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2. Aux yeux des habiles qui occupent le même niveau que l'ignorante multitude, ces hommes de bien, qui devraient conduire la société, sont des « originaux, des naYfs, des toqués, » etc. ; qualiflcatifs qu'on pourra mettre à un côté de ceux dont les mauvais écoliers gratifient les bons.
à pirouettes, qui, souriant à droite et à gauctie, oDt l'air de dire au public : mais applaudissez donc, plaudite cives !
Notre phalange d*élite, tangible auxiliaire de Tinvi^ sible force des clioses, domine au fond la situation, par cela même qu'elle ne cherche pas à la dominer. Elle fait naître la saine opinion publique, de beau-^ coup préférable à l'oracle des anciens. Elle composera le tribunal de la postérité, qui reçoit tant d'appels. Et si Dieu a besoin de messagers pour transmettre ses ordres à d'innombrables mondes, c'est dans cette phalange qu'il les prendra. Passant près de la Terre d'où s'élève un si grand tapage, nos missi Dominici pourront se dire : a Voilà une humanité encore bien jeune; elle prépare elle-même les verges avec lesquelles elle est fouettée. » Puis ils continueront leur tournée à travers l'infini, ayant pour mot d'ordre a de laisser partout les larves se développer librement. »
Mais attachons-nous à ce que nous pouvons, à ce qui est actuellement en notre pouvoir.
Tout ce qui vit renferme en soi la loi de son développement. Notre espèce, alors môme qu'elle serait abandonnée à elle-même, finirait probable-* ment par s'améliorer; mais cela ne pourrait se faire
que très-lentemetit, qu'après uûé incalculable série de siècles et à travers de sanglantes catastrophes. Il dépend de nous, de notre volonté, d*abréger la période de notre épuration, d'accélérer la marche du progrès par la libre organisation de notre milieu social, par la création de notre monde à nous.
C'est là que commence la tâche de la minorité sur laquelle repose l'avenir. Que nos modestes in-^ connus sortent de leur isolement, et qu'ils montrent, par leur exemple, que la vie n'est qu'une grande école, qu'une vaste arène où toutes les générations, à mesure qu'elles apparaissent, viennent s'exercer. Qu'ils fassent pour les retardataires ce que de sages instructeurs font pour les enfants dont l'enseignement leur est confié; qu'ils s'adressent à l'intelligence et à la raison, pour faire sentir à leurs élèves combien il importe de s'initier d'avance aux devoirs qu'ils auront un jour à remplir; qu'ils fassent pénétrer, par une éducation nouvelle, dans l'esprit des générations successives, qu'il y va de notre bonheur, de notre dignité, de notre salut à nous tous, de nous préparer, par le légitime développement de nos facultés ascendantes, à la pratique du vrai et du juste. Substituant à l'ignorance la vraie lumière, ils créeront, espérons-le, une science nouvelle, suivant les