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SIXIÈME PHASE

Placenta discoïdal cotylédoné et chorion définitif.

Nous voyons le tout premier commencement de cette phase dans Notre œuf, N° io Dobr. et encore mieux dans Notre œuf N° i i Adl., non figuré dans notre Planche synthétique, mais spécifié dans le Tableau synthétique, I, p. 14. Et nous avons pu observer les phases ultérieures de cette évolution dans toute une série d'œufs de notre collection, que nous n'avons pas voulu spécifier en détail (Voy. notre schéma XII, de notre Planche synoptique, qui synthétise ces derniers), parce que ces stades sont assez bien connus depuis longtemps et qu'il n'y a pas de difficultés particulières à comprendre leur façon de se comporter. Dans Notre œuf (N° 10 Adl. de notre Tabelle et de notre Planche synoptiques), les villosités choriales se sont cantonnées surtout à la face dorsale de Tœuf; elles débordent, néanmoins encore un peu sur tout le pourtour de Tovoïde ovulaire.

Nous disons ovoïde, car l'aplatissement lenticulaire a beaucoup diminué ; en même temps, d ailleurs, que tout l'œuf s est fortement agrandi, dans tous les sens.

Dans la partie centrale de la face ventrale, un point de raréfaction des expansions villeuses s'est affirmé; on dirait que Tancien champ glabre ventral tend à refaire son

apparition. Cette tendance se voit assez bien dans plusieurs de nos dessins reconstruits (N- 8, 9 et 10 de notre Planche synoptique).

Il y a donc ainsi nettement un chorionfrondosum (dorsal) et un chorion lœve (ventral).

Le nombre total des troncs vil! eux a notablement augmenté. Il faut donc, forcément, qu'il s'en soit formé beaucoup de nouveaux, qui se sont ajoutés aux anciens. L'inspection attentive de nos pièces nous incite à admettre que cette augmentation de nombre ne doit pas être recherchée dans des intercalations de villosités nouvelles, entre les anciennes ; mais, bien plutôt, dans des néoformations, au niveau du point glabre ventral. En d'autres termes : c est surtout, à ce niveau, que le chorion s'étend en surface ; et ce sont les additions, successives et concentriques, de nouvelles villosités, émanant de cet endroit, qui font étendre, par la périphérie, le chorion frondosum ; sous l'influence de pressions intérieures, il y a dilatation inéo^ale et continue de l'œuf et du chorion, surtout du côté du champ glabre ventral qui s'est de nouveau afïirmé. Ce serait donc, pendant longtemps encore et d'une façon continue, le champ glabre, lui-même, qui serait la source des nouvelles villosités : d'abord, sous forme de simples ondulations ; puis, ensuite, de ramifications de plus en plus compliquées, à mesure que ces appendices montent en grade.

Donc, en d'autres termes, il y aurait : accroissement continu du chorion laeve; puis modelage ultérieur de celui-ci en villosités élémentaires; et, enfin, différenciation et montée en grade de ces dernières. Ainsi, de proche en proche, viendraient s'ajouter de nouvelles zones de chorion frondosum, à celles déjà précédemment formées.

Ce que nous venons d'affirmer cadre parfaitement, avec

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la façon curieuse dont les villosités du chorion se sont infléchies obliquement, sur toute la portion ventrale du pourtour ovulaire(Voy. fig. N- 9 et 10 de notre Pl. synthétique).

Pour résumer notre pensée, disons : que les villosités nouvellement formées prendraient naissance au milieu de la face ventrale; qu'au fur et à mesure de l'accroissement inégal de l'œuf, elles iraient en s'éloignant de leur position primitives ; qu'elles tourneraient autour du bord de lovoïde ovulaire; puis qu'elles passeraient sur la face dorsale; et que, finalement, elles viendraient s'ajouter à la périphérie du chorion frondosum. Celui-ci ne serait, lui-même, à son tour, rien d autre que lebauche du futur gâteau placentaire. Ceci admis, il devient possible de comprendre comment Ton peut passer du type de Notre ŒUF, N° 10, Dobr. à ceux de nos œufs, résumés dans le Schéma N° XII, tous deux de notre Tableau synthétique qui représente des œufs suffisamment avancés, pour que le gâteau placentaire soit déjà formé.

Pour terminer ce qui concerne nos deux œufs N°' 10 et II, ajoutons que Tamnios a déjà pris sa forme sensiblement globuleuse; mais qu"il ne s'est pas encore appliqué contre le chorion. Il y reste encore, entre deux, passablement d'intervalle ; en d'autres termes, l'espace exocœlomien ne s'est pas encore complètement effacé.

L'embryon a pris une forme spiraloïde; il a achevé sa rotation (culbute) autour du pédicule (Bauchstiel). C'est à peine si, au commencement, il y a une première affirmation d'un cordon ombilical très court. Le Bauchstiel et le pédicule de la vésicule ombilicale se sont rapprochés l'un de l'autre, et leurs deux mésodermes tendent à se confondre, après que la fente cœlomienne a disparu.

L'on saisit sans peine que, pour se constituer définitive-

ment, le cordon n aura plus qu'à s allonger et qu'à se tordre en spirale.

Venons-en maintenant, pour terminer ce sujet, aux autres œufs de nos séries, faisant suite à ceux que nous venons de décrire. Nous nous dispenserons, pour éviter les redites inutiles, de les décrire, séparément, comme nous l'avons fait jusqu'à présent.

Notre figure Schéma, N° XII, donne le type commun à tous- ces œufs.

Dans tous ces œufs indifféremment, il y a, sur leur face dorsale, un gâteau placentaire évident : c'est un dérivé direct du chorionfrondosum, au centre duquel vient aboutir le cordon ombilical ; le reste du chorion (chorion laeve) forme maintenant le chorion définitif.

L'exo-cœlome a, pour ainsi dire, entièrement disparu : il s'est réduit à l'état d'un simple espace virtuel, au moment précis où l'amnios est venu s'accoler directement avec le chorion. Toutefois, cependant, les deux assises de la lame externe du mésoderme — amniotique et choriale — ne sont pas complètement fusionnées : il est encore facile de les séparer l'une de l'autre, par de légères tractions.

Le pédicule du Sac vitellin s'est considérablement allongé ; par places, le long du Cordon ombilical, il s'est même fragmenté en segments distincts; quant au corps de la Vésicule vitelline, il est logé et serré intimement, entre les membranes, amniotique et choriale ; et on le retrouve, quelquefois, assez loin du point d'insertion du cordon sur le placenta, et même, assez fréquemment, au delà du rebord du placenta.

Ce sont là les rapports que garderont définitivement les parties constitutives de Tœuf; ils persisteront jusqu'au moment de la parturition.

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A mesure que les eaux de lamnios s accumulent et que le foetus s'accroît, lœuf se dilate toujours plus : cette dilatation se fait excentriquement ; surtout du côté du chorion lasve, qui cesse de produire de nouvelles villosités. Le gâteau placentaire (chorion frondosum) s accroît aussi ; mais dans des proportions beaucoup moindres.

Ainsi, finalement, nous avons :

1° Du côté de la paroi utérine (ancienne face dorsale, devenue ventrale, depuis que le fruit de la conception a culbuté) : le placenta, avec le cordon ombilical inséré dans son centre.

2° Du côté de la cavité utérine (ancienne face ventrale, devenue maintenant dorsale) : le chorion définitif.

La cavité du corps utérin, d'aplatie qu'elle était lors de l'arrivée de l'œuf fécondé, se dilate graduellement; et, finalement, elle devient ovoïde.

Reste, pour terminer, la question de Cotylédons :

Ceux-ci se constituent par des expansions du tissu décidual, qui viennent former des sortes de cloisons séparatives, lesquelles grandissent toujours plus à mesure que les villosités s'accroissent, deviennent touffues, augmentent le nombre de leurs digitations et subissent, en même temps, un allongement total. Tout ceci aura pour résultat final, de donner de Tépaisseur au placenta. Ce phénomène est surtout très marqué, dans la partie centrale du disque placentaire; et, de moins en moins affirmé, en allant vers la périphérie.

De cette façon, on arrive à constituer définitivement le Placenta discoïdal cotylédonné, tel que nous le voyons dans l'espèce humaine et dans quelques rares Primates.

Les villosités et le placenta.

Nous n'avons que peu de choses à ajouter à ce qui a déjà été dit, chemin faisant, à propos des villosités choriales.

Le mécanisme par lequel prennent naissance toutes les formations appendicielles du tégument externe, obéit complètement à la loi, plus étendue et plus générale, de la diversification des formes appendicielles. Ce sujet a été traité récemment, dans son ensemble, par M. le D'" Bujard, premier assistant dans notre laboratoire ; il a pris plus particulièrement, comme sujet d'étude, les villosités intestinales de l'homme et de la série animale, ainsi que les appendices choriaux, dans les semi-placentas diffus.

M. Bujard, dans les diverses publications qu'il a faites sur ce sujet, a suivi pas à pas le mécanisme de différenciation, qui va : depuis la production simple placoïde, à la formation d'une ondulation simple; et, finalement, jusqu'à la diversification de l'ondulation en villosités de toutes sortes et de types très variés.

Dans l'histoire évolutive de la villosité en général, et plus particulièrement, dans celle du placenta humain, une chose est frappante : c'est le peu de modifications que cette formation organique subit dans ses parties consti-

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tuantes fondamentales ; les changements portent, avant tout, sur des fluctuations dans le volume, comme dans la forme générale, et aboutissent invariablement à une augmentation de la surface dévolue aux fonctions physiologiques.

Figure j5. — Notre œuf humain. Jen. N» 6, de notre tableau synthétique. — B. ch. = Bourgeons syncytiaux de la couche syncytiale du chorion. — C. d. = Couche ectodermienne choriale, à cellules distinctes (de VAN Beneden). — C. sy. = Couche ectodermienne, syncytiale du chorion (de Langhans. — L. e. mé. = Lame externe, choriale, du mésoderme. — L. i. sy. = Lacunes interstitielles du syncytium. — V. maf. = Vaisseaux sanguins maternels. — Dessin à la chambre claire; amplification 25o diamètres, environ.

La régularisation des deux couches cellulaires ectodermiennes (à cellules distinctes et syncytiales) sur la superficie des villosités, de même que sur la portion du chorion proprement dit, situé entre les racines des dites villosités, a assurément pour objet de constituer de lar-

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ges surfaces d échange, entre le sang maternel et le sang fœtal. Il est certain que tout ce qui entre, de la mère vers le foetus, et, vice-versa, que tout ce qui sort, du fœtus vers la mère, passe d'une façon obligée à travers cette double assise cellulaire ; que ce soient les sucs ou les déchets de la nutrition, aussi bien que les gaz de la respiration.

Y a-t-il, sur ces surfaces d'échange, une subdivision de travail ? L'absorption et l'exhalation se localisent-elles à des points déterminés de ces surfaces qui seraient adaptés d'une façon spéciale ? C'est ce qu'il ne nous a pas été possible de déterminer avec précision dans nos préparations, d'ailleurs peu appropriées à ce genre de recherches. Il aurait fallu, à cet effet, faire des réactions différentielles, très délicates et très difficiles à produire sur les chorions humains, dont la fraîcheur laisse toujours plus ou moins à désirer. Cette étude serait, assurément, plus facile à poursuivre sur des matériaux empruntés à des animaux : l'idéal serait d'opérer sur des chorions de singe, fraîchement sacrifiés. Mais tout le monde connaît les peines énormes qu'a eues Selenka à se procurer les quelques rares exemplaires, sur lesquels s'est exercée son admirable sagacité.

Nous avons déjà, dans un paragraphe précédent (voy. p. 5i), touché quelques mots sur les villosités-crampons et sur la façon dont se font les ramifications et l'allongement ultérieur des arborisations villeuses. Nous ne reviendrons, ici, sur ce sujet, qu'en partie et autant seulement qu'il le faudra.

Bornons-nous à dire, qu'avec le matériel dont nous avons pu disposer, il ne nous a été guère possible de préciser si, finalement, il se produit, oui ou non, des villo-

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sites flottantes : telles qu on les voit figurées dans la plupart des schémas du placenta, et telles que nous les avons mises nous-même, à tout hasard, dans notre Planche lithogr. IV, fig. 17.

A priori, une semblable production ne paraît pas exclue, car il se pourrait que le chorion et les villosités émettent des bourgeons adventices secondaires. On voit, en effet, fréquemment, dans les préparations, des images qui semblent conformes à cette hypothèse. Elles se présentent : sous forme de bourgeons épithéliaux, pleins et émanant de la couche syncytiale toute seule; ou bien, sous Taspect de bourgeons épithéliaux, sous lesquels le mésoderme fait déjà une élevure et semble en voie de prolifération (voy. Planche lithogr., fig. 16); parfois, même, on voit aussi que les deux couches épithéliales sont uniformément soulevées par le mésoderme. Ces diverses images sont assez fallacieuses, ainsi que nous avons pu nous en convaincre en faisant des reconstructions graphiques : car elles apparaissent très facilement dans toutes les coupes obliques des bifurcations villeuses; sans que, pour cela, on ait affaire, nécessairement, à des villosités flottantes.

Il nous a manqué du temps pour faire des modèles par plaques superposées (Plattenmodelle) ; seuls, ceux-ci peuvent donner une réponse satisfaisante et à l'abri de toute critique. Il semblerait, au premier abord, que dans notre reconstruction graphique d'une villosité unique de Notre Œuf (N° 8, Du. Ga.; Planche lithogr. II, fig. 10), la question soit résolue, puisqu'on y voit très bien un certain nombre de ces bourgeons libres, greffés sur des digitations villeuses agrafées. Nous devons cependant faire des réserves : l'œuf nous est parvenu détaché de ses décidues, à la suite d'une tentative criminelle d'avorté-

Figure i6. — Notre œuf humain, Jen. N° 6 de notreTableau synthétique. — B. sy. = Bourgeons syncytiaux. — C. d. = Couche ectodermienne, choriale, à cellules distinctes (de van Beneden). — C. sy. = Couche ectodermienne, choriale, syncytiale (de Langhans). — L. i. sjy. = Lacunes interstitielles du syncytium. — Vil. ch. = Villosités choriales. — Dessin à la chambre claire; amplification : 280 diamètres.

ment (car il s'agit là d'un cas médico-légal) ; rien ne nous garantit donc, que nous ne soyons simplement en présence de villosités qui se sont brisées lors de Tavortement. D'un autre côté, rien ne s'oppose à ce que des bour-

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geons villeux émis d^abord librement, et après qu'ils se

sontsuffisammentallongés,n aillent secondairements'attacher, au moyen de leur plasmodium, à la coque trophodermienne, ou même au plasmodium syncytial d'autres villosités voisines. On viendrait à nous démontrer la possibilité de soudures semblables, faites après coup, que cela n'aurait pas le don de nous étonner outre mesure ; étant donné, surtout, certains rapports curieux, vis-à-vis du syncytium, que nous avons souvent entrevu, à bien des endroits.

Quoi qu'il en soit, et jusqu'à plus ample informé, nous inclinons à penser que, de fait, surtout dans les jeunes stades du placenta, le nombre des villosités doit être assez restreint, et, généralement, beaucoup moindre qu'on n est enclin à l'admettre d'ordinaire.

Venons-en au mode d'allongement, soit d'accroissement ultérieur des expansions villeuses placentaires :

Nous avons dessiné d'après nature (Planche lithogr. II, fig. Il), par quels moyens se fait l'accroissement et rallongement des villosités, à leurs extrémités terminales. On voit, dans notre croquis, que tous les tissus, à la fois, prolifèrent, activement, sur place. C'est d'abord la couche plasmodiale ou syncytiale qui végète, au niveau du crampon villeux, tandis que la couche à cellules distinctes ne se différencie qu'ultérieurement, aux dépens du plasmodium. Ensuite, le mésoderme chorial se met aussi en mouvement ; il s'insinue progressivement dans la masse plasmodiale du crampon villeux, tout en refoulant celle-ci devant lui, à mesure qu'elle continue à proliférer.

En même temps que ceci se produit, le plasmodium syncytial s'amincit et engendre, sur le pourtour du mésoderme de la villosité, une sorte de fourreau épithélial qui

se stratifié en deux couches : de Langhans, syncytiale, et de VAN Beneden, non syncytiale. Donc, en somme : le mésoderme chorial s'avance dans Taxe du crampon villeux qui continue à s'allonger.

Quant aux vaisseaux sanguins émanant du fœtus, à mesure que les villosités s'allongent, ils envoient des

Figure ij.— Notre œuf humain. Delaf., 9, de notre Tableau synthétique. — B. sj^. = Bourgeons syncytiaux (prétendues cellules géantes). — Sy. = Syncytium ou plasmodium. — V. fœt. = Vaisseaux fœtaux, circulation sanguine du mésoderme ovulaire. — Vil. ch. = Villosités choriales. — Dessina la chambre claire ; amplification : 70 diamètres, environ.

bourgeons vasculaires, qui se perméabilisent, qui se canalisent et qui échafaudent, bout à bout et les unes à la suite des autres, des anses ou crosses vasculaires : ainsi se trouve assuré, à chaque temps du développement, le cours du sang fœtal jusqu'à l'extrémité des digitations villeuses.

Plus tard, quand la villosité est plus avancée dans son

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évolution, de nouveaux capillaires sanguins s ajoutent aux anses vasculaires primordiales. Ensuite, le mésoderme ambiant s amincit ; il en est de même du plasmodium ; et il semble alors, parfois, qu'il n y ait plus qu'une mince paroi séparative, entre le sang du lac maternel et celui du capillaire fœtal. Cela facilite grandement, on le compren-

Figure i8. — Notre œuf humain. Jen. N^G, de notre Tableau synthétique. — B. sy. = Bourgeons syncytiaux, atteints plusieurs fois par le microtome et simulant des cellules géantes. — Cd = Couche ectodermienne à cellules distinctes (de van Beneden). — C. sy. = Couche ectodermienne syncytiale (de Langhans). — L. e. mé. = Lame externe (choriale) du mésoderme. — L.s.mat. = Lac sanguin maternel, représenté en blanc, le sang n'est pas dessiné. — Dessin à la chambre claire; amplification i5o diamètres, environ.

dra sans difficulté, les échanges nutritifs; et cela fait saisir aussi, comment il devient possible que les leucocytes, chargés ou non de microbes puissent, sans trop de peine, franchir cette fragile barrière.

La connaissance de ces faits n'est pas sans importance pour faire saisir l'origine de certaines lésions pathologi-

ques et pour expliquer plus particulièrement la propagation, de la mère au fœtus, d'un grand nombre de maladies infectieuses, telles que : la variole, la syphilis, etc.

Ajoutons encore, pour terminer ce qui concerne le placenta : qu'il ressort à l'évidence, de tout ce que nous venons de dire, que dans ses diverses périodes d'évolution, le placenta ne subit aucune modification de fond, depuis sa première apparition jusqu'à sa constitution finale (Voy. Pl. lithogr. III et IV). En somme, depuis sa première apparition, jusqu'à sa formation définitive, le plan général du chorion et du placenta, varie très peu, contrairement à ce qu'avaient cru les anciens anatomistes.

Le cœlome extra-embryonnaire.

Nous avons vu, précédemment, que le chorion subit, dès le début de l'évolution ovulaire, une dilatation excentrique considérable, qui a très vite pour conséquence directe de cantonner l'embryon et ses annexes immédiates (amnios, sac vitellin, canal allantoïdien et pédicule embryonnaire), contre une région très locale du chorion. Entre ces annexes et le chorion, s'est formé l'espace cœlomien (exo-cœlome). Celui-ci se remplit de substances albuminoïdes, plus ou moins liquides, qui ne tardent pas à écarter les travées du magma réticulé de Giaccomini, tout en restant adhérentes, d'une part, au sac vitellin et, d'autre part, à la lame externe (choriale) du mésoderme. (Voir nos dessins. Pl. synthét., fig. 2 à lo et le schéma, %. 12; les Pl. schémat. II et III; les Pl. lith. I, fig. 8 et VI, fig. 20; ainsi que la fig. 14, p. 5o).

Nous avons démontré, dans plusieurs travaux précédents, que l'œuf humain appartient au type métalécithe : nous avons fait remarquer, en outre, qu'il n'a qu'une très petite réserve vitelline ; que malgré cela, il fait une évolution compliquée, à la façon de celle des œufs fortement méroblastiques; et que, de plus, ce type curieux de développement n'a pu devenir possible, que grâce à la gestation utérine parfaite.

Au lieu de recevoir et craccumuler, avant la fécondation, toutes les réserves nutritives qui leur sont nécessaires, comme le font les œufs mérolécithes, les œufs métalécithiques reçoivent, seulement après la fécondation, en détail et au fur et à mesure de leur développement, les substances, qui sont indispensables à leur évolution.

L'accumulation des albuminoïdes dans l'exo-cœlome a donc, selon nous, une signification importante au point de vue nutritif. C'est une réserve, dans laquelle l'œuf peut ensuite puiser des éléments nourriciers, comme nous allons le voir. Cette accumulation cœlomienne est, assurément, consécutive à la mise en contact rapide du chorion de l'œuf de l'Homme et des Primates, avec le sang maternel. Ainsi, l'œuf peut très vite et avec une grande intensité absorber, dans ce dernier, les dits albuminoïdes. Lorsque la circulation choriale, émanant du cœur du fœtus, prend naissance, ce mécanisme d'absorption se trouve tout naturellement, d'abord enrayé, et, finalement, détourné au profit des capillaires sanguins choriaux, eux-mêmes ; conséquence : le cœlome cessera précisément à ce moment de s'accroître.

En même temps, et même un peu avant déjà, la circulation vitelline du sac ombilical s'est aussi établie et régularisée. Nous avons donc des raisons de croire que les réserves nutritives accumulées dans l'exo-cœlome se résorbent précisément par l'intermédiaire de cette circulation ombilicale. En effet : W. His a constaté, sur la surface du sac vitellin, l'existence d'élevures curieuses, qui sont dessinées, dans son Atlas, sur plusieurs embryons humains et qui sont aussi modelées dans les Plattenmodelle correspondants; nous avons étudié ces expansions au microscope dans des coupes de nos propres œufs, et nous

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avons pu nous convaincre que ce sont là des sortes d'appendices villeux, contenant dans leur intérieur : des îles du sang, des vaisseaux sanguins en voie de formation et même des capillaires sanguins, déjà parfaitement canalisés.

Nous avons, en 1906, dans un précédent mémoire, donné la description de ces formations curieuses ; nous avons fait remarquer, alors, leur fonction probable d'absorption; et nous avons proposé de les appeler : villosités vitellines (villi vitellini), par opposition aux villosités choriales elles-mêmes.

Il nous a été possible de voir, dans un ou deux cas, les vaisseaux, émanant de ces villosités vitellines, se prolonger d'une façon très évidente, le long de quelques travées du réseau de Giaccomini ; et, même dans un cas (Notre Œuf, N°7, Viiill.)^ aller jusqu'aux vaisseaux du chorion lui-même.

Selenka a figuré, dans une de ses planches, des tractus vasculaires qui pourraient être de même nature.

Voyez- Pl. XXVII, fig. 7, Cercocebus cynomolgus, de som. mém. original; et notre fig. 19, p. 78, reproduisant, celle de Sélenka, du Hylobates Rafflesi, qui présente aussi un prolongement vasculaire, au bas du sac ombilical.

Le Lécithophore (sac vitellin).

Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur la question du lécithophore, contenu dans le sac vitellin. Nous avons publié sur cette formation un mémoire spécial, auquel nous renvoyons le lecteur, pour plus amples détails; surtout pour ce qui concerne les rapports du lécithophore avec le canal notochordal (ou archentérique), avec le mésentéron et l'anneau omphalo-vitellin, ainsi qu'avec la gastrule en général.

Voici ce que nous disions, dans notre mémoire sur le Lécithophore, à propos des territoires entodermiens tels qu'ils se présentent au début du développement.

« Nous sommes arrivés à préciser les territoires suivants :

« 1° Plaque chordale : cellules caractéristiques, sans surcharge deutoplasmique évidente, à noyaux volumineux et placés en une seule assise ;

« 2° Mésentéron : éléments éphithéliaux bas, à protoplasma finement granuleux, peu ou pas deutoplasmiques et unistratifiés.

« 3° Sac vitellin : cellules à contenu vitellin plus ou moins caractérisé et distribuées: a) soit en une seule assise d'éléments cubiques, avec un pôle vitellin (tourné vers rintérieur du sac) généralement très net; b) soit en

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assises plus ou moins stratifiées, avec les cellules les plus externes (contre le mésoderme) comme ci-dessus, et les cellules les plus internes (contre Tintérieur du sac), sous forme d'éléments polyédriques fortement surchargés de granulations vitellines.

« En poursuivant Texamen on peut arriver, chez l'Homme, à d'autres territoires complémentaires plus ou moins bien conservés.

« 4° Plancher notochordal : cellules arrondies, à caractère vitellin et, suivant les périodes d'évolution, groupées : aj régulièrement, encore par paquets cohérents et adhérant parfois aux bords de la plaque chordale, surtout dans les régions circonvoisines de l intestin céphalique et du canal neurentérique ; b) irrégulièrement distribuées, flottant en liberté et séparées, ou bien par groupes de deux, de trois au plus.

« 5" Vitellus : formé, chez l'Homme, d'un liquide orangé, transparent, et dans lequel flottent un nombre plus ou moins considérable de cellules vitellines :

« a) centrales, de forme arrondie et peu nombreuses;

« b) pariétales, accolées généralement sans adhérence spéciale à la paroi épithéliale entodermienne du sac ombiHcal. Ces dernières se confondent plus ou moins avec celles décrites sous le chef 3°, b ».

Il est de toute évidence que ces diverses productions, qu'on observe à l'état fruste chez l'Homme, sont des vestiges de formations, plus étendues, mieux différenciées et plus faciles à retrouver, à l'état floride, chez d'autres organismes, situés plus bas dans la série.

Les deux caractéristiques principales du lécitophore, chez l'Homme, sont; i° d'être très réduit; 2° de n'avoir pour ainsi dire qu'un lécithe à l'état liquide.

L'allantoïde.

Quant à la formation allantoïdienne, elle reste toujours réduite à sa plus simple expression, chez tous les Primates, y compris THomme. Il n'y a jamais qu'un simple canal et point de vésicule proprement dite. Chez tous les Primates, le mésoderme de Tallantoïde n'est absolument pas, à aucune période, distinct de celui du pédicule embryonnaire, ou amniotique, auquel il adhère intimement.

Nous ne pouvons pas partager l'idée de beaucoup d'anatomistes, qui confondent la circulation chorio-placentaire avec la circulation allantoïdienne, et qui affirment que la circulation du placenta est la même que celle de l'allantoïde (voy. plus loin : XL Les deux circulations, p. 76).

Donc, en somme : l'allantoïde des Primates ne joue plus aucun rôle effectif, dans la période embryonnaire ; seul, son segment proximal et voisin de l'embryon évolue pour devenir, plus tard, la vessie et l'ouraque. C'est donc un organe gestateur en pleine involution ; telle est l'idée que nous avions déjà émise, en igoo, et, dès lors, tout nous a confirmé dans cette conception.

L'amnios.

La première apparition de l'Amnios nous est encore malheureusement inconnue pour l'Homme, comme tous les autres Primates. En tous cas, le schéma de His qui veut que l'amnios se ferme secondairement, par dessus l'embryon, est inacceptable. Les raphés villeux en éventail de Notre Œuf, N° 8^ Du. Ga., sembleraient, au premier abord, assez d'accord avec ce mécanisme de fermeture. Mais nous savons maintenant que tel n'est pas le cas, et que la cavité de l'amnios apparaît très prématurément : elle est déjà présente, dans l'œuf de Bryce-Tea-

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