‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 63 sur 141 · ÉLIMINATION CHROMATIQUE ET RÉDUCTION · texte numérisé non relu

ÉLIMINATION CHROMATIQUE ET RÉDUCTION

Antedon, elle ne l'était pas encore aux stades les plus ultimes sur lesquels l'observation a pu porter, mais tout incite à croire que si l'on réussissait à élever dans de bonnes conditions ‘ les plutei obtenus, on verrait se produire, à un moment donné, l’épuration nucléaire ; et si alors les organes génitaux étaient formés, il est à peu près certain que l'observateur non prévenu qui y ferait l'étude de l’oogénèse ou de la spermatogénèse, prendrait l'élimination de la chromatine paternelle pour une forme spéciale et un peu aberrante de la réduction chromatique qui, chez tous les êtres vivants, caractérise spécifiquement l’évolution des produits sexuels. Comme conséquence l'idée naît et se précise, que cette réduction normale pourrait bien n'être, elle aussi, que l'élimination, mais après un long et - fruclueux usage, d'une substance étrangère introduite au moment de la naissance de l'individu, par l'agent fécondant.

Nous pressentons déjà les objections multiples que l’on . peut opposer à cette interprétation : les unes sont de principe, les autres de fait.

- On dira que nous en revenons à l’ancienne théorie, - défendue par En. Vax Bexepex ‘1883) et par Cn. Sencwicx Minor, de l'hermaphroditisme originel des cellules sexuelles ; pour eux, en effet, la formation des globules . polaires est, en réalité, l'expulsion des éléments mâles . contenus dans l’œuf.

Sans doute, il y a un fonds commun entre cette manière . de voir et celle que nous avons émise, mais 1l réside plus

- dans les mots que dans les idées qu’ils expriment, On sait

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. 4 On sait que l’élevage des larves d’Echinodermes les plus nor- - males et les plus vigoureuses est extrêmement difficile (Cf. Derace).

très bien, aujourd'hui, que ce n'est pas la maturation qui détermine le sexe de l'œuf; sauf dans le cas très spécial des Phylloxeras et des Aphides il ne devient pas femelle après qu'il a subi la réduction chromatique, il l'était avant et il le reste après. Si, quand il forme ses globules polaires, l'œuf rejette réellement ses chromosomes pater— nels, nous savons très bien que ces chromosomes sont ceux d’un spermatozoïde déterminant du sexe femelle ! La découverte de l'hétérochromosome, qui est de beaucoup postérieure à l'époque où En. Vax BENEDex faisait ses recherches (1883), impose un important correctif à l'hypothèse du grand embryologiste belge ; mais épurée de l'erreur d’un hermaphrodisme initial de l'œuf, et réduite à l’idée que la maturation est l'élimination de la chromatine paternelle, elle redevient parfaitement admissible. Tout le monde se rappelle l’objection capitale qui lui fut faite et que l’on répète parfois encore aujourd'hui : si

l'œuf, quand il màrit, se débarrasse de ce qui lui vient de |

son père, comment le produit qui en naïtra pourrait-il tenir certains caractères de ses grand-parents paternels ? Cette objection, qui a suffi à faire tomber la théorie dans

l'oubli pendant toute une généralion, n'a pourtant aucune.

valeur ‘. Elle a son point de départ dans la notion, alors

l Ainsi que nous l'avons dit (page 72), on a reconnu dans un.

nombre de cas déjà appréciable que dans les cellules somatiques et sexuelles, les chromosomes sont répartis en deux séries, chaque terme dé l’un ayant son équivalent de forme et d'aspect dans l'autre. Quand la maturation se prépare, ce sont les partenaires des deux séries qui s’apparient. Tout le monde admet que ces deux séries sont, l’une d’origine paternelle, et l’autre d’origine maternelle, Mais ce que beaucoup d’auteurs contestent, c’est qu'après leur appariement, elles se disjoignent simplement lors de la première mitose de matu-

or

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