Lebenserinnerungen, dans Ausg. Werke, t. XI, p
2. Voir la liste des représentations caldéroniennes en Allemagne chez Breymann, op. cit., p. 148 sq., et surtout A. Ludwig, Archiv fur das Sliidium der neaeren Spraçhen und Lileraturen, 1909, p. 389 sq.
i34 L. Ticck et le Théâtre espagnol
Stern von Sevilla 7 fois, Die Macht des Bluts 1 fois, Dame Kobold 1 fois ; soit au total 21 représentations de drames espagnols dans les neuf années qui précèdent la nomination de Tieck, et 32 pendant les dix premières années de son action. La différence n'est pas excessive et s'explique par le caprice de la mode, le succès de certaines adaptations et la concurrence des autres scènes allemandes *.
Le public sut du reste faire respecter ses droits. Malgré les conseils de ses amis et du régisseur, Tieck avait fait annoncer Dame Kobold et réussit à la faire jouer le 5 janvier 1826 ; mais les spectateurs se fâchèrent a. « L'intrigue n'a pas intéressé, conte un journal du temps, a même ennuyé et déplu » ' ; la pièce fut sifflée. La presse prit parti contre la tentative malheureuse de Tieck. La Derliner Schnellpost s'attaque, non à Galderon, mais à l'adaptation allemande de Hell et se plaint « des jardiniers qui veulent faire du théâtre allemand un jardin botanique plein de végétaux exotiques ou même un herbier plein de plantes étrangères et desséchées » *. Le public et une part de la critique ne partageaient donc pas les exaltations caldéroniennes de quelques romantiques; et les avertissements de Tieck étaient mieux écoutés qu'il ne l'eût peut-être lui-même désiré.
Cependant de nombreux théâtres admettaient Galderon dans leur répertoire. Das Leben ein Traum ne
1. Friesen, L. Tieck, etc., I, p. 139, ne cite en fait de représentations véritablement patronnées par Tieck que Die Dame Kobold, Don Guiierre (1826), Das Lehen ein Traum (1829).