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HISTORIQUE

En 1772, PRIESTLEY fait ses premières observations sur différentes expériences d'air. Sous l’action d'étincelles électriques, la quantité d’air diminue, et le gaz restant est doué de propriétés nouvelles.

CAVENDISH reprend ces expériences sur l’air atmosphérique, dont il donne le premier l’analyse exacte.

En 1785, Van MARUM signale l'odeur spéciale de l'air traversé par des étincelles électriques, comme il se produit dans l'atmosphère au cours d'un orage, ou dans un laboratoire où fonctionne un machine électro-statique. Il note que l’air dans ces conditions peut oxyder le mercure.

En 1840, SCHONBEIN, chimiste munichois, découvre que l’oxygène obtenu par la décomposition électrolytique de l’eau, à les mêmes propriétés que l'oxygène de l'air électrisé. Il admet qu'il s’agit d’un oxyde d'hydrogène plus actif que le peroxyde d'hydrogène alors connu.

Plus tard, il présente à l’Académie ds Sciences de Munich un mémoire sur les propriétés de l'oxygène électrisé, affirmant qu'il se produit un nouveau gaz: il lui donne Île nom « d'ozone », en raison de son odeur particulière. Cette découverte n’est autre que celle faite par VAN MARUM des années auparavant.

Des mémoires sont publiés sur l'ozone en 1842 par MoLEY et par GRAMM.

WILLIAMSON admet que l'ozone est un peroxyde d’hydrogène. BAUMERT, lui, pense qu'il en est un trioxyde.

Ultérieurement MARIGNAC et DE LA RIVE montrent

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que l'ozone représente un état allotropique de l’oxygène et pensent que ce produit chimique se crée par la combinaison d’une partie de l’oxygène électrisé, avec les matières organiques suspendues dans l'air.

FRÉMY et BECQUEREL montrent que tout l'oxygène d'une quantité d’air déterminée peut se transformer en ozone, en présence d'un corps en quantité suffisante (tel que l’iodure de potassium) capable d’absorber tout l'ozone produit.

Les recherches de SoreT 1866-1868, puis celles de LANDEBOURG, établissent que la densité de l'ozone est une fois et demie celle de l’oxvgène et que l’ozone est allotrope triatomique de l'oxygène.

Le chimiste ANDREWS démontre que sous l’action de la chaleur, l’ozone se convertit en oxygène, sans que la présence d’un gaz étranger quelconque soit révélée, postérieur rement à ce phénomène chimique.

Les travaux sur l’ozone sont poursuivis: par BABO, HouzEAU, TROOST et HAUTEFEUILLE. Les observations de BECQUEREL sont confirmées. Et les nombreuses propriétés de l’ozone sont étudiées — BERTHELOT en particulier met au point ses propriétés physiques et chimiques.

LANDENBOURG, Nasse, SORET, ENGLER, constatent que l’ozone trouve de nombreuses applications dans le domaine de l'Industrie et de la Science, en particulier dans l'Hygiène et dans la Médecine.

Parallèlement aux progrès de nos connaissances sur l'ozone, de nombreux perfectionnements sont apportés à son mode de fabrication.

Au début, ce gaz n’était créé qu’en petite quantité par des procédés de laboratoire. En 1853, pu MoNcEzL fabrique le premier ozonateur.

Les nombreux appareils qui commencent alors à paraître peuvent être classés en 3 groupes:

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l. Les ozonateurs électriques qui utilisent la machine statique (WINSHURST, RAMSDEN, WEILL, BONETTI).

2. Les ozonateurs qui utilisent le courant électrique alterné de haute tension et de petite fréquence. Parmi ceux-ci, les plus connus sont ceux de HOUZEAU, de LABBÉ et OUDIN (qui fut le premier utilisé en France), HOUZEAU, enfin de SÉGUY, d'ANDRÉAOLI.

3. Les ozonateurs de courant électrique alterné de haute tension et de grande fréquence (BORDIER, DUCRETET).

Dans la stérilisation des eaux potables, SCHENELLER et TINDALL établissent des dispositifs en Hollande en 1893. Des essais sont faits à Lille en 1898. Dans le même but MARNIER et ABRAHAM, DE SIEMENS HALSKE, fabriquent des ozonateurs. Et OTTO, en France en 1900 fait une étude complète et pratique de Ja stérilisation des eaux par l'ozone.

Dans le domaine des 2nplications thérapeutiques. le nombre des publications est particulièrement considérable.

. . , . 2 pe:

— Parmi celles qui s adressent au traitement en général, peuvent être citées:

Les thèses de MARIE (1900) ; de CARATZALIS (1900) ; de Dino (1907); de PILE (1910) et le Mémoire de CoRRALE (1931).

— Parmi celles qui s'adressent aux infections, la thèse de TROUDE (1902), les diverses communications d’AU- BOURG (1936-1937).

— Parmi celles qui s'adressent aux applications de l'ozone en chirurgie, la thèse de MATHIS (1931) et un rapport de PAYR (1935).

— En oto-rhino-laryngologie, les thèses de BIETTE

(1937) et Gricoresco (1938).

— En stomatologie enfin, les thèses de RIALLAND (1937), BEauriLs (1938) et les nombreuses publica-

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tions de FisH (1935), d'IVANOFF (1935-36), de VA DREPOTE (1936 à 1939) et DECHAUME avec ses collabo

rateurs ( 1956 à Cet : £

L'ozone est un gaz qui, sous une faible épaisseur, paraît incolore. À mesure que cette épaisseur augmente sa coloration varie du bleu ciel à celle de l’indigo.

L’odeur de l’ozone est forte et pénétrante. Pour les uns elle rappelle celle du phosphore exposé à l’air humide, celle des composés nitrés: pour d’autres elle serait alliacée ou sulfurée. L’ozone aurait une saveur de homard. Ce gaz produit une action irritante sur les muqueuses.

La densité de l’ozone est égale à une fois et demie celle de l'oxygène: 1,656 d’après les déterminations de SORET.

Il est constitué par trois molécules d'oxygène, condensées

en deux volumes: l’ozone constitue un état allotropique de l'oxygène.

Ce gaz n’est pas connu à l’état pur. Il se trouve dans l'air atmosphérique où il ne dépasse jamais 2 milligrammes 5 par mètre cube d’air. Il est particulièrement abondant sur les bords de la mer et dans les hautes montagnes. On le trouve également dans de nombreuses substances, en dissolution dans certaines eaux.

Dans la formation électrique de l’ozone on admet que l'électricité produit en premier lieu la décomposition de la molécule d'oxygène en atomes. Ceux-ci sont dédoublés par un phénomène d'ionisation; et les uns se réunissent pour former une nouvelle molécule d'oxygène tri-atomique 03, tandis que les autres restent libres chargés d'élec-

tricité.

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Les rayons ultra-violets produisent de l'ozone et lui doivent leur effet stérilisant.

Le phénomène physico-chimique qui préside à la formation de l'ozone est endothermique car sa formation absorbe 29,6 calories: et il se produit une augmentation d'énergie. On comprend, de ce fait, l'instabilité de l’ozone. A la température ordinaire, une atmosphère char-

« sée d'ozone se transforme lentement en oxvgène; vers

250° C. sa décomposition devient instantanée. L’ozone se liquéfie vers — 125° C. Il est stable au-dessus de 1300° C.

Il est soluble dans l’eau.

De l'instabilité même de l’ozone découlent ses propriétés. en particulier son très grand pouvoir oxydant: qui conditionne son action bactéricide et sa faculté d’activer les combustions.

T1 décolore le tournecal. Il déplace le chlore. le brome et l’iode de leurs combinaisons avec l’hydrogène et les métanes. À froid, il décompose l’iodure de potassium d'une solution aqueuse, mettant l’iode en liberté, de même ani] transforme l’ammoniaaque en azotite et en azotate d’ammonium, et met le chlore en liberté, d’une solution d'Hdl. # SECRETS

À la température ordinaire, l’ozone oxyde différents corps: 1] convertit le phosphore en anhydride phosphorique : le soufre et l’anhvdride sulfureux, en acide sulfurique.

Avec l’oxysène de manganèse, il se combine pour former le peroxyde de manganèse.

Certains métaux, tels que l’argent et le mercure, qui à froid ne s’altèrent pas en présence de l'oxygène, se couvrent d’une couche d’oxyde ou de peroxyde noir, quand l'ozone est humide.

L’ozone détruit les matières organiques, telles que le liège, le caoutchouc.

La solution alcoolique de la résine de gaiac s’oxyde en présence de l'ozone en formant une coloration bleue.

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Un mélange d’iodure de potassium et d’amidon humide prend une coloration bleue intense en présence de l'ozone. Ceci s'explique par le fait que l’iode, mis en liberté, se

combine à l’amidon en formant l’iodure d’amidon qui est

bleu.

RIALLANT signale une propriété intéressante de l'ozone, celle de former des composés d’addition avec les corps possédant une lia'son éthvlénique: ces corps sont des 0z0nides; on les utilise avec avantage en thérapeutique.

Au spectroscope, les raies de l'ozone sont différentes suivant les auteurs: nour CHAPUIS, ce gaz donnerait onze bandes dans la partie visible du spectre.

Les traces d'ozone nenvrnt être décelées par différentes réactions: un papier imprégné de protoxvde de thallium brunit par suite de la formation de n-rnxvde. L'indure de potassium est évale-ent 1m hon réactif. Mais. parmi toutes ces réactions, l’une des plus sensibles a été désrite var WuRSTER. La tétramethvnaraphenvlendianine en solution neutre ou acétique, est oxvdée par l’ozone: elle nre-1 an début une coloration bleu intense, puis ronge on violette, rouge intense, qui finalement disparaît Ces diverses colorations correspondent aux différent: degrés d’oxydation de cette substance. La réaction est si sensible qu'on peut démontrer l'existence de l’ozone dans l’air, dans le suc de certaines plantes, à proximité d’une Hamme. c'ans les oxydations des substances résineuses, dans Ja peau humaine. -

L'’ozone est un bactéricide puissant et, comme tel, il a été utilisé pour la stérilisation des eaux et dans le traitement des plaies infectées.

La rapidité de stérilisation d’un milieu de culture dépend de la constitution plus ou moins liquide ou solide de ce milieu (OUDIN).

Dans l’atmosphère, l’ozone joue un rôle important en détruisant les microbes des maladies épidémiques.

En résumé, é, de ce qui Dec on peut conclure nie 1 qualité dominante de l’ozone est son énergique pouvoir

oxydant; de lui dépendent ses effets bactéricide et favori

sant des combustions organiques.

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Les propriétés physiologiques de l’ozone découlent de son pouvoir énergique d'oxydation.

Sur le sang, les effets de l'ozone sont les suivants:

L'’hémoglobine utilise l'ozone de l’air pour se transformer en oxyhémoglobine. Par excès d’oxydation, elle se transforme en méthémoglobine.

Ainsi, des inhalations répétées d'ozone, à la dose de 5/10° de milligramme par litre d’air, au nombre de 20 à 25, pendant plusieurs jours, déterminent une augmentation du nombre de globules rouges et de la quantité de leur oxyhémoglobine contrôlée à l’hématospectroscope de HÉNOCQUE.

Mais une inhalation à la dose élevée de 8/10° de milligramme d'ozone par litre d’air, pendant plus d’une demiheure, produit des effets mortels chez les petits animaux (CORRALE).

La circulation du sang est ralentie sous l'influence des liquides ozonisés absorbés par voie buccale (THOMPSON et ALISON). Et le pouls subit de même une action modératrice analogue à celle de la digitale, sous l'influence des inhalations d'ozone.

. . #17 7 - LES Les mouvements respiratoires sont accélérés par l'inhalation d'ozone en excès.

DuGAT, sur lui-même, a cliniquement observé cette action irritative et stimulante.

Et SCHOENLEIN a constaté des exsudats inflammatoires sur la muqueuse des poumons et des bronches, de petits animaux soumis à l’air ozonisé.

A forte dose l’ozone ralentit la respiration, comme l'ont constaté d'ARSONVAL et BARLOW.

La nutrition, d’après HÉNOCQUE, se trouve activée par l'ozone. Ce gaz est un des modificateurs les plus puissants du sang et du métabolisme organique.

L'’urine est également modifiée sous l'influence des inhaiations d'ozone: Selon PAYR, la proportion de l’urée et de l’acide phosphorique de l’urine est augmentée pendant les inhalations.

Les oxydations et les combustions sont plus énergiques

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