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CHAPITRE V

FÉCONDATION ET PARTHÉNOGÉNEÈSE

Sommaire. — L'’énergide parthénogénétique. — Impuissance du pronucleus femelle à se diviser seul, — Analyse cytologique de la parthénogénèse par piqûre et ses conséquences. — Moyens divers

de pallier au déficit de chromatine dans l’œuf parthénogénétique. — Le rôle véritable du second temps dans les méthodes de parthénogénèse en deux temps. — Localisations germinales et manifestalions dynamiques dans la parthénogénèse, — Analogies et différences avec ce qu'elles sont dans la fécondation. — La fécondation partielle. — Ses divers degrés et ses conséquences, — Signification de l'élimination de chromaline dans la fécondation parlielle.— Ses analogies avec la réduction caryogamique. — Parthénogénèse naturelle — Sa signification biologique.

Dans une comparaison entre la parthénogénèse expérimentale et la fécondation, tous les « actes » que comporte celle dernière n’ont pas une égale importance : quelques-uns sont même complètement négligeables. L'apport de lendances héréditaires, que nous appelons plus volontiers l'influence spécifique exercée par le spermatozoïde, n’a son équivalent dans aucune des méthodes de parthénogénèse employées jusqu'ici, et n'a donc pas à entrer en ligne de compte. Les produits nés d'une même femelle sans l'intervention du mâle, seront naturellement d’ure plus grande uniformité, puisque la gamme des varialions possibles sera réduite de moitié. Mais, néanmoins, les petits caractères personnels des œufs, en produisant de légères différences individuelles,

VALEUR DE L'ÉNERGIDE PARTHÉNOGÉNÉTIQUE 219

pourront laisser à une race parthénsgénétique une capacité d'adaptation suflisante.

Par contre, 1l est fort instructif de mettre en parallèle les autres actes de la fécondation et ceux que la parthé-

nogénèse réalise quand elle est efficiente. En effet avant

d'affirmer, comme on le fait si souvent, que les agents physiques, chimiques ou mécaniques Jouent le rôle du spermatozoïde, — ce qui signifie qu'ils agissent exactement comme lui — il est nécessaire de soumettre à une analyse méthodique les réactions de tout ordre qu'ils provoquent dans l'œuf. C’est cette analyse que nous allons tenter en prenant toujours, comme pierre de touche, les effets normaux de la pénétration d'un spermatozoïde.

Examinons d'abord comment la parthénogénèse parvient à compenser l'absence du demi-noyau et du centrosome, qui sont l'apport matériel principal dans la fécondation. Ces deux éléments sont d’une importance essentielle, puisqu'ils concourent à assurer, au moment

de la segmentation, la formation d’une figure caryoci-

nétique assez puissante pour entrainer la division complète de l'œuf. Mais nous savons que le centrosome ne peut exercer son aclion que si le cytoplasme de l'œuf

vierse à subi une modification, probablement d'ordre

physique, grâce à laquelle il devient capable de s’irradier

aulour de centres, qui peuvent d’ailleurs être diversement composés. Ce changement est l’une des manifestions dynamiques de la fécondation.

Or, on sait aujourd'hui qu'il succède toujours aussi

au premier temps des principales méthodes de parthéno-

génèse expérimentale, tout comme la contraction de l'œuf

et l'expulsion concomitante de liquide.

Chez la grenouille, notamment, une heuré après ka piqûre pure et simple par le procédé de Baranixow, 1 cytoplasme ovulaire s’irfadie puissamment antour d'a point très rapproché de la surface du pronucleus femelle (Hérianr, 1913); chez FOursin, un aspect analogue se manifeste, dans la méthode de Lors, quels minutes après que les œufs, traités par l'acide butyrique,. ont été replacés dans l'eau de mer ‘; dans les techniques” imaginées par D£é£ae, le tanin chez l'Oursin, et l'acide. carbonique chez les Astéries, ont probablement la mêm ; influence.

Il se forme donc une énerqide femelle, dont les ray cytoplasmiques convergent vers un grain Ou un corpus cule que l’on peut A Re considérer comme.

étant lé centrosomé de l'œuf. Cette énergide est très apparente ; chez la grenouille et chez l'Oursin, où elle & été bien étudiée, elle ne le cède en rien à l’énergide spers matique normale de Ja fécondation (voir fig. 44). Elle se comporte aussi tout à fait comme elle : après avoin afteint son apogée, elle commence à s'estomper et ne tarde pas à disparaître. En même temps, le pronucleuss femelle s'est résolu en ses chromosomes, mais che l’Echimoderme, cette tentative de mitose avorte, à peine ébauchée et un noyau vésiculeux se reconstitue (Herssr Hivore, Hércanwr, etc.). Chez la grenouille, la cinèse nucléaire poursuit son cours jusqu'à la mélaphase eb même f'anaphase (Baraitzos, Henzanr) ; cela prouve que le centrosome s’est divisé et que deux énergides dés segmentation ont succédé à la première. Toutefois, l'œuf” ne se segmente pas non plus. |

MR

{ Voir parmi les travaux récents ceux de Hixpce et de HErLaNe"

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