‹ L'semne devant ses œuvresChapitre 28 sur 28 · Voy. p. 22 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. p. 22 et suiv

2. Aux yeux des habiles qui occupent le même niveau que l'ignorante multitude, ces hommes de bien, qui devraient conduire la société, sont des « originaux, des naYfs, des toqués, » etc. ; qualiflcatifs qu'on pourra mettre à un côté de ceux dont les mauvais écoliers gratifient les bons.

à pirouettes, qui, souriant à droite et à gauctie, oDt l'air de dire au public : mais applaudissez donc, plaudite cives !

Notre phalange d*élite, tangible auxiliaire de Tinvi^ sible force des clioses, domine au fond la situation, par cela même qu'elle ne cherche pas à la dominer. Elle fait naître la saine opinion publique, de beau-^ coup préférable à l'oracle des anciens. Elle composera le tribunal de la postérité, qui reçoit tant d'appels. Et si Dieu a besoin de messagers pour transmettre ses ordres à d'innombrables mondes, c'est dans cette phalange qu'il les prendra. Passant près de la Terre d'où s'élève un si grand tapage, nos missi Dominici pourront se dire : a Voilà une humanité encore bien jeune; elle prépare elle-même les verges avec lesquelles elle est fouettée. » Puis ils continueront leur tournée à travers l'infini, ayant pour mot d'ordre a de laisser partout les larves se développer librement. »

Mais attachons-nous à ce que nous pouvons, à ce qui est actuellement en notre pouvoir.

Tout ce qui vit renferme en soi la loi de son développement. Notre espèce, alors môme qu'elle serait abandonnée à elle-même, finirait probable-* ment par s'améliorer; mais cela ne pourrait se faire

que très-lentemetit, qu'après uûé incalculable série de siècles et à travers de sanglantes catastrophes. Il dépend de nous, de notre volonté, d*abréger la période de notre épuration, d'accélérer la marche du progrès par la libre organisation de notre milieu social, par la création de notre monde à nous.

C'est là que commence la tâche de la minorité sur laquelle repose l'avenir. Que nos modestes in-^ connus sortent de leur isolement, et qu'ils montrent, par leur exemple, que la vie n'est qu'une grande école, qu'une vaste arène où toutes les générations, à mesure qu'elles apparaissent, viennent s'exercer. Qu'ils fassent pour les retardataires ce que de sages instructeurs font pour les enfants dont l'enseignement leur est confié; qu'ils s'adressent à l'intelligence et à la raison, pour faire sentir à leurs élèves combien il importe de s'initier d'avance aux devoirs qu'ils auront un jour à remplir; qu'ils fassent pénétrer, par une éducation nouvelle, dans l'esprit des générations successives, qu'il y va de notre bonheur, de notre dignité, de notre salut à nous tous, de nous préparer, par le légitime développement de nos facultés ascendantes, à la pratique du vrai et du juste. Substituant à l'ignorance la vraie lumière, ils créeront, espérons-le, une science nouvelle, suivant les

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