‹ L'Oyapoc et l'AmazoneChapitre 42 sur 81 · Le 13 mai 1791, le lieutenant brésilien · texte numérisé non relu

Le 13 mai 1791, le lieutenant brésilien

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Manoel Joaquim de Abreu recueillit ces mots de la bouche deriiidien commandant à Macari, et de celle de son second : « Que les Français leur disaient qu'ils pou- » valent aller jusqu'à la rive gauche de XAraguari^ )) parce que la frontière française arrivait jusque-là. »

592. Cette prétention cayennaise à la rive gauche de r Araguari n'avait pourtant pas l'étendue que pouvaient faire croire les paroles des deux Indiens.

593. . Comme M. de Bessner, les nouveaux gouverneurs de la Guyane Française prolongeaient bien jusqu'à r Araguari leur frontière de droit; mais ce n'était pas jusqu'à l'embouchure de cette rivière, ce n'était pas en doublant le Cap Nord. Comme pour M. de Bessner, leur frontière de droit commençait toujours au nord du Cap Nord, par le canal méridional de Maracà : elle se continuait par le Carapapori jusqu'au lac Maproenne : et elle n'allait gagner l' Araguari, pour le remonter, qu'au point où le Carapapori s'en serait détaché, s'il avait été réellement une branche nord de r Araguari.

59&. Mais les Cayennais avaient contracté l'habitude de dire tout court, que la Guyane Française s'éten dait jusqu'à l' Araguari; et cette ellipse fit commettre à un homme fort recommandable une méprise étonnante.

595, Cet homme, c'est M. Lescallier, qui avait rempli la place d'ordonnateur de la Guyane depuis le 23 août 1785 jusqu'au 8 mai 1788, et qui fut ensuite conseiller d'État et associé de l'Institut de France.

596. Revenu de Cayenne, M. Lescallier eut l'honneur de coopérer aux travaux du comité de marine de

l'Assemblée nationale constituante; et pour éclairer la vénérable assemblée sur l'importance de cette colonie, l'ex^-ordonnateur de la Guyane Française publia en 1701 une brochure sous ce titre : « Exposé des moyens de » mettre en valeur et d'administrer la Guiane »

597. Eh bien, dans cet écrit, doublement grave, par sa destination et par la position de son auteur, M. Lescallier eut le malheur d'iosérer ce passage : (( Les bornes de la Guiane Française, réglées par le )) traité d'Utrecht, sont, du côté du sud ou de la Guiane n portugaise, les bords de la «rivière ^Àraouan^ et une » ligne qui seroit tirée parallèlement au cours du fleuve » des Amazones, à quinze lieues de distance, jusqu'au )) Rio Negro. »

608, Et pour empêcher toute espèce de doute sur ce qu'il entendait par sa. limite d'Utrecht^ pour montrer nettement que ce ]>'était pas le faux Araguari de La Gondamine, en dehors du Cap Nord, mais le véritable Araguari, en dedanis de ce cap, — M. Lescallier ajouta immédiatement ces paroles : « La rivière » ^Aiaouan a son embouchure près celle du fleuve » des Amazones, à environ un degré de latitude nord« » A douze lieues au nord-ouest on trouve le Cap de » Nord, ensuite l'Ile du Cap de Nord, et en dedans ») d'elle la rivière de Campa-^pouri, »

599, Et pour plus de clarté encore, M. Lescallier orna sa brochure de deux cartes delà Guyane Française, faisant commencer toutes les deux la frontière cayennaise à la grande embouchure de l'Araguari, terminée àPonta Grossa, et dont Tune continuait cette frontière jusqu'au Rio Negro, par une ligne qui suivait, à quinze lieues de distance, toutes les inflexions de l'Amazone.

600. Et cette carte portait ce titre : a Carte gêné- » raie de la Guiane Française pour montrer Tétenduê » de notre Territoii*e et nos Limites d'après le Traité » d'Utrecht. »....

601. Devant une erreur si fdrte, si facile à éviter, chez un homme si intelligent, si instruit et si consciencieux, on demeui-e de plus en plus convaincu que la question de l'Oyapoc a été trop longtemps traitée à la légère, même par ceux qui devaient le plus et pouvaient le mieux l'étudier avec soin.

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