n'avait fait que gagner à la réunion des deux couronnes. Son territoire avait reçu vers l'ouest un prodigieux accroissement, grâce aux braves habitants du Paré, et grâce à leurs dignes émules, les braves habitants de Saint -Paul.
80. Ce magnifique héritage ne fut pas négligé par le roi légitime.
.81. Le 9 juillet 16A5, Jean IV confirmait dans la personne du fils atné de Bento Maciel Parente, du même nom que feu son père, la capitainerie brésilienne de la Guyane.
82. Dès avant 16â6, le Rio Negfo était fréquenté pai* les Portugais du Para.
83. En 1654, les Portugais du Para remontaient le Jary, et domptaient les Indiens de cette rivière.