Holtei. Briefe, l. c, p. 301 (7 juin
loo L. Tieck et le Théâtre espagnol
catholique, qui avait attiré son attention sur le caractère puissamment religieux du drame espagnol ; aussi lui attribuait-il une origine religieuse. « La plus ancienne forme du théâtre, dit-il, identique dans l'ensemble, est née du mystère \ » En Espagne surtout, où moines et prêtres peuvent assister sans scandale aux représentations, la foi chrétienne put inspirer le théâtre et créer une puissante tradition de littérature pieuse. De là, les autos ; de là aussi dans le drame moderne, spécialement en Espagne, une forme particulière qui est précisément celle du mystère.
Cependant, le point de vue religieux cesse dans la dernière moitié de sa vie de dominer sa pensée ; Tieck se détourne de ses mystiques et de ses amis catholiques. Il revendique malgré tout le droit d'admirer encore les poètes espagnols, d'aimer sérieusement et de toute son âme Calderon et les madones de Raphaël sans croire aux formes et aux rites^ du catholicisme *.
En suivant l'évolution du drame espagnol, il rencontre ses nouvelles métamorphoses ; le théâtre est devenu pastoral ou comique et se compose de motifs peu variés, où caractères et personnages revenaient souvent et toujours les mêmes K Tel était l'état de la scène avant Cervantes. Quoi qu'il en soit, ce théâtre, si primitif fûtil, était plus avancé que le théâtre anglais de la même époque *. « Depuis deux siècles et demi les Espagnols
1. Kr. Schriflen, I, 247 (1823). Tieck promet sur ce point de plus amples développements qu'il réserve pour son ouvrage d'ensemble — jamais publié — sur Shakespeare.