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TROISIÈME PHASE

Trophoderme villeux, {Oîtaire, transitoire.

Cette phase est très curieuse, et pour ainsi dire aberrante. Elle a été observée et figurée, pour la première fois, par Reichert (Œuf N° 3, Planche et Tableau synthétiques).

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Ahlfeld a donné la description, malheureusement trop sommaire, d un cas semblable; ce qui fait que nous ne lavons pas inséré dans notre tabelle récapitulative.

Malgré tout cela, nous n aurions pas pris en considération cette curieuse période d évolution si nous ne possédions nous-mêmes, dans notre propre collection, un œuf à un stade un tout petit peu plus avancé (Notre Œuf, Chen. N° 4, Planche et Tableau synthétiques; Planche lithograph. I, fig. 8; et Pl. VI, fig. 20); et si d'autres œufs plus avancés de notre collection ne nous faisaient voir qu'ils ont dû passer par cette période. (Planche et Tableau synoptiques; fig. 6 à 10).

Nous sommes arrivés à la conviction qu'il faut joindre aussi à cette série Tœuf de von Spee, Gle. (N° 5, Planche et Tableau synthétiques) décrit par cet anatomiste, plutôt au point de vue de l'embryon. Nous avons essayé de recompléter le croquis de von Spee, en tenant compte des dimensions que cet auteur assume à son œuf. Les parties ajoutées par nous, sont accusées en pointillé dans notre dessin (N° 5 de notre Pl. synthét.).

Les trois ovules que nous allons décrire sont de forme lenticulaire, plus aplatis sur une de leurs faces (la face dorsale, celle tournée contre l'utérus). Cela se voit particulièrement bien dans les dessins de l'œuf de Reichert (N°3, Pl. et Tabl. synthétiques; Pl. i, fig. 2 et 3, Pl. III, fig. 6 et 7, du mémoire original de l'auteur) ; et dans le NÔTRE (N° 4, Chen. de notre Tabelle et de notre Planche synoptique). Nous supposons qu'il en est de même dans celui de von Spee, recomplété par nous. (N° 5 de notre Tableau et de notre Planche synthétiques).

Les villosités sont devenues très abondantes : elles se sont notablement allongées et ramifiées. Et, surtout, fait

curieux, elles apparaissent groupées en couronne sur tout le pourtour delà lentille ovulaire: tandis que, sur les deux faces de Fovule, elles laissent deux sortes de champs glabres et de forme assez circulaire. Cela se voit très bien dans les dessins de Reichert.

Dans NOTRE Œuf (N° 4, Chen.), lorsqu^il était encore à 1 état frais, ces deux champs n'étaient pas visibles ; les extrémités des villosités étaient toutes mastiquées ensemble, par une couche continue d'un tissu compact, que nous avons dû déchirer. Ce tissu forme ce que nous appelons la coque trophodermienne. Probablement que dans la pièce de Reichert, il en était aussi de même ; et que cet anatomiste a éloigné soigneusement cette gangue enveloppante, en la disséquant avec la pincette. Nous pensons que les deux champs glabres ont pris naissance par des inégalités marquées dans l'expansion du chorion ovulaire. Le lecteur verra plus loin, à propos de la Discussion générale, notre explication à ce sujet.

On peut voir dans les dessins de Reichert, et nous avons pu nous-même constater également, dans Notre Œuf (N° 4, Chen.)^ qui nous était parvenu encore entouré de sa capsule déciduale, que les deux champs glabres, ainsi que leurs deux faces planes correspondantes, sont orientés exactement, dans le sens de Taplatissement général de la cavité utérine : et que, de plus, la face la plus bombée de l'œuf, soit la plus superficielle, est celle tournée contre la cavité utérine (face ventrale, par rapport à Torientation primaire de Tembryon) ; tandis que la face la plus aplatie, la plus profonde, par rapport à Tutérus (face dorsale, par rapport à Tembryon), est tournée du côté du corps utérin. Nous verrons, dans les stades ultérieurs, que c est précisément dans le domaine de cette dernière

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face, qu'apparaît la formation placentaire : c est-à-dire, du côté où les vaisseaux sanguins maternels et les vaisseaux foetaux tendent, tous deux, à devenir le plus abondants.

Selenka a fait, pour certains Singes, des observations très semblables.

N ous devons faire remarquer que, dans l'œuf de Rei- CHERT (Pl. III, fig. 6 et 7 du mémoire de cet auteur) comme, aussi, dans Notre Œuf, Chen. N° 4, qui est un peu plus avancé, le champ glabre ventral est moins apparent que le champ dorsal. Dans Tœuf de von Spee, Gle., reconstitué par nous (N° 5 de notre Tableau et de notre Planche synthétiques), le champ glabre dorsal devait aussi exister : d'après la position des quelques villosités, que cet auteur indique dans son croquis fragmentaire. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de voir, dans des stades plus avancés du développement, que la persistance du champ dorsal est plus marquée, que celle du champ ventral; et cela, jusqu'à Tœuf, N° 10, de notre Tabelle.

Contentons-nous pour le moment de dire que dans tous nos dessins (N°' 4 à 9, de notre Tableau et de notre Planche synthétiques; Planches lith. I, fig. 8, et VI, fig. 20), on voit d'abord que les deux champs glabres s'effacent graduellement: le ventral plus rapidement que le dorsal; mais que, dans une période plus avancée (fig. 10 de notre Pl. synthét.), le champ ventral refait son apparition, pour redisparaître encore une fois.

La persistance temporaire du champ dorsal s'explique, selon nous, par la façon dont la première irrigation sanguine maternelle se fait : sur cette face de l'œuf, les lacs sanguins trophodermiens deviennent, très vite, plus volumineux et plus réguliers.

Dans tous nos œufs, les villosités sont infléchies en

voûte, par dessus les deux lacs sanguins. Elles sont soudées les unes aux autres par la coque trophodermienne. (Voir à ce sujet plus particulièrement nos dessins Pl. lithogr. I, fig. 8, et surtout notre reconstruction graphique Pl. lithogr. VII, fig. i5, qui donnent d'une façon plus précise une image en relief de ces rapports topographiques).

Disons tout de suite que, dans notre dessin Pl. lithogr. II, fig. 1 2, l'extérieur de Notre Œuf, N° 8, Dt^. G^z,, fait d'après une photographie et qui appartient à des stades avancés, la façon dont la soudure des villosités s'est opérée est manifeste. Il s'est fait des sortes de raphés (Raph.) rectilignes, orientés symétriquement, par rapport au plan médian général de l'œuf. Les lignes de soudure dessinent une sorte d'éventail assez régulier, dont les branches viennent confluer ensemble vers une sorte de fossette circulaire, qui marque le point où s'insère, intérieurement, le Bauchstiel (Pédicule embryonnaire). Nous avons découvert cette image dans nos photographies stéréoscopiques de cet œuf, rétrospectivement et bien longtemps après que la pièce avait été microtomée en série ; c'est là, disons-le en passant, un des gros avantages de la photographie stéréoscopique préalable, exécutée, lorsque les pièces sont encore entières.

En continuant l'analyse rétrospective de nos photographies stéréoscopiques, nous avons pu aussi nous convaincre que la symétrie de l'œuf s'étendait, au loin, bien au delà du champ dorsal et de son éventail ; et que les villosités, alternant avec de petits champs glabres supplémentaires, se répètent souvent, des deux côtés du plan médian, avec une régularité de position remarquable. On dirait même que, aux deux côtés du champ glabre dorsal

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et contenant leventail, il y a encore d autres petits champs glabres supplémentaires. Cette symétrie générale des détails se voit assez bien dans notre dessin. (Planche Hthogr. II,fîg. 12). Nous arrivons donc à la conclusion que les principaux troncs villeux doivent apparaître, sur la surface de Tellipsoïde ovulaire, avec une régularité beaucoup plus grande qu on ne lavait supposé jusqu'à maintenant.

Ch.av.d

Ch.av.v.

Figure 14. — Notre œuf humain. Jen. N» 6, de notre Tableau synthétique. — Ch. av. d. = Champ avilleux dorsal. — Ch. av. v. = Champ avilleux ventral. — Cœ. e. = Cœlome extra-embryonnaire (Exo-cœlome), avec magma réticulé de Giaccomini. — C. tr. = Coque trophodermienne. — L. e. mé. = Lame externe, choriale, du mésoderme. — L. s. tr. = Lacunes sanguines trophodermiennes (futurs lacs sanguins), en blanc. — P.e.= Pédicule embryonnaire (Bauchsiiel ou Embryophore). — Dessin à la chambre claire; amplification: 1 5 diamètre environ.

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