Cela fut effectué en
578. Seconde mesure. L'Amazone étant le point de mire des Français, M. de Bessner résolut d'avoir à tout prix le chemin qui y conduisait réellement, c'està-dire le véritable AraguarL II chargea Mentelle « de » reconnaître quelle ligne sensible de démarcation pou- » voit Être établie entre la Guyane Française et les » possessions Portugaises, en partant du point où la » rivière de Vincent Pinçon, adoptée pour borne, cesse » de séparer les deux Colonies. Il s^ appliquera ^ étoit-îl » ajouté, à examiner surtout si nos limites pourroient être » simplifiées^ en adoptant pour borne VArawan\ au lieu )> du foncent Pinçon, et quel dédommagement pourrait » en être ojfert aux Portugaist »
579. Ce fait nous a été révélé par Mentelle luimême; et il prouve, de la manière la plus incontestable, que l'on avait reconnu que le Garapapori n'était pas une branche de T Araguari : que Ton ava^it reconnu que l'Araguari n'était pas le Vincent Pinçon , n'était pas la limite d'Utrecht.
580. Mentelle (c'est encore lui-même qui parle) u indiqua comme les limites les plus sensibles et les » plus aisées à reconnaître, le cours de rjrawariy et » celui d'une chaîne de montagnes dont il sort. »
581. Sur le dédommagement à offrir aux Portugais, pas un mot.
582. Il parait que l'on trouva qu'une ouverture aux Portugais, serait une imprudence. Oh aima mieux se passer de l'embouchure de l'Araguari, en continuant à garder tout le reste silencieusement.
583. M. de Bessner s' étant convaincu que l'Araguari n'était pas le Vincent Pinçon, il ne pouvait plus prétendre à aucune portion de ce grand affluent de l'Amazone. Et cependant il persista toujours à comprendre dans la frontière cayennaise, comme auparavant, la presque totalité de la rive gauche de l'Araguari.
584. On serait heureux de trouver à cette incongruité une explication satisfaisante.
685. Et l'on regrette de se ressouvenir qu'un homme respectable a écrit de M. de Bessner, que « tous » les moyens lui eussent paru bons, s'il eût pu les » effectuer. »
g g 58<y-591 6* LECTURE ^ 133 )
686. A la mort de M. de Bessner , qui eut lieu le 13 juillet 1785, un mouvement de retraite commença. Les deux peuplades indiennes restèrent sans prëti-eset sans soldats, et elles ne furent plus commandées que par des Indiens, — revêtus cependant du brevet d'officiers français et de Tuniforme français. Le capitaine FrançoisXavier eut la garde du poste extrême de Macari ; le commandant de Gonani fut le lieutenant Valentin, né au Brésil, dans TUe de Marajô.
687. Mais, quant à TAraguari, l'œuvre de Tinconsciencieux baron lui survécut tout entière.
588. La révolution française avait éclaté ; et elle faisait craindre au Portugal que, dans le bouleversement qui menaçait tout le^ passé, on ne se permit quelque infraction au traité d'Utrecht. Un nouveau gouvemem- du Para, Dom Francisco de Souza Coutinho, fit surveiller enfin la côte de la Guyane jusqu'à rOyapoc : et ce ne fut qu'alors que les Brésiliens eurent connaissance de ce qui avait été fait à leur insu.
589. Ge ne fut qu'alors, en 1791, que les Brésiliens dépistèrent la peuplade de Gonani , subsistant depuis 1778, et la peuplade de Macari, subsistant depuis 178S. — Tant était grande leur confiance dans le traité d'Utrecht!
590. Alors aussi on sut au Para toute l'étendue des prétentions de Cayenne.