INCAPACITÉ ONTOGÉNÉTIQUE DE L'OOCYTE
défaut dans l’œuf qui n’a pas encore atteint son équilibre, de maturation.
Si la réponse est aflirmative, il s'agira d'examiner à quel stade de l’oogénèse elles font leur apparition. De telles questions ont une importance théorique indiscutable, mais il est malheureusement impossible, dans l’état présent de la science, de leur donner une réponse basée sur des faits d'observation. Nous verrons plus tard qu'il existe dans l'œuf des « zones » à potentialités différentes ; on peut assister pendant la période d’accroissement de l'œuf à la délimitation de certaines d’entre elles, parfois même il est possible de les suivre jusqu’à des stades très reculés ; et, fait plus caractéristique encore, on a réussi, dans bien des cas, à reconnaître que la polarité de l’oocyte se maintient invariable à travers tous les stades de son. évolution et a son origine dans une polarité de même sens, déjà indiquée dans l’oogonie. Il est donc probable
que le substratum des potentialités de l’œuf s'accroît plutôt qu'il ne s'acquiert, pendant la longue durée du stade oocyte de premier ordre.
- Seulement, pour que cette vague probabilité se change en une certitude, il faudrait pouvoir expérimenter sur
- l'oocyte et provoquer en lui la manifestation de ces potentialités latentes dont l'existence reste hypothétique. Or, les tentatives pour inciter un œuf non mûr à esquisser ne
- fût-ce qu'une ébauche de développement, ont toujours ‘échoué jusqu'ici ; les œufs sont réfractaires à la parthénogénèse tant qu'ils n'ont pas commencé leurs mitoses de maturation. DELAGE a démontré ce fait d’une facon irréfutabie dans ses études sur les Astéries ; en outre, dans la majorité des cas, la fécondation n’est efficace que quand la période d’accroissement est achevée. Tout cela tendrait
L'’œuf 9
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à faire présumer que l'incitation au développement par les moyens dont nous disposons est dépendante d'un cer-« tain état du cytoplasme, et à ce point de vue il est légi-M time d'admettre une maluration cytoplasmique (Drevace) : certaines Planaires chez lesquelles le spermatozoïde entre déjà dans le jeune oocyte ne sont qu'une exception apparente, car l'œuf reste inerte pendant toute la période d’ac-« croissement et ce n'est qu'au terme de celle-ci que la fé- : condation proprement dite s'effectue. ;
En fait, nous ne savons rien encore des pouvoirs latents de l'œuf non mür. Il est invraisemblable que ses proprié-« tés ontogénétiques apparaissent brusquement, et 1l est tout aussi improbable qu’elles soient acquises progressive-M ment, par épigénèse ; mais ce sont là de simples supposi-« tions qui ne s'appuient que sur le raisonnement ou sur des faits insuffisants. Nous avons cependant la conviction qu'il y a là pour l'avenir un beau chapitre de la Hole digne de fixer l'attention de chercheurs assez ingénieux» pour imaginer des techniques nouvelles : il nous donnera définitivement, croyons-nous, la clef du problème de mn reproduction sexuelle. 4
Il n'existe à notre connaissance que deux observations qui aient été considérées, par leurs auteurs, comme des cas de“ développement prématuré d’un œuf ; ainsi qu'on va le voir, leur intérêt est assez mince et leur valeur contestable.
L'une a été décrite par Fauré-FrémET. Au cours de’ ses études sur l’oogénèse chez l’Ascaris, ila observé que quelques oogonies, au lieu de se transformer en oocytes continuaient à proliférer, mais par division directe du noyau ; les cellules-filles restant unies entre elles, 1l se formait ainsi des masses pluricellulaires, parfois creusées
d’une cavité plus ou moins réguhère. *