Remarque. M. Malouet assurait au ministre
que c'était aux termes du traité (VUtrecht que le roi devait faire fixer les limites de la Guyane Française et du Brésil par une ligne droite tirée de la baie de Vincent Pinçon au Rio Negro. Il assurait au ministre que, si les Brésiliens enlevaient les missionnaires français établis sur cette frontière, ce serait une infraction manijeste au traité cCUtrecht, Et cependant, tout de
suite après ce double hommage au traité d'Utrecht (à la -manière de Cayenne) , M. Malouet ajoutait que son arrangement présentait l'avantage d'ouvrir à la France, par le Rio Negro, la navigation interlope sur le fleuve des Amazones, c'est-à-dire, comme le mot l'exprimait nettement, une navigation défendue à la
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France par ce même traité dlUtrechi^ Il faut avouer qu'en se montrant si peu scrupuleux sur Texécution de Farticle x du traité d'Utrecht, M. Malouet compro-* mettait énormément son interprétation de l'article vm.
&91. On dirait que le ministre de la marine et des colonies s'était attendu à ce que l'austère rapporteur se fût borné à proposer un rejet pur et simple des rêveries du baron ; car, à la réception du rapport de M. Malouet, M. de Sartine refusa de prendre sous sa responsabilité mie décision quelconque, et ce fut le premier ministre qui évoqua à lui cette douteuse affaire.
492. Or, le premier ministre de 1776 était le comte de Maurepas, qui avait tenu le portefeuiUe de la marine et des colonies depuis 1723 jusqu'en 1749, — à l'époque des Milhau, des Gharan ville,, des La Gondamine, — et qui, d'après l'appréciation bien mûrie de l'un de nos honorables confrères, était léger ^ insouciant et frivole. Le 30 septembre 1732, il avait recommandé au gouverneur de Gayenne de se soui^enir que le Cap
Nord était la principale limite.
493. Le comte de Maurepas aurait été heureux de voir immédiatement en pratique toutes les merveilles de M. de Bessner; mais il finit par acquiescer au rapport attiédissant de M. Malouet. 11 voulut même que ce fût M. Malouet qui allât essayer en personne ses propres amendements.
494. M. Malouet fut donc nommé ordonnateur de la Guyane Française, avec des pouvoirs extraordinaires qui faisaient de lui le véritable gouverneur; et, en
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attendant les missionnaires de sa prédilection, il se résigna à accepter deux prêtres français i pour ne pas trop retarder la fondation h faire dans la région de l'Amazone.
A05, Mais, quand il fallut donner des instructions au nouvel ordonnateur^gouverneur, on jugea conve* nable de faire trois modifications à ses vues sur la frontière.
i06. 1"* M. Halouet avait proposé de faire commencer la frqntière à la baie de Vincent Pinçon, Ou trouva que cette indication était trop vague et trop peu en harmonie avec le traité d'Utrecht, qui marquai^ pour limite une rivière et non pas une baie. Dans les instructions données à M. Malouet en 1776, et répétées en 1777, le ministre de la marine et des colonies ordonna donc aux administrateurs de la Guyane Française a d'établir un poste sur la rive gauche du Vincent
» Pinson ; après at^oir bien vérifié que ce fleuue est au-' » delà du deuxième degré Nord et h quinze lieues portU" w gaises de la riuHre des amazones. »
A97 2° M. Malouet avait proposé de faire tirer de la baie de Vincent Pinçon au Rio Negro une ligne droite est-ouest. On considéra que le traité d'Utrecbt n'ayant fixé explicitement que la limite maritime, on avait de la marge pour la limite intérieure. Le ministre de la marine et des colonies ordonna donc aux administra*teurs de la Guyane d'établir la frontière avec le Brésil a par une ligne courant h, quinze lieues de distance de n la rive gauche de l' Amasone, à partir de l'embouchure n de Vincent Pinçon. »
498. La 3* modification fut celle-ci. M. Malouet avait proposé, avant toute innovation, une déclaration bien franche à la cour de Portugal et au gouverneur du Pari. On trouva préférable de se rapprocher de T Amazone à rinsu des Portugais, pendant que tout le Brésil était tourné vers la Plata.
499. Muni de ces instructions et des deux missionnaires provisoires, M. Malouet partit pour Cayenne le 13 septembre 1776; il y débarqua le 13 novembre» et fut installé le 25 du m6me mois.
500. Le premier soin du nouveau délégué de Louis XVI, fut de convoquer une assemblée de notables, pour la consulter sur les intérêts de la colonie.
Composée des deux administrateurs, des membres du conseil supérieur, des commandants en second, des commandants des quartiers et de députés des paroisses, — trente-sept personnes en tout, — cette assemblée se réunit le 7 janvier 1777, et elle se donna officiellement le titre ^Assemblée Nationale.
501. La première séance de ce conseil colonial extraordinaire fut consacrée à la lecture de treize objets de délibération proposés par M. Malouet.
502. Or, la dixième de ces propositions dissimulait sous cette forme la question des limites avec le Brésil : « Si Ton peut rapprocher et fixer parmi nous
» plusieurs peuplades d'Indiens, ne convient-il pas, . » dans la même vue, de les engager à s établir dans » une position déterminée 7 »