LA CARIE DENTAIRE ET SES COMPLICATIONS
Les notions actuelles sur la carie dentaire en font surtout un trouble trophique et une lésion inflammatoire.
L'infection ne détermine pas, mais accompagne toujours la carie et pénètre profondément à l’intérieur de l’ivoire par les canalicules de Tomes.
Le traitement de la carie dentaire consiste donc, après un nettoyage à la fraise, en une désinfection soigneuse de
la cavité, avant son obturation. Et la thérapeutique antiseptique passe même au premier plan du traitement quand il y a des complications pulpaires.
DECHAUME et CAUHÉPÉ, dans plusieurs communications sur « le traitement des dents des enfants » ont montré les avantages de l’ozonothérapie sur les méthodes anciennes de traitement.
« N'est-il pas paradoxal, écrivent DECHAUME et CAUHÉPÉ, de voir utiliser communément des antiseptiques ou des caustiques abandonnés en chirurgie depuis longtemps. L’acide phénique, le formol, la créosote, sont en effet aussi agressifs que les microbes vis-à-vis des tissus. Ce n'est pas parce que la dent est calciñiée que leur usage reste indiqué. L’ivoire est en effet traversé par une multitude de canalicules renfermant des prolongements des odontoblastes, et, d’après certains auteurs, des fibrilles nerveuses. Or, la pulpe est particulièrement fragile, puisqu'elle se mortifie à la moindre infection, et sous l’action des agents thermiques et chimiques: les tissus péri-apicaux sont aussi sensibles que tous autres.
L'application des sels topiques doit, non seulement les léser profondément; mais encore par l'intermédiaire du trijumeau qui les innerve et qui est le plus réflexogène de tout l'organisme, déterminer des troubles trophiques essentiellement défavorables à l'intégrité des tissus calcifiés et à leur résistance à la carie. »
Aussi, DECHAUME et CAUHÉPÉ ont-ils complètement abandonné leur usage, et emploient-ils exclusivement l'ozone pour désinfecter les dents.
C'est surtout pour les dents de lait que la thérapeutique par l’ozone présente des avantages incontestables en raison de la simplicité de la technique, de la rapidité du traitement et des bons résultats obtenus.
Cette technique est en effet la plus rapide puisqu'il suffit d’une séance pour traiter une dentinite, de trois séances
nacre
pour une pulpite, de deux séances pour une gangrène pulpaire.
Elle est aussi la plus efficace, puisqu'elle permet le traitement conservateur de dents présentant des complications
. inflammatoires aiguës ou chroniques.
Or, DECHAUME et CAUHÉPÉ, dans leurs communications, insistent sur le rôle important que joue la denture temporaire dans le développement local et général de l’enfant, et sur la nécessité de son intégrité.
Pour le traitement des dents permanentes également, l'efficacité de la technique de l’ozone semble due, non seument à la très grande diffusibilité de ce gaz et à son pouvoir antiseptique, mais aussi à son action entrophique.
Les techniques sont les suivantes, proposées par DE- CHAUME et CAUHÉPÉ :
« Dans le traitement des caries simples, lorsque la dentine est hypersensible, la proïection d’un jet d’ozone pendant une minute environ permet le fraisage indolore.
Les parois de la cavité sont soumises à un jet d’ozone pendant une minute environ et l’obturation définitive est faite immédiatement.
Dans le traitement des caries atteignant la chambre pulpaire, lorsqu'une corne pulpaire apparaît au fond de la cavité mais que la pulpe n’a donné aucun signe d’nflammation (aucune douleur spontanée) on peut tenter de la conserver: on fait une insufflation d'ozone d’une minute environ, et on obture avec une pâte à l’engénol-oxyde de zinc. Si aucune réaction ne survient dans le mois suivant, on peut enlever la partie la plus superficielle de cette pâte et la remplacer par une obturation définitive.
Dans le traitement des pulpites, la pulpe est nécrosée par l'application d’un mélange arsénical qu'on laisse en place 48 heures. Puis la chambre pulpaire est ouverte et les canaux nettoyés le mieux possible; ils sont aussitôt désinfectés par un jet d'ozone projeté à leur entrée pendant une