‹ L'uf et les facteurs de l'ontogénèseChapitre 64 sur 141 · ÉLIMINATION CHROMATIQUE ET RÉDUCTION · texte numérisé non relu

ÉLIMINATION CHROMATIQUE ET RÉDUCTION

. nouvelle et prise comme article de fai par la grande ma-

Jorité des biologistes, que toute l'hérédité est dirigée par

un plasma germinatif immuable, un idioplasme probablement fixé dans les chromosomes qui agissent à la façon de « principes directeurs » et peuvent changer ce qui les entoure sans se modifier eux-mêmes.

Mais celle notion, à laquelle nous consacrerons quelques hgnes à la fin de ce livre, ne résiste pas à la critique d’une saine physiologie. La substance d’un spermatozoïde, qui

ration. Presque tous prétendent — il ne faut guère en excepter que SCHREINER, GÉRARD et Mour, — que lors du synapsis, les composants

des anses bivalentes non seulement sont accolés, mais se fusionnent,

- et qu'à ce moment il doit se faire entre eux des échanges de sub-

Stances. Quand ils se séparent, ils ne seraient donc plus les mêmes

- qu’au moment de leur accouplement : ils seraient tous, alors, un

mélange de particules maternelles et paternelles. L’élimination d’une des deux séries ne ferait donc que rejeter un trop-plein. Evidemment, ce ne sont là que des suppositions, sans autre base objective

que lPaspect compact et dense des chromosomes appariés pendant le

synapsis ; mais elles paraissent nécessaires à certains esprits qui, comme H. vox Wixiwarter et plus récemment Enu.-B. Wicsox, déclarent que la conjugaison des chromosomes serait incompréhensible sans elles. Sans doute, elle est énigmatique, mais peut-être relève-t-elle de facteurs beaucoup plus simples qu’on ne le croit. On

-a une tendance exagérée à supposer que les images microscopiques

compliquées sont l’expression de processus complexes ; c’est une erreur évidente.

Pour nous résumer, nous dirons que nous admettons la conjugaison parallèle des chromosomes, nous ne nions pas qu'ils ne puissent même se souder, mais nous ne pouvons admettre qu’ils attendraient ce moment pour faire entre eux des échanges de substances qu'ils ont eu l’occasion d’effectuer maintes fois auparavant : lors des reconstitulions nucléaires qui ont suivi toutes les divisions cellulaires depuis la segmentation de l'œuf fécondé. Quant à l'usage que des théoriciens du mendelisme ont fait de ces suppositions, il tombe avec elles.

a vécu pendant toute une vie individuelle dans un œuf d’abord, ensuite dans oules les cellules du corps de l’embryon et de l'organisme qui en procède} qui a imprimé sa marque tant sur le développement ontogénétique que sur les caractères personnels de l'adulte, doit avoir laissé des traces dans ce milieu ; elle a dû le modifier assez dans l'intimité de sa composition pour que ces traces soient devenues indélébiles, même après la disparilion de la cause qui les a produites.

. Si l'objection de principe peut être aisément réfutée, il subsiste, contre l'hypothèse que nous défendons, des arguments de faits qui sont plus graves. Le plus important consisterait à dire que si elle est applicable à l'oogénèse,

elle ne l'est pas à la spermatogénèse ; ici, en effet, il ne°«

peut pas y avoir d'élimination de chromaline, puisqu’aux dépens d’un spermatocyÿle, il se forme quatre spermatozoïdes également fonctionnels. Mais si le terme d'élimination n'est, en eflet, pas applicable en l’espèce, il peut très bien être remplacé par celui de disjonction.

Certes ce changement de mot prend un peu l'apparence d'un artifice destiné à sauver la théorie, mais telle n’est pas

notre pensée, Nous voyons dans la disjonction des chro- »

matines paternelle et maternelle au cours de la spermatogénése, un moyen extrêmement simple et clair d’expliquer le dimorphisme des spermatozoïdes, el nous ajouterons même que nous n'en voyons pas d'autre.

Quel que soit le sort que l'avenir réserve à toutes ces considérations, il nous a paru utile de les développer parce que, des données de la fécondation partielle surgit, pour la première fois dans la science, une lueur permettant d’entrevoir la causalité d'un phénomène aussi inexplicable que l'était jusqu'ici la réduction caryogamique.

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