Ibid.,\y, 12 et U
PROGRÈS A PâRIODES INDÉTERMINABLES. 227
Cette incorrigible race, pour laquelle la religion n*a jamais été qu'un instrument de domination, est loin d*étre éteinte. C'est elle qui continue à crucifier le Christ par la permanente violation de l'esprit de l'Évangile.
Quand on lit attentivement, sans esprit départi ni de secte, l'histoire de ceux qui ont entrepris de faire sortir notre espèce de son état d'inertie, de son horreur de tout travail rectificateur, on est tenté de croire qu'un mauvais génie plane sur l'humanité dévoyée et l'empêche de rentrer dans la bonne voie. Ainsi, le Christ, en insistant sur la correction de tout sentiment égoïste, sur l'accomplissement de bonnes actions, en combattant à outrance le pharifeéïsme ou l'hypocrisie, avait montré combien il était opposé aux rites et aux dogmes stériles. Eh bien ! ceux qui portent son nom et qui prétendent suivre son enseignement n'ont fait jusqu'à présent que continuer le formalisme étroit, dogmatique de la religion que le christianisme devait remplacer. Avec quelques lambeaux de texte de l'Evangile, ils ont fait — chose plus facile que d'en pratiquer l'esprit — des dogmes sur lesquels les théologiens passent leur temps à se disputer.
Ainsi, un dogme a fait le Christ l'égal de Dieu.
228 VOULOIK ET FAIRE.
Cependant aucun chrétien ne devrait ignorer que (( le fils de rhomme » ne voulait pas même être qualifié de bon^ àr{M(;. Deux évangélistes Fattestent dans des ternies identiques : « Mon bon maître, demandait un homme qui s'était jeté aux genoux du Christ, mon bon maître, que dois-je faire pour gagner la vie éternelle ? » Jésus lui répondit : Pourquoi m'appelles-tu bon? Personne n'est bon, si ce n*est Dieu seul \ » Il fit] encore la même réponse à un magistrat, qui lui avait adressé la même question^. Qu'en faut-il conclure? C'est que Jésus ne voulait pas être identifié avec Dieu. Au reste, les évangélistes, que nous avons montrés unanimes sur l'essence de l'enseignement, ne parlent pas tous de la divinité du Christ. Si saint Jean parle (XX, 30) de Jésus, comme fils de Dieu, ainsi que des miracles du Messie, c'est pour donner plus de poids à ses préceptes. D'ailleurs,' on n'a qu'à lire dans le même évangile comment Jésus refusait tout honneur divin : a Je n'accepte, disait-il, des hommes aucune glorification (^Çav) *. » Mais il demandait instamment aux hommes de croire à la