Ibid., II, p. 92. Cf. IV, p
4. A. Stahrs gesammelte kleine Schriflen, I. Berlin, 1871, p. 402 (écrit en 1853).
I 36 L. Tieck et le Théâtre espagnol
L'intelligence lumineuse, la sûreté du goût et l'expérience technique de Tieck inspirèrent confiance autour de lui. Il fut entouré, surtout à cette époque, d'affections dévouées et touchantes. Dans ce monde de disciples, sa parole fit autorité : « Je lis toujours, écrivait Dorothée vers 1822, Galderon avec beaucoup de plaisir ; mais les comédies m'attirent peu, car elles sont toutes sensiblement du même modèle, mais Bas Lehen ein Traum, Die Seherin des Morgens, Die Morgenrôte von Copacabana^ Echo und Narciss et Der Gartenunho Id^ je ne peux presque jamais les lire sans le plus grand ravissement... Dans le cinquième volume de Gries, qui "vient de paraître, il y a aussi deux pièces qui me plaisent beaucoup '. »
E. F. G. Otto von der Malsburg fut un des familiers les plus fervents de la maison du poète : il n'eut pas lui-même un tempérament de créateur, mais il posséda l'admiration passionnée et le sens de la grande beauté d'art. Aussi se consacra-t-il à des travaux de traduction. 11 commença par le Calderon^ qui parut en six tomes de 1819 à 1825. Cette traduction, que les critiques modernes déclarent mauvaise, semblait à Tieck supérieure à celle de Gries '. Il s'intéressa à la tra-
1. Notes inédites de Tieck, n° 76 non daté. Le b" tome de Gries étant de 1822, cette lettre, adressée sans doute à la famille de Solger, est à peu près de la même année. Les pièces citées par Dorothée sont de la traduction de Malsburg, t. 3 et 4 (sauf Das Leben ein Traum).
2. Les Schauspiele von D. Pedro Calderon, 6 Bde, Leipzig, 1819-25, C(jntiennent: I. Es ist besser als es war, Es istschlimmer als es war. II, Fûrst, Freund, Frau, Wohl und Weh III, Echo und Narzissus, Der Gartenunhold. IV, Die Seherin des Morgens, Die Morgenrôte in Copacavana. V, Der Schullheisz von Zalaniea, Weisze Hande krânken nicht. VI, Graf Lucanor, Weine, Weib, und du ivirst siegen. Sur l'enthousiasme de Malsburg pour Galderon, voir A. Farinelli, Apuntes sobre Calderon, etc., dans Cuit, esp., 1907 p. 134 et passim.
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duction de Marcos de Obregon, que Tieck avait oubliée dans ses papiers. Il traduisit enfin un certain nombre de pièces de Lope de Vega, La Estrella de Sevilla^ El mejor Alcalde el Rei/, Moza del Cdntaro *. Tandis que la préface du Calderon déborde encore d'enthousiasme trouble et affecté pour ce poète, Malsburg est dans l'introduction de son Lope revenu à une critique plus objective ; il découvre maintenant, chez Calderon, « des traces de procédés poétiques ». Chez Lope au contraire il admire « la fraîcheur du naturel, l'innocence et la naïveté, un goût très vif pour tout ce qui est grand » *. C'étaient les conceptions mêmes de Tieck ; il n'est guère douteux que ce ne soit à Tieck que Malsburg emprunta le plus clair de ses idées nouvelles. C'est à Tieck qu'il demandait des conseils au sujet d'un compte rendu de la traduction Baermann' ; il le tint au courant de ses études de littérature hispanique ; il partagea la bibliothèque de Tieck, et lui légua la sienne. « L'étude de la littérature espagnole fut pour tous deux un trait d'union *. » Jusqu'à la mort de Malsburg (1824), les deux amis collaborèrent cordialement à la même étude d'histoire littéraire. Grâce à Malsburg, et grâce, dans une certaine mesure, à Tieck, Lope fut désormais partiellement accessible dans une traduction assez fidèle et put pénétrer dans les couches plus profondes.
Gries lui-même, malgré l'insuccès des derniers vo-
1. Slern, Scepter und Blâme oder der Stem von Sevilla, Der besle Richter isl der Kônig, Bas KrugmMchen, Dresden, 1824. (Rééd., Leipzig, 1836.)
2. Avant sa mort, Malsburg projetait un nouveau recueil de comédies de Lope.