‹ L. Tieck et le Théatre espagnolChapitre 56 sur 108 · Catalogue, p. 117 sq · texte numérisé non relu

Catalogue, p. 117 sq

Le livre sur le théâtre espagnol 99

dant plus de quarante ans par ce savant célèbre. » Les notes prises sur les ouvrages mêmes de sa bibliothèque, les feuillets inédits de la Bibliothèque de Berlin et qui sont les débris des nombreuses fiches réunies au cours des pérégrinations bibliographiques de Tieck *, enfin les jugements épars dans les articles critiques et la correspondance sont autant d'éléments d'un ouvrage sur la littérature et en particulier sur le théâtre espagnol, que Tieck projeta et peut-être même commença et auquel l'encourageaient ses amis. « Où en est votre livre sur le théâtre espagnol ? Escribdis, escribâis ! » disait Malsburg *. Tieck n'était pas à court de bonnes intentions, mais il avait perdu la belle ardeur de ses débuts ; aussi bien lui manquait-il, comme pour Cervantes, l'information scientifique qu'il sentait nécessaire. Ses idées sont commandées moins par l'impartialité d'une étude objective que par le développement de son intelligence et de ses goûts littéraires.

Tieck est un critique original, parce qu'il apporte dans ses études littéraires ses goûts les plus intimes et ses idées générales. 11 avait été, dès son premier commerce avec Galderon, tourmenté par une grande crise

1. C'est en 1911 que j'ai pu, grâce à la complaisante autorisation du Directeur de la section des Inédits, consulter ces notes (déjà signalées par A. Hauffen, Zu Tiecks Nachlass dans Archiv fur Littera,lurgesch. deSchnorr von Karolsfeld, XV, p. 321) qui se trouvent à la Kônigliche Bibliothek de Berlin sous le titre : Tiecks Nachlass, n" 9738. L'écriture de ces notes, nerveuse et souvent illisible, ressemble à celle des lettres écrites vers 1840.

Tout n'est pas également intéressant dans ces notes ; il y a des analyses de pièces fragmentaires ou à peine indiquées, des bouts d'observations qui devaient évoquer chez l'auteur des développements tout entiers, mais sont pour nous parfaitement insigniiiantes. De plus, quelques passages ne sont qu'une indéchiffrable sténographie, la plus ingrate de la collection berlinoise des papiers posthumes de Tieck.

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