CHER
Il semble donc maintenant très probable, que cette cavité naît, par un creusement, sur place, dans le complexe cellulaire (Zellenkomplex) et en vertu d'un développement tachygénétique extra-condensé.
Nos reconstructions (Voy. Nos Œufs N° 7, VuilL, N° 8, Du. Ga., et N° 9, Delaf.) montrent qu'il y a, dans le Bauchstiel, un prolongement de l'amnios, plus ou moins effilé et qui marche dans la direction du chorion. Selenka a même trouvé, chez Hylobates Rafflesi, que ce pédicule était disjoint, à un endroit (Voy. notre Fig. 19, p. 78). Ce prolongement rappelle vaguement le siphon amniotique
décrit par Mehnert, chez les Tortues (Emys lutaria taurica); mais celui-ci ne paraît avoir, à notre connaissance, aucun rapport avec le prolongement amniotique des Primates.
Plus tard, quand l'amnios devient globuleux, le pédicule s'efface et il n'est plus possible d'en retrouver les traces. Il n'est pas impossible que sa formation soit tout simplement liée à une élongation primordiale du Bauchstiel.
Les deux circulations sanguines.
(Fœtale et maternelle).
Nous nous dispensons, cela va sans dire, de répéter ici toute la description topographique de ces deux circulations, qui est archi-connue. Bornons-nous à relever un ou deux points importants et acquis récemment.
Circulation maternelle. — Depuis Tinstant de l'implantation de Toeuf dans le derme utérin, jusqu'à la fin de la grossesse, tous les vaisseaux sanguins maternels subissent une augmentation de nombre et une hypertrophie progressives : et ceci se produit, non seulement dans le domaine de Tutérus ; mais aussi, quoique d 'une façon moins intense, dans toute l'étendue des autres parties de l'organe génital. Le fait capital et d'acquisition récente: c'est que le sang de la mère entre, tout droit, par injection interstitielle, en contact avec les cellules épithéliales du plasmodium syncytial, ovulaire ; et sans qu'il y ait jamais aucune interposition quelconque, ni d'endothélium vasculaire, ni de fibrine. C'est donc un vrai type de circulation lacunaire. Les premières lacunes interstitielles n'ont qu'à se dilater pour devenir, directement et sans autre, les lacs sanguins maternels.
Grâce à la connaissance de ces faits capitaux, les schémas de révolution placentaire deviennent d'une simplicité enfantine. (Voy. nos Planches lithogr. III et IV). On sait que cela n'a pas toujours été le cas. Malheureusement !
En ce qui concerne le cours général du sang maternel, il est très facile de se représenter que les artérioles utérines (A. hélicines) abordent le gâteau placentaire, par sa face profonde et par les cloisons cotylédonnaires ; et que l'écoulement veineux se fait, essentiellement, par la périphérie et dans la direction de ce qu'on a nommé le «Sinus veineux marginal». Ainsi se trouve tout naturellement assurée une irrigation satisfaisante de tous les lacs sanguins maternels.
Circulation fœtale. — Chez les Primates, elle est d'abord vitelline; puis elle devient, très rapidement, essentiellement chorio-placentaire, jusqu'à la fin de la grossesse. Nous avons déjà dit précédemment qu'il ne faut pas confondre cette dernière circulation, avec la circulation allantoïdienne. (Voy. p. 72.)
Pour résumer notre pensée, sur ce sujet, nous dirons qu'il faut, en bonne logique, distinguer six territoires circulatoires différents :
1° Vitellin (ombilical, lécithophorien), parcourant la portion de la lame interne du mésoderme, qui tapisse le sac vitellin. Ce territoire est beaucoup plus important chez les Poissons, les Batraciens et les Sauropsidiens, qui ont tous un sac ombilical volumineux.
2° Chorio-placentaire, appelée improprement ombilical par beaucoup d'anatomistes, allant au chorion laeve et au chorion frondosum (Placenta). Devenu prépondérant chez les Primates.
3° Allantoïdien. Pour ainsi dire nul, chez les Primates.
A.-C.-F. ETERNOD
Fig. ig. — Dessin de Selenka, donnant la circulation sanguine chez
Hylobates Rajfflesi.